mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Réconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Lelièvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 12 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans ;
2°) d'ordonner qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance prévues à l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de procéder à un réexamen de sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer pendant cet examen une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de mettre fin à son signalement dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- l'arrêté litigieux en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français est entaché de l'incompétence de sa signataire ;
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision n'a pas été précédée d'un examen réel et sérieux de sa situation ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle n'a pas été précédée de l'examen de sa demande de régularisation ;
- cette décision est entachée d'erreur de fait en indiquant qu'il n'avait pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour ;
- l'arrêté litigieux en tant qu'il porte refus d'accorder un délai de départ volontaire est entaché d'erreur de droit en ce qu'il se fonde sur des informations irrégulièrement recueillies dans le fichier de traitement des antécédents judiciaires ;
- cette décision est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'elle ne saurait se fonder uniquement sur des faits mentionnés dans le fichier précité, ne tient pas compte des circonstances particulières prévues à l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de ce qu'il a déposé une demande de renouvellement d'un titre de séjour ;
- cette décision est illégale par voie d'exception de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté litigieux en tant qu'il fixe le pays de destination est illégal par voie d'exception de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- l'arrêté litigieux en tant qu'il porte interdiction de retour sur le territoire français est entaché d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Jan Martin, premier conseiller, pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu :
- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 2 octobre 2024 à 11h en présence de Mme Hernandez Batista, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations de Me Lelièvre représentant M. C qui soutient en outre que l'arrêté litigieux est entaché d'un vice de procédure en ce que le préfet n'a pas consulté le Procureur de la République sur les suites données à l'inscription d'infractions au fichier de traitement des antécédents judiciaires et que cet arrêté méconnaît l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Ressortissant marocain né en 1984, M. C qui déclare être entré en France en 1999, a bénéficié de plusieurs titres de séjour dont le dernier expirait le 27 juin 2024. Il a été placé en retenue le 11 septembre 2024, pour vérification de son droit de circulation et de son droit au séjour. Par l'arrêté du 12 septembre 2024, le préfet de la Haute-Corse lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans. Par un arrêté du 13 septembre 2024, le préfet l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Corse pour une durée de quarante-cinq jours. M. C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 septembre 2024.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. C a déposé le 30 juillet 2024 une demande de renouvellement de son titre de séjour et que, par un courriel du 6 août 2024, il est convoqué à la préfecture de la Haute-Corse le 2 octobre 2024. Or, cette demande n'est pas mentionnée dans la décision contestée qui retient que le requérant n'a pas sollicité le renouvellement de son titre de séjour ou n'a pas demandé un titre de séjour. Par suite, M. C est fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 12 septembre 2024 portant obligation de quitter le territoire français. Par voie de conséquence, les décisions du même jour de refus de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour doivent être également annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas ".
6. Compte tenu du motif d'annulation retenu, il y a lieu d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de mettre fin aux mesures de surveillance dont M. C fait l'objet, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de délivrer au requérant, sans délai et jusqu'à ce qu'il ait été à nouveau statué sur sa situation, une autorisation provisoire de séjour.
7. Il y a lieu également d'enjoindre au préfet de la Haute-Corse de prendre, sans délai, toute mesure propre à mettre fin au signalement de M. C dans le système d'information Schengen.
Sur les frais non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner l'Etat à verser à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Haute-Corse du 12 septembre 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de réexaminer la situation de C dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et, sans délai, de mettre fin aux mesures de surveillance, de supprimer son signalement dans le système d'information Schengen et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce qu'il ait à nouveau statué sur son cas.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
J. A
La greffière,
Signé
M. D
La République mande et ordonne préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. D
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026