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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2400986

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2400986

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2400986
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution d'un arrêté du maire de Monte accordant un permis de construire un corps de ferme avec maison individuelle. Le préfet de la Haute-Corse avait saisi le juge sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, invoquant notamment une méconnaissance de l'article R. 161-4 du code de l'urbanisme. Le juge a estimé que ce moyen était propre à créer un doute sérieux sur la légalité du permis, la construction n'étant pas nécessaire à une exploitation agricole dans un secteur inconstructible. La suspension a été ordonnée sans que l'autre moyen du préfet ne soit retenu.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 8 août 2024, le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 02B 166 24 N 0002 du 3 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Monte a accordé à M. A B un permis de construire un corps de ferme avec maison individuelle sur un terrain cadastré section A n° 1239, situé au lieudit Santotine.

Le préfet soutient que :

- le permis de construire est irrégulier au regard des articles L. 423-2 et A. 431-4 du code de l'urbanisme dès lors que le document " Cerfa 13406 " était absent des pièces constituant le dossier du permis de construire transmis au contrôle de légalité ;

- le permis méconnaît les dispositions de l'article R. 161-4 du code de l'urbanisme dès lors que la construction d'un corps de ferme avec maison individuelle dans un secteur inconstructible de la carte communale n'est pas nécessaire à une exploitation de culture de fruits oléagineux et qu'aucun avis de la commission territoriale de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers n'est joint au dossier.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Pierre Monnier, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;

- le déféré, enregistré sous le n° 2400987 par lequel le préfet de la Haute-Corse demande l'annulation de l'arrêté dont la suspension est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience publique du 5 septembre 2024 à 10 heures.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Rachel Alfonsi, greffière d'audience, M. Pierre Monnier a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de la Haute-Corse demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté n° 02B 166 24 N 0002 du 3 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Monte a accordé à M. A B un permis de construire un corps de ferme avec maison individuelle sur un terrain cadastré section A n° 1239, situé au lieudit Santotine.

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () ".

3. En l'état de l'instruction, le moyen susvisé tiré de la méconnaissance de l'article R. 161-4 du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté. Enfin, en application de l'article L. 600-4-1, l'autre moyen du préfet de la Haute-Corse ne paraît pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'arrêté du 3 juillet 2024.

O R D O N N E :

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 3 juillet 2024 du maire de Monte accordant un permis de construire à M. B est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de la Haute-Corse, à la commune de Monte et à M. A B.

Copie en sera transmise au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Fait à Bastia, le 6 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé

P. MONNIER

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

R. ALFONSI

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