mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Réconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LABOURET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 23 et 29 août 2024, M. B A, représenté par Me Labouret-Maurel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler d'une part, l'arrêté du 5 juillet 2024, notifié le 23 août suivant par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours et d'autre part, l'arrêté du 5 juillet 2024, notifié le 23 août suivant, par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de procéder au réexamen de son dossier et dans l'attente de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à verser à son conseil sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat.
Il soutient que :
- il n'a jamais été informé de l'existence de la procédure contradictoire qui aurait été engagée le 29 février 2024 et n'a ainsi jamais été mis en mesure de présenter des observations, de se faire assister d'un avocat et de solliciter la communication de son dossier ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- les arrêtés sont entachés d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- son comportement n'est pas constitutif d'une menace grave à l'ordre public ;
- les arrêtés sont entachés d'une erreur de fait car il est titulaire de titres de séjour annuels et non pluriannuels ;
- ont été méconnues les stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 septembre 2024 à 15 heures, en présence de Mme Alfonsi, greffière d'audience, Mme Baux a lu son rapport et ont été entendues les observations de M. A, Me Piperi, ne portant pas sa robe, n'a pu prendre la parole.
La clôture de l'instruction est intervenue, en application de l'article R. 922-16 du code de justice administrative, le 4 septembre 2024 à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant albanais, né le 16 avril 2002, qui déclare être entré en France, il y a quatre ans, est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle dont il a sollicité le renouvellement. Toutefois, l'intéressé a été condamné par le tribunal correctionnel de Bastia, le 27 novembre 2023, à effectuer une peine de trois mois d'emprisonnement, après avoir fait l'objet de condamnations antérieures. Par deux arrêtés en date du 5 juillet 2024, notifiés le 23 août suivant, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle et l'a d'une part, obligé à quitter le territoire français sans délai, prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans et d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours. Le requérant demande au tribunal de prononcer l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. Si M. A soutient qu'il n'a jamais été avisé de l'existence de la procédure contradictoire engagée le 29 février 2024 et n'aurait, ainsi, jamais été mis en mesure de présenter ses observations, de se faire assister d'un avocat ou de solliciter la communication de son dossier, il ressort des pièces versées au débat par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud que l'intéressé a, par un courrier daté du 28 février 2024, qui lui a été notifié en mains propres et qu'il a signé le 29 février suivant, été averti de ce qu'en application de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud envisageant de procéder au retrait de son titre de séjour, il était invité à présenter ses observations dans un délai de quinze jours à compter de la notification dudit courrier, qu'il pouvait en outre avertir le consulat de son pays d'origine et se faire assister d'un avocat. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.
3. La décision du 5 juillet 2024 par laquelle le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a obligé M. A à quitter le territoire français sans délai vise les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 611-1. Il mentionne en outre les éléments déterminants de la situation de l'intéressé et notamment son arrivée en France en 2020, soit dans l'année de ses 18 ans, le bulletin n° 2 de son casier judiciaire, sa condamnation par le tribunal correctionnel de Bastia, le 27 novembre 2023 à effectuer une peine de trois mois d'emprisonnement, les condamnations antérieures de l'intéressé, la consultation du traitement des antécédents judiciaires du requérant, et enfin, la situation familiale de l'intéressé qui est célibataire et sans charge de famille. La décision en litige comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfait aux exigences de motivation résultant du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant ainsi au requérant d'en discuter utilement. Le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, pourra par suite, être écarté.
4. Il ne ressort ni de la lecture de l'arrêté attaqué, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud n'aurait pas procédé à un examen particulier et complet de la situation personnelle de M. A.
5. Aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
6. Si M. A soutient que l'arrêté portant refus de renouvellement de son titre de séjour et obligation de quitter le territoire français serait entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il ne disposait pas de titre de séjour pluriannuels mais de cartes de séjour temporaires, cette erreur quoique regrettable qu'elle soit est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté dès lors notamment que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud s'est fondé sur les dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui permettant de refuser le renouvellement d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle pour un motif d'ordre public. Ce moyen doit donc également, être écarté.
7. En l'espèce, il ressort des termes de l'arrêté en litige non contestés que M. A d'une part, a été condamné par le tribunal correctionnel de Bastia, le 2 mai 2023 à effectuer une peine de six mois d'emprisonnement avec sursis pour " harcèlement moral d'une personne suivi d'incapacité n'excédant pas 8 jours : propos ou comportement répétés ayant pour objet ou effet une dégradation des conditions de vie altérant la santé ", que ce sursis probatoire a été révoqué à hauteur de trois mois et qu'ainsi, l'intéressé a été condamné par le même tribunal correctionnel, le 27 novembre 2023 à effectuer une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de " violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité n'excédant pas 8 jours ", " vol ", " violence ayant entrainé une incapacité de travail n'excédant pas 8 jours " et " violence sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin, ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité " et, d'autre part, a également été condamné le 5 avril 2023 pat le tribunal judiciaire de Bastia, pour avoir commis à deux reprises les faits de " port sans motif légitime d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D ". En outre, il s'avère, sans que cela soit davantage contesté, que l'intéressé a été signalé à plusieurs reprises dans le fichier du traitement des antécédents judiciaires, notamment en février et mars 2022 ainsi qu'en juillet et septembre 2023 pour des faits similaires à ceux pour lesquels il a par la suite été condamné. Par suite, c'est sans faire une inexacte application des dispositions de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de procéder au renouvellement du titre de séjour de M. A, la circonstance que le préfet fasse état d'une " menace grave " pour l'ordre public étant sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige, dès lors que les dispositions susvisées applicables, imposent seulement que le comportement du requérant soit constitutif d'une menace à l'ordre public. .
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. /() ".
9. Si M. A fait état de ce que sa vie privée et familiale serait désormais installée sur le territoire national, il est constant que l'intéressé est entré sur le territoire national dans l'année de ses dix-huit ans, qu'il y demeure célibataire et sans charge de famille et qu'il constitue ainsi qu'en justifie le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud une menace à l'ordre public. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaqué aurait porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été pris. Les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
10. Le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
11. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ".
12. En l'espèce, ainsi qu'il a été dit au point 7, le comportement de M. A constitue une menace à l'ordre public. Par suite, dès lors que l'intéressé ne fait état d'aucune circonstance humanitaire que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud aurait pu prendre en considération, c'est sans entacher sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation que ce dernier a prononcé à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans.
13. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions de cette requête doivent être rejetées en ce comprises les conclusions aux fins d'annulation, d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
La présidente du tribunal,
Signé
A. BauxLa greffière,
Signé
R. Alfonsi
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
R. Alfonsi
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026