mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ANDREANI |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 7 octobre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Conca a délivré à M. A B un permis de construire pour la construction de cinq caseddus avec piscines, sur un terrain situé lieu-dit " Taglio Longo ", sur la parcelle cadastrée section D 147, pour une surface totale de plancher de 350 m2.
Il soutient que :
- en méconnaissance des dispositions des articles L. 422-5 et L. 422-6 du code de l'urbanisme, le maire de la commune de Conca aurait dû opposer un refus à la demande présentée par M. B dès lors que le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud avait émis un avis défavorable au projet motivé par la méconnaissance des dispositions des articles L. 121-8 et L. 111-13 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions des articles L. 121-8 et L. 111-3 du code de l'urbanisme dès lors que les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ; en l'espèce, le projet est situé au milieu d'un site naturel très marqué et éloigné du village de Conca d'1,3 km ;
- il méconnait le plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) dès lors que la parcelle sur laquelle la construction est accordée fait partie de la cartographie des espaces naturels, sylvicoles et pastoraux qu'il consacre ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le secteur dans lequel se situe le projet est soumis à l'aléa feux de forêt " moyen - fort " et que le permis de construire ne mentionne qu'une borne-incendie à 1km du projet et aucune prescription quant à la prise en compte du risque incendie.
Par un mémoire en défense, enregistré au greffe le 21 octobre 2024, la commune de Conca, représentée par Me Andréani, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de l'Etat, le versement de la somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Elle fait valoir que :
- elle a recueilli un avis conforme du préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, tacitement émis le 19 mars 2024, un mois après la réception du dossier, et l'avis conforme défavorable du 24 avril 2024 n'a pu valablement s'y substituer ;
- les articles L. 121-8 et L. 111-3 du code de l'urbanisme n'ont pas été méconnus dès lors que le projet est situé en continuité du village de Conca, que le quartier Taglio Longo est l'un des quartiers traditionnellement construits le long de la voirie et que contrairement à ce que soutient le préfet, la route ne saurait constituer une rupture puisqu'en l'espèce, elle est située au nord, ne séparant pas le projet du reste du village ;
- la cartographie annexée au PADDUC n'est pas directement opposable aux demandes d'autorisation d'urbanisme ainsi que l'a, à maintes reprises, jugé le tribunal et la localisation d'espaces naturels, sylvicoles et pastoraux s'inscrit dans un rapport de compatibilité avec les plans locaux d'urbanisme ;
- l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme n'a pas davantage été méconnu ; en effet, le préfet se borne à faire état de ce que le terrain serait mentionné, par un logiciel informatique, comme étant situé dans une zone d'aléa feu de forêt " moyen-fort ", ne procédant ainsi à aucune démonstration concrète du risque, alors que le terrain est protégé contre l'incendie par une autorisation de défrichement accordée par un arrêté préfectoral du 5 janvier 2024, portant sur un défrichement d'une surface de 4500 m², correspondant à 87 % de la surface du terrain ; en outre, le point d'eau incendie le plus proche est situé à une distance de moins de 200 mètres du terrain, en l'espèce à 180 mètres, ainsi que cela ressort du plan cadastral joint au dossier de ladite autorisation de défrichement.
Le déféré a été communiqué à M. A B qui n'a pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401251 tendant à l'annulation de l'arrêté du 6 juin 2024 du maire de la commune de Conca.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Lelièvre, greffier d'audience :
- le rapport de Mme Baux.
- les observations de Me Andreani, pour la commune de Conca qui persiste dans ses conclusions et fait également valoir que :
. le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud ne justifie pas de ce que l'avis conforme défavorable dont il fait état aurait été notifié au maire de la commune,
. en tout état de cause, cet avis serait illégal,
. le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud ne justifie pas davantage de la distance d'1,3 km entre le projet et le village de Conca,
. enfin, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que des mesures ont été prises pour pallier le risque incendie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Conca a délivré à M. A B un permis de construire pour la construction de cinq caseddus avec piscines, sur un terrain situé lieu-dit " Taglio Longo ", sur la parcelle cadastrée section D 147, pour une surface totale de plancher de 350 m2.
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. En l'état de l'instruction, les moyens tirés de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 422-5 et L. 422-6 ainsi que celles de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. En revanche, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens ne sont pas, en l'état de l'instruction, de nature à entraîner la suspension sollicitée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 6 juin 2024 du maire de Conca.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 6 juin 2024 du maire de la commune de Conca est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Conca et à M. A B.
Fait à Bastia, le 22 octobre 2024.
La juge des référés,
Signé
A. Baux
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Alfonsi
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026