mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401204 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 27 septembre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à M. et Mme A et B C pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2, sur un terrain situé lieu-dit " Cannes ", sur la parcelle cadastrée AB n° 396.
Il soutient que :
- en méconnaissance des dispositions des articles L. 422-5 et L. 422-6 du code de l'urbanisme, le maire de la commune de Grosseto-Prugna aurait dû opposer un refus à la demande présentée par M. et Mme C dès lors que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud avait émis un avis défavorable au projet ;
- la décision tacite méconnaît les dispositions des articles L. 121-8, L. 111-3 et L. 121-13 du code de l'urbanisme reprises dans le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) dès lors que la parcelle, terrain d'assiette du projet, se situe en deçà de la délimitation des espaces proches du rivage répertoriés par le PADDUC ; en outre, ainsi que l'a jugé le tribunal, le 24 mars 2022, la parcelle en cause est inconstructible au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- le terrain d'assiette du projet relève en totalité d'une part, du zonage des espaces stratégiques agricoles du PADDUC au sein desquels sont inclus les espaces pastoraux et d'autre part, des espaces stratégiques environnementaux ;
- le secteur dans lequel se situe le projet est soumis à l'aléa feux de forêt " moyen - faible " ; toutefois, le dossier de demande de permis de construire ne prévoit aucun dispositif de sécurité incendie ; le permis de construire tacitement délivré méconnaît donc les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.
Le déféré a été communiqué à la commune de Grosseto-Prugna et à M. et Mme C qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401205 tendant à l'annulation du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à M. et Mme A et B C pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2, sur un terrain situé lieu-dit " Cannes ", sur la parcelle cadastrée AB n° 396.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lelièvre, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Baux.
- les observations de M. C qui conclut au rejet de la requête et qui précise que 19 maisons ont été construites à moins d'un km du lieu d'implantation de son projet de construction ; en outre, il assure qu'il existe une borne incendie à proximité du terrain d'assiette de son projet.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution du permis de construire tacitement accordé par le maire de la commune de Grosseto-Prugna à M. et Mme C pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2, sur un terrain situé lieu-dit " Cannes ", sur la parcelle cadastrée AB n° 396.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 422-5, L. 422-6, L. 111-3 et L. 121-8 du code de l'urbanisme sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. En revanche, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-13 et R. 111-2 de ce code et des prescriptions du PADDUC relatives aux espaces stratégiques agricoles et environnementaux ne sont pas de nature à faire naître un tel doute. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de la décision par laquelle le maire de la commune de Grosseto-Prugna a tacitement accordé un permis de construire à M. et Mme C pour la construction d'une maison d'habitation, d'une surface de plancher de 149 m2, sur un terrain situé lieu-dit " Cannes ", sur la parcelle cadastrée AB n° 396 est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Grosseto-Prugna et à M. et Mme A et B C.
Fait à Bastia, le 16 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Baux
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Alfonsi
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026