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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401099

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401099

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401099
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantBLEINES-FERRARI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance n° 2400843 du 8 août 2024, le juge des référés du tribunal a enjoint à Mme A et à la SARL A Stagnola d'évacuer sans délai l'emplacement qu'elles occupent sans autorisation sur la plage de Stagnola, dans la commune de Pietrosella, et de retirer les ouvrages qu'elles y ont installés, sous astreinte de 2 500 euros par jour de retard chacune, à compter de la notification qui leur sera faite, par tout moyen, de l'ordonnance, et a autorisé l'Etat à procéder d'office à l'expulsion des occupants sans titre dans le cas où le domaine public n'aurait pas été libéré.

Par la présente requête, enregistrée le 6 septembre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud demande au tribunal de liquider l'astreinte fixée par l'ordonnance du 8 août 2024 du juge des référés.

Le préfet soutient que :

- l'occupation illicite se poursuit ainsi qu'il ressort du constat établi le 20 août 2024 par des agents assermentés de la direction de la mer et du littoral de Corse (DMLC) et de la publicité de l'activité de matelas et parasols que Mme A et sa société continuent de faire ;

- le montant des astreintes dues depuis le 13 août 2024 jusqu'à la date du constat susmentionné s'élève à la somme totale de 2 000 euros chacune pour Mme A et la SARL A Stagnola.

La requête a été communiquée à Mme A et à la SARL A Stagnola qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance n° 2400843 en date du 8 août 2024 du juge des référés du tribunal.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'environnement ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une ordonnance en date du 8 août 2024, rendue dans l'instance n° 2400843, le juge des référés du tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, après avoir constaté l'urgence de la situation tenant à la nécessité du rétablissement du libre accès des piétons aux plages et du libre et gratuit usage de celles-ci prévus à l'article L. 321-9 du code de l'environnement, tout particulièrement en période estivale, a ordonné à Mme A et à la SARL A Stagnola d'évacuer sans délai l'emplacement qu'elles occupent sans autorisation sur la plage de Stagnola dans la commune de Pietrosella et de retirer les ouvrages qu'elles y ont installés, sous astreinte de 2 500 euros par jour de retard à compter de la notification, qui leur sera faite par tout moyen, de l'ordonnance. A l'occasion de la présente requête, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud sollicite du juge des référés qu'il procède à la liquidation provisoire de l'astreinte qu'il a prononcée à l'encontre de Mme A et de la SARL A Stagnola par l'ordonnance du 8 août 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

3. Aux termes de l'article L. 911-7 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée. " et aux termes de l'article R. 921-7 du même code : " Lorsqu'à la date d'effet de l'astreinte prononcée par le tribunal administratif ou la cour administrative d'appel, cette juridiction constate, d'office ou sur la saisine de la partie intéressée, que les mesures d'exécution qu'elle avait prescrites n'ont pas été prises, elle procède à la liquidation de l'astreinte dans les conditions prévues aux articles L. 911-6 à L. 911-8. / Lorsqu'il est procédé à la liquidation de l'astreinte, copie du jugement ou de l'arrêt prononçant l'astreinte et de la décision qui la liquide est adressée au ministère public près la Cour de discipline budgétaire et financière ". Selon l'article L. 911-8 dudit code : " La juridiction peut décider qu'une part de l'astreinte ne sera pas versée au requérant ". Aux termes de l'article R. 522-13 alinéa 1er du même code : " L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification. ".

4. La liquidation de l'astreinte à laquelle procède le juge des référés se rattache à la même instance contentieuse que celle qui a été ouverte par la demande d'astreinte dont elle est le prolongement procédural. Dès lors, il appartient au juge des référés qui, par la même ordonnance prise sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a assorti d'une astreinte l'injonction faite à l'une des parties, de statuer sur les conclusions tendant à ce que cette astreinte soit liquidée. Il peut procéder à cette liquidation soit d'office, soit à la demande d'une autre partie s'il constate que les mesures qu'il avait prescrites n'ont pas été exécutées. Le juge de l'exécution, saisi aux fins de liquidation d'une astreinte précédemment prononcée, peut la modérer ou la supprimer, même en cas d'inexécution constatée, compte tenu notamment des diligences accomplies en vue de procéder à l'exécution de la chose jugée. Les voies de recours ouvertes contre les ordonnances du juge des référés prononçant la liquidation d'une astreinte qu'il a lui-même prononcée sont celles ouvertes contre les ordonnances prononçant l'astreinte.

5. Il résulte de l'instruction que l'ordonnance précitée en date du 8 aout 2024, rendue dans l'instance n° 2400843 par le juge des référés, a été notifiée par la gendarmerie nationale à Mme A, gérante de la SARL A Stagnola, le 13 août suivant, date à compter de laquelle Mme A et la société A Stagnola devaient évacuer les lieux qu'elles occupent irrégulièrement.

6. Il résulte également de l'instruction et il n'est pas contesté que Mme A et la société A Stagnola continuaient d'occuper les lieux, le 20 août 2024, date du constat opéré par des agents assermentés de la direction de la mer et du littoral de Corse (DMLC).

7. Dans ces conditions, il y a lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte pour la période du 13 au 20 août 2024 ainsi que le sollicite le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud. Ainsi, sur la base de 2 500 euros par jour de retard et d'une période de 8 jours, l'astreinte mise à la charge de la société A Stagnola doit être fixée à la somme de 20 000 euros et celle mise à la charge de Mme A, doit être fixée à la somme de 20 000 euros, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, de modérer le montant de cette astreinte.

8. Il y a lieu de préciser que, indépendamment du risque d'une expulsion effective avec le concours de la force publique, la SARL A Stagnola et Mme A demeurent exposées au cas où elles prolongeraient leur maintien abusif sur le domaine public, à une nouvelle liquidation de l'astreinte de 2 500 euros par jour de retard à laquelle elles demeurent soumises en vertu de l'ordonnance du 8 août 2024.

ORDONNE :

Article 1er : La SARL A Stagnola et Mme A sont condamnées à verser à l'Etat une somme de 20 000 euros chacune en liquidation de l'astreinte prononcée par l'ordonnance de référé n° 2400843 du 8 août 2024.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SARL A Stagnola, à Mme B A à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Copies en seront adressées au ministère public près de la Cour de discipline budgétaire et financière et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.

Fait à Bastia, le 1er octobre 2024.

La présidente du tribunal,

Signé

A. Baux

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière

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