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AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401200

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401200

mercredi 16 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401200
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Bastia, statuant en référé, a suspendu l'exécution de l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le maire de Sotta n'avait pas fait opposition à une déclaration préalable de division parcellaire en quatre lots (dont trois à bâtir). Saisi par le préfet de Corse sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le juge a estimé que le moyen tiré de la méconnaissance des articles L. 122-5, L. 122-5-1 et L. 122-6 du code de l'urbanisme était, en l'état, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. Le projet était situé dans une zone naturelle et pastorale, sans continuité avec un village ou un hameau, ce qui le rendait incompatible avec les règles d'urbanisme applicables en Corse.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Sotta n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par M. B A en vue d'autoriser la division en quatre lots dont trois à bâtir, sur un terrain situé strada di Manichedda, Salva di Levo, parcelle cadastrée B 1585.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions combinées des articles L. 122-5, L. 122-5-1 et L. 122-6 du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet est entouré de vastes zones naturelles et d'un habitat diffus qui ne se situe pas en continuité d'un village ou d'un hameau au sens de ces dispositions ;

- le terrain d'assiette du projet est situé en espaces pastoraux et en espaces stratégiques agricoles du plan d'aménagement et de développement durable de Corse (PADDUC) qui sont inconstructibles, à l'exception des constructions et installations nécessaires aux activités agricoles, aux équipements collectifs ou aux services publics ; en l'espèce, la création de trois lots à bâtir n'entre pas au rang des exceptions visées dans le PADDUC et méconnaît ainsi les dispositions de l'article L. 122-10 du code de l'urbanisme.

Le déféré a été communiqué à la commune de Sotta et à M. A qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le n° 2401201 tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2024 du maire de la commune de Sotta.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lelièvre, greffier d'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 17 avril 2024 par lequel le maire de la commune de Sotta n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par M. B A en vue d'autoriser la division en quatre lots dont trois à bâtir, sur un terrain situé strada di Manichedda, Salva di Levo, parcelle cadastrée B 1585.

2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "

3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions combinées des articles L. 122-5, L. 122-5-1 et L. 122-6 du code de l'urbanisme sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 17 avril 2024 du maire de Sotta.

ORDONNE

Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 17 avril 2024 du maire de la commune de Sotta est suspendue.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Sotta et à M. B A.

Fait à Bastia, le 16 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé

A. Baux

La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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