mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2400995 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Réconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 août 2024, M. A B, représenté par Me Solinski, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler :
- l'arrêté du 13 août 2024 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;
- l'arrêté du 13 août 2024 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de procéder à un nouvel examen de sa situation, de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de dix jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui restituer son passeport, sans délai ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pu apporter d'explications concernant sa situation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose d'une carte d'identité portugaise, d'un contrat de travail et d'un logement ;
- il méconnait les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision refusant de lui accorder un délai de départ volontaire méconnait les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en effet, la condition permettant de lui refuser ledit délai n'est pas constituée dès lors qu'il n'a jamais fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, qu'il n'a pas été auditionné avant l'édiction de cette décision et que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud n'indique pas les raisons du refus de lui accorder un délai de départ volontaire ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est disproportionnée dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il n'a jamais fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant assignation à résidence est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai ;
- que l'obligation de pointage tous les jours est manifestement disproportionnée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le règlement n° 2018/1806 du 14 novembre 2018 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 4 septembre 2024 à 15 heures en présence de Mme Alfonsi, greffière d'audience, Mme Baux a lu son rapport.
La clôture de l'instruction est intervenue, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative, le 4 septembre 2024 à 15 heures.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant brésilien, né le 23 novembre 1997, qui déclare être entré en France, le 16 mai 2024, a été placé en retenue le 12 août suivant, pour vérification de son droit de circulation et de son droit au séjour. Par deux arrêtés en date du 13 août 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud l'a d'une part, obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours. Le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, auquel renvoie l'article L. 614-2 de ce code, il y a lieu de faire droit à la demande de M. B tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle, sur le fondement du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les autres conclusions :
S'agissant de l'arrêté :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / 1° Sauf s'il est exempté de cette obligation, des visas exigés par les conventions internationales et par l'article 6, paragraphe 1, points a et b, du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 concernant un code de l'Union relatif au régime de franchissement des frontières par les personnes (code frontières Schengen) ; / 2° Sous réserve des conventions internationales, et de l'article 6, paragraphe 1, point c, du code frontières Schengen, du justificatif d'hébergement prévu à l'article L. 313-1, s'il est requis, et des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs à l'objet et aux conditions de son séjour et à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement ; / () ". En vertu des dispositions combinées de l'article 4 du règlement n° 2018/1806 du 14 novembre 2018 fixant la liste des pays tiers dont les ressortissants sont soumis à l'obligation de visa pour franchir les frontières extérieures des États membres et la liste de ceux dont les ressortissants sont exemptés de cette obligation et de son annexe II, les ressortissants brésiliens munis d'un passeport biométrique sont dispensés de l'obligation d'être munis d'un visa lors du franchissement des frontières extérieures des États membres pour des séjours dont la durée n'excède pas 90 jours sur toute période de 180 jours. Toutefois, il résulte de ces dispositions que, pour être considéré comme étant entré régulièrement en France, l'étranger doit, entre autres, justifier de documents relatifs notamment à son hébergement, ses conditions de séjour, ses moyens d'existence, sa prise en charge de dépenses médicales et ses conditions de rapatriement. Ainsi, la seule circonstance que son entrée dans l'espace Schengen n'est pas soumise à l'obligation de visa n'est pas suffisante pour se prévaloir d'une entrée régulière en France.
4. L'arrêté du 13 août 2024 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, celles du règlement n° 2018/1806 du 14 novembre 2018 ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 611-1. Il mentionne en outre les éléments déterminants de la situation de l'intéressé et notamment que celui-ci dispose d'un passeport brésilien, ainsi que d'une carte d'identité portugaise et qu'il ne dispose d'aucune famille sur le territoire français, son épouse et ses enfants résidant au Brésil. En outre, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud précise que le risque de soustraction de M. B est établi et qu'ainsi, il ne pouvait se voir accorder un délai de départ volontaire. Enfin, l'arrêté en litige précise qu'au regard de son absence de lien avec la France et de son entrée récente sur le territoire national, l'intéressé pouvait se voir infliger une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Ainsi, l'arrêté contesté comporte l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait aux exigences de motivation résultant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant ainsi au requérant d'en discuter utilement. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, pourra par suite, être écarté.
5. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union ". Aux termes du paragraphe 2 de ce même article : " Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; () ". Aux termes du paragraphe 1 de l'article 51 de la Charte : " Les dispositions de la présente Charte s'adressent aux institutions, organes et organismes de l'Union dans le respect du principe de subsidiarité, ainsi qu'aux Etats membres uniquement lorsqu'ils mettent en œuvre le droit de l'Union () ".
6. Ainsi que la Cour de justice de l'Union européenne l'a jugé dans ses arrêts C-166/13 et C-249/13 des 5 novembre et 11 décembre 2014, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision de retour implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité du séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français ou sur la décision le plaçant en rétention dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
7. Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français non prise concomitamment au refus de délivrance d'un titre de séjour, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne.
8. Il ressort des pièces du dossier que, le 12 août 2024, préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté, M. B a été auditionné, après son interpellation, par les services de police et qu'il lui a, à cette occasion, été demandé de présenter ses observations sur l'éventualité d'une mesure d'éloignement. Par suite, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir qu'il a été privé du droit d'être entendu.
9. En se bornant à soutenir que l'arrêté en litige serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au seul motif qu'il appartenait au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de vérifier la véracité de la carte d'identité portugaise de M. B qui avait lui-même affirmé que celle-ci était un faux, le requérant ne justifie pas de ce qu'une telle erreur entacherait l'arrêté en litige.
10. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier, il n'est même pas allégué, que M. B, qui déclare être entré sur le territoire national, le 16 mai 2024, y aurait installé sa vie privée et familiale alors qu'il y demeure seul et sans charge de famille, son épouse et ses enfants résidant dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut être qu'écarté.
12. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
S'agissant de la décision refusant tout délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet () ". Enfin, aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants :1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour () ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes () ".
14. Il n'est pas contesté que M. B ne peut justifier de la date exacte de son entrée en France et qu'ainsi, en tout état de cause, qu'il soit entré sur le territoire français muni d'un passeport brésilien ou muni d'un titre de séjour portugais, il s'est maintenu sur le territoire national au-delà du délai de trois mois sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, c'est sans méconnaître les dispositions susmentionnées de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé d'accorder à M. C un délai de départ volontaire.
15. La décision attaquée portant refus d'un délai de départ volontaire énonce les articles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elle fait application, ainsi que le motif de fait sur lequel elle se fonde, à savoir les risques de fuite résultant de ce que l'intéressé s'est maintenu sur le territoire français sans solliciter la délivrance d'un titre de séjour, elle est suffisamment motivée.
16. Il ressort des pièces du dossier que, pour justifier du risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de la Corse-du-Sud ne s'est pas fondé sur les dispositions du 5ème alinéa de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vertu desquelles ce risque doit être regardé comme établi lorsque l'étranger s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement mais sur les dispositions du 1° de cet article. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit au motif que M. B n'aurait fait l'objet d'aucune obligation de quitter le territoire auparavant est inopérant et doit être écarté.
17. Ainsi qu'il a été précisé aux points 5 à 8, le moyen tiré de ce que la décision refusant tout délai de départ volontaire serait entachée d'un vice de procédure, doit, en tout état de cause, être écarté, dès lors que l'intéressé a été auditionné par les services de police préalablement à l'édiction de la mesure en litige, et n'a fait état d'aucune observation s'opposant à la décision attaquée.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an :
18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour () ".
19. La décision attaquée indique que M. B, s'il ne présente pas de risque de trouble à l'ordre public, ne justifie ni d'une circonstance humanitaire particulière, ni avoir établi des liens avec la France, et ajoute qu'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Ainsi, la décision contestée n'est pas manifestement disproportionnée.
S'agissant de la décision d'assignation à résidence :
20. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; / () ".
21. En l'absence d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de la décision assignant M. B par voie de conséquence de la précédente devra être écarté.
22. Si enfin, le requérant soutient que l'obligation de pointage qui lui est faite est manifestement disproportionnée, il n'assortit ses allégations d'aucun élément permettant d'en apprécier le bien-fondé.
23. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
Signé
A. BauxLa greffière,
Signé
R. Alfonsi
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
R. Alfonsi
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026