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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401198

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401198

vendredi 27 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401198
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner au garde des sceaux, ministre de la justice de faire cesser immédiatement les agissements répétés de harcèlement moral qu'il subit ;

2°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de prendre toutes les mesures nécessaires afin de prévenir les agissements de harcèlement moral dont il est victime ;

3°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice d'exécuter le jugement n° 2110001du 2 novembre 2023 du tribunal administratif de Paris ;

4°) d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice de procéder au réexamen de sa situation administrative au plus tard le 4 octobre 2024 ;

5°) d'ordonner que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue en application des dispositions de l'article R. 522-13 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le ministre l'a inscrit sur la liste des agents promus soumis à mobilité sans prendre en compte sa situation de handicap ;

- cette autorité a refusé de l'affecter au centre pénitentiaire de Borgo et de le nommer dans le corps de commandement des personnels de surveillance au titre de l'année 2020 malgré son recours administratif du 18 février 2021 ;

- le ministre n'a pas répondu à son recours administratif du 8 mars 2021 ;

- il n'a pas donné suite à un compte-rendu professionnel du 17 mars 2022 par lequel il lui a demandé de régulariser sa situation administrative à la suite de la décision de la Défenseure des droits du 1er mars 2022 ;

- le tribunal administratif de Paris a annulé par un jugement n° 2110001 du 2 novembre 2023 la décision implicite par laquelle le garde de sceaux, ministre de la justice a refusé de l'affecter sur un poste au sein du centre pénitentiaire de Borgo et de le nommer au grade de commandant des personnels de surveillance de l'administration pénitentiaire au titre de l'année 2020 et a enjoint au ministre de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois, et l'exécution de ce jugement implique implicitement mais nécessairement sa nomination dans le corps de commandement des personnels de surveillance de l'administration pénitentiaire au titre de l'année 2020 avec une résidence administrative au centre pénitentiaire de Borgo dans la mesure où sa situation personnelle ne permet pas d'autre solution ;

- la direction de l'administration pénitentiaire n'a pas répondu à la demande d'exécution du jugement qu'il lui a adressée ;

- sa situation administrative n'est toujours pas réglée alors qu'une campagne de mobilité du corps de commandement est en cours, il ne peut faire acte de candidature sur un poste de responsable de formation car il continue à être géré dans le corps d'encadrement et d'application des personnels de surveillance de l'administration pénitentiaire ;

- l'ensemble de ces agissements porte atteinte à son droit de ne pas être soumis à un harcèlement moral qui constitue pour un agent une liberté fondamentale au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ;

- par ailleurs, ce refus de l'administration d'exécuter le jugement du tribunal administratif de Paris l'empêche de bénéficier d'une promotion et de poursuivre son parcours professionnel ;

- l'urgence est constituée car une campagne de mobilité fermée du corps de commandement du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire est ouverte et se terminera le 7 octobre 2024, et il souhaiterait candidater sur un poste de responsable de formation au centre pénitentiaire de Borgo ;

- l'urgence est également constituée car sa dignité est bafouée et que l'administration pénitentiaire ne le reconnaît pas comme travailleur handicapé alors qu'il bénéficie d'une reconnaissance de cette qualité ;

- l'urgence est également constituée car son avenir professionnel est compromis puisqu'il ne peut ni accéder à des postes malgré la reconnaissance de ses mérites et de sa valeur professionnelle par la commission administrative paritaire, ni passer des concours ou examens lui permettant d'accéder à un grade supérieur, en outre sa santé mentale altérée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Sadat, conseillère, pour statuer en qualité de juge des référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient de ces dispositions est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure destinée à la sauvegarde d'une liberté fondamentale.

2. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. Si, à l'appui de sa demande, M. A fait valoir que la condition d'urgence est remplie dès lors que l'inexécution du jugement du tribunal administratif de Paris par le ministre de la justice l'empêche de faire acte de candidature dans le cadre d'une campagne de mobilité qui se terminera le 7 octobre 2024, constitue un obstacle dans la poursuite de son parcours professionnel ou traduit une absence de reconnaissance de sa qualité de travailleur handicapé, il ne justifie pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures. Au surplus, il ne résulte pas de l'instruction que la carence de l'administration crée en l'espèce une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative.

4. Il résulte de l'instruction que, le requérant ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée par application des dispositions de l'article L. 522-3 précité.

ORDONNE

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Bastia, le 27 septembre 2024.

La juge des référés,

Signé

N. SADAT

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

R. ALFONSI

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