jeudi 22 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400941 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS MORELLI-MAUREL & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 1er août 2024, le préfet de la Corse-du-Sud demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 4 avril 2024 par lequel le maire de Villanova ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. C A autorisant l'extension d'une maison existante ainsi que la modification d'une portion de clôture sur la parcelle cadastrée section A n° 448, située au lieudit " I Costi di Villanova ".
Le préfet soutient que l'arrêté méconnaît l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 13 et 19 août 2024, la commune de Villanova, représentée par Me Recchi, conclut au rejet du déféré et à la condamnation de l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. La commune soutient que :
- le préfet ne justifie pas avoir adressé son recours gracieux au pétitionnaire ;
- le moyen du déféré n'est pas fondé.
Vu :
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;
- le déféré, enregistré sous le n° 2400942 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud demande l'annulation de l'arrêté dont la suspension est demandée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 19 août 2024 à 14 heures.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicaise, greffière d'audience, M. B a lu son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de la Corse-du-Sud demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté en date du 4 avril 2024 par lequel le maire de Villanova ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. C A autorisant l'extension d'une maison existante ainsi que la modification d'une portion de clôture sur la parcelle cadastrée section A n° 448, située au lieudit " I Costi di Villanova ".
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () ".
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Villanova :
3. En prévoyant que la notification est réalisée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'a eu d'autre objet que de faciliter la preuve de l'envoi dans le délai imparti, la formalité de la notification étant réputée accomplie à la date apposée par les services postaux sur le certificat de dépôt de la lettre recommandée au moment où la remise leur en est faite.
4. Il résulte de l'instruction que le préfet a produit à l'appui de son déféré copie de son recours gracieux auprès du maire adressé à M. A avec la mention manuscrite " LRAR 2C15519339039 " ainsi que le certificat de dépôt tamponné par les services postaux attestant que le pli mentionnant ce numéro d'AR a été déposé aux services postaux d'Ajaccio le 16 mai 2024 pour envoi à M. A à l'adresse figurant sur sa déclaration préalable. Par suite, le moyen de la commune de Villanova tiré de ce que le préfet ne justifie pas avoir adressé son recours gracieux au pétitionnaire doit être écarté comme manquant en fait.
Sur le moyen du déféré :
5. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 121-16 du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les frais du litige :
6. La commune de Villanova succombant à l'instance, ses conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne sauraient être accueilles.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du maire de Villanova en date du 4 avril 2024 est suspendue.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Villanova au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Villanova et à M. C A.
Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Fait à Bastia, le 22 août 2024.
Le juge des référés,
Signé
P. B
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Signé
B. LELIEVRE
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