mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré, enregistré le 18 novembre 2024, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Vero n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par Mme A B en vue d'autoriser la création d'un garage, sur un terrain situé parcelle cadastrée C n° 700, lieu-dit " Suarriccio ".
Il soutient que :
- la construction est envisagée sur une parcelle cadastrée C n° 700, dépourvue de toute construction et le projet envisagé n'entre pas dans les prescriptions de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme ;
- en outre, la parcelle, terrain d'assiette du projet, se situe dans les espaces stratégiques agricoles et pastoraux du plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC), par nature inconstructibles
Le déféré a été communiqué à Mme B et à la commune de Vero qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le n° 2401462 tendant à l'annulation de l'arrêté du 4 juin 2024 du maire de la commune de Vero.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Baux a été entendu au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mannoni, greffière d'audience :
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, demande au juge des référés, sur le fondement du troisième alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 par lequel le maire de la commune de Vero n'a pas fait opposition à la déclaration préalable déposée par Mme A B en vue d'autoriser la création d'un garage, sur un terrain situé parcelle cadastrée C n° 700, lieu-dit " Suarriccio ".
2. Aux termes de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, auquel renvoie l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. / () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois. / Jusqu'à ce que le président du tribunal administratif ou le magistrat délégué par lui ait statué, la demande de suspension en matière d'urbanisme, de marchés et de délégation de service public formulée par le représentant de l'Etat dans les dix jours à compter de la réception de l'acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d'un délai d'un mois à compter de la réception, si le juge des référés n'a pas statué, l'acte redevient exécutoire. () "
3. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de ce que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article L. 161-4 du code de l'urbanisme est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. En revanche, pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le moyen tiré de ce que la parcelle en cause relèverait des espaces stratégiques agricoles et pastoraux délimités par le PADDUC n'est pas, en l'état de l'instruction, de nature à entraîner la suspension sollicitée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 du maire de la commune de Vero.
ORDONNE
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 4 juin 2024 du maire de la commune de Vero est suspendue.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, à la commune de Vero et à Mme A B.
Fait à Bastia, le 10 décembre 2024.
La juge des référés, La greffière
signé signé
A. Baux H. Mannoni
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
R. Alfonsi
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