mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401202 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | FEVRIER |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à la SCI MAP pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2 et la création d'un garage et d'une piscine sur un terrain situé lieu-dit " route du Fort ", sur la parcelle cadastrée A n° 6064.
Il soutient que :
- la décision tacite méconnaît les dispositions des articles L. 121-8 et L. 111-3 du code de l'urbanisme reprises dans le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) dès lors que la parcelle, terrain d'assiette du projet, s'ouvre sur de vastes espaces vierges de toute construction constituant une coupure d'urbanisation au sens du PADDUC ; la zone d'implantation ne saurait être qualifiée d'urbanisée et ne revêt aucun caractère stratégique ou structurant pour l'organisation et le développement de la commune ;
- il méconnait les dispositions de l'article L. 121-13 du code de l'urbanisme dès lors que le terrain d'assiette du projet entre dans le champ de protection des espaces proches du rivage identifiés par le PADDUC et se situe dans un secteur non urbanisé ;
- il méconnait le PADDUC dès lors que la parcelle sur laquelle la construction est tacitement accordée fait partie de la cartographie des espaces naturels, sylvicoles et pastoraux qu'il consacre ;
- le secteur dans lequel se situe le projet est soumis à l'aléa feux de forêt " moyen - fort " et que le dossier de demande de permis de construire ne prévoit aucun dispositif de sécurité incendie.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 15 octobre 2024, la SCI MAP représentée par Me Février, conclut à ce qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.
Elle fait valoir que sur demande de son bénéficiaire, le maire de la commune de Grosseto-Prugna a par un arrêté du 14 octobre 2024, retiré le permis de construire tacite, ainsi que le permet la jurisprudence s'agissant d'un acte réglementaire non créateur de droits n'étant pas devenu définitif du fait de la requête en annulation engagée à son encontre et n'ayant pas reçu de commencement d'exécution.
Le déféré a été communiqué à la commune de Grosseto-Prugna qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401203 tendant à l'annulation du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à la SCI MAP pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2 et la création d'un garage et d'une piscine sur un terrain situé lieu-dit " route du Fort ", sur la parcelle cadastrée A n° 6064.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lelièvre, greffier d'audience.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à M. B A pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2 et la création d'un garage et d'une piscine sur un terrain situé lieu-dit " route du Fort ", sur la parcelle cadastrée A n° 6064.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 15 octobre 2024, la SCI MAP a informé le tribunal de ce que le maire de la commune de Grosseto-Prugna a, par un arrêté du 14 octobre 2024, procédé au retrait du permis de construire tacitement délivré qui n'avait reçu aucun commencement d'exécution. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension présentées par le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
ORDONNE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin de suspension du déféré n° 2201202 du préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Grosseto-Prugna et à la SCI MAP.
Fait à Bastia, le 16 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Baux
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Alfonsi
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