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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401126

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401126

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401126
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia a rejeté la requête de M. C, qui contestait une décision de remise aux autorités portugaises et une assignation à résidence. Le juge a constaté que la requête, enregistrée le 12 septembre 2024, était tardive car introduite au-delà du délai de sept jours prévu à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à compter de la notification des décisions le 3 septembre 2024. Cette irrecevabilité manifeste a conduit au rejet de l'ensemble des demandes, y compris celle d'aide juridictionnelle provisoire, sur le fondement de l'article R. 922-17 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Solinski, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler la décision du 3 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud a prononcé sa remise aux autorités portugaises ;

3°) d'annuler la décision du 3 septembre 2024 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

4°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur la requête.

Considérant ce qui suit :

1. M. C demande au tribunal d'annuler les deux décisions du 3 septembre 2024 par lesquelles, d'une part, le préfet de la Corse-du-Sud a prononcé sa remise aux autorités portugaises, d'autre part, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

2. En vertu du 4° du troisième alinéa de l'article R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif pour statuer sur les litiges visés au titre II du livre IX de la partie législative du même code peut, par ordonnance, rejeter les recours entachés d'une irrecevabilité manifeste non susceptible d'être couverte en cours d'instance.

3. Aux termes de l'article L. 615-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, la décision prévue à l'article L. 615-1 peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-1. ". Selon l'article L. 623-1 du même code : " Lorsque l'étranger est assigné à résidence en application de l'article L. 731-1, la décision de remise et l'interdiction de circulation sur le territoire français qui l'accompagne, le cas échéant, peuvent être contestées selon la procédure prévue à l'article L. 921-1 ".

4. En application de l'article L. 921-1 de ce code, le délai dans lequel le tribunal peut être saisi est de sept jours à compter de la notification de la décision. Ce délai n'est, en vertu de l'article R. 921-3 du même code, susceptible d'aucune prorogation.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C a reçu notification en mains propres des décisions attaquées, qui comportent la mention des voies et délais de recours, le 3 septembre 2024. Il a saisi le tribunal par une requête enregistrée le 12 septembre 2024, soit postérieurement au délai de recours mentionné à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ainsi que dans les décisions contestées. Par suite, sa requête a été présentée tardivement et se trouve entachée d'une irrecevabilité qui ne peut être régularisée. Elle doit, dès lors, être rejetée, sans qu'il y ait lieu d'accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

D E C I D E :

Article 1er : M. C n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de M. C est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C.

Copie en sera transmise pour information au préfet de la Corse-du-Sud.

Fait à Bastia, le 13 septembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

C. A

La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

H. Mannoni

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