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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400865

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400865

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400865
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un arrêté du maire de Porto-Vecchio accordant un permis de construire une maison. Cette suspension a été prononcée à la demande du préfet de Corse, sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales. Le juge a estimé que les moyens soulevés, tirés de la méconnaissance des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme et de l'obligation de suivre l'avis conforme défavorable du préfet, étaient propres à créer un doute sérieux sur la légalité du permis.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 22 juillet 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le maire de la commune de Porto-Vecchio a accordé à M. B A un permis de démolir un dépôt et de construire une maison avec garage, sur des parcelles cadastrées section F n°s 2969 et 3446, situées au lieudit Suarto.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 111-3 de ce code ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 121-13 du même code ;

- son avis conforme défavorable faisait obligation au maire de refuser le permis.

Le déféré a été communiqué à la commune de Porto-Vecchio et à M. A qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n°2400866 tendant à l'annulation de l'arrêté du 22 mars 2024 du maire de la commune de Porto-Vecchio.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Muller, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir présenté son rapport au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 par lequel le maire de la commune de Porto-Vecchio a accordé à M. B A un permis de démolir un dépôt et de construire une maison avec garage, sur des parcelles cadastrées section F n°s 2969 et 3446, lieudit Suarto.

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire () ".

3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que le permis de construire méconnaît les dispositions des articles L. 121-8 et L. 121-13 du code de l'urbanisme et de ce que l'avis conforme défavorable du préfet de la Corse-du-Sud du 2 février 2024 faisait obligation au maire de refuser le permis sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 du maire de Porto-Vecchio.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 22 mars 2024 du maire de Porto-Vecchio accordant à M. A un permis de construire est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Porto-Vecchio et à M. B A.

Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au procureur de la République près le tribunal judiciaire d'Ajaccio.

Fait à Bastia, le 14 août 2024.

La juge des référés,

Signé

P. MULLER

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

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