vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401180 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Réconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS RIBAUT-PASQUALINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2024, M. C B A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du Portugal, et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans.
Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2024, le préfet de la Haute-Corse conclut au rejet de la requête. Le préfet soutient que sa décision est fondée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 11 octobre 2024 à 10 heures en présence de Mme Rachel Alfonsi, greffière d'audience, M. Pierre Monnier a lu son rapport et ont été entendues les observations de Me Ribaut-Pasqualini, avocat de M. B A, qui soutient que l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle dès lors qu'il vit en France depuis longtemps, qu'il a sa fille et son frère en France et qu'il a travaillé avant son incarcération.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant portugais né le 8 novembre 1968 demande l'annulation de l'arrêté du 4 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Corse l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du Portugal, et a prononcé une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans.
2. Aux termes de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative compétente peut, par décision motivée, obliger les étrangers dont la situation est régie par le présent livre, à quitter le territoire français lorsqu'elle constate les situations suivantes : () 2° Leur comportement personnel constitue, du point de vue de l'ordre public ou de la sécurité publique, une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l'encontre d'un intérêt fondamental de la société () ". Aux termes de l'article L. 251-4 du même code : " L'autorité administrative peut, par décision motivée, assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français édictée sur le fondement des 2° ou 3° de l'article L. 251-1 d'une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée maximale de trois ans ".
3. D'abord, si la fille de M. B A demeure en France, il ressort des pièces du dossier que cette dernière, désormais âgée de 32 ans, dispose d'un travail lui permettant de subvenir à ses besoins et de rendre visite à son père au Portugal. Ensuite, à supposer même que M. B A ait un frère résidant en France, il ressort de ses propres déclarations que le requérant a encore sa mère et une sœur au Portugal. Enfin, s'il a été salarié d'une société sise à Porto-Vecchio, du 2 avril 2007 au 3 décembre 2018, il ne disposait plus, à la date de la décision attaquée, que de salaires d'un montant mensuel de l'ordre de 500 euros. Dans ces conditions, nonobstant la durée de sa présence en France, M. B A n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté attaquée est entaché d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.
4. Il résulte de ce qui précède que M. B A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 4 septembre 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B A et au préfet de la Haute-Corse.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé
P. MONNIERLa greffière,
Signé
R. ALFONSI
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Corse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. ALFONSI
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