vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401472 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Réconduite à la frontière |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 et 20 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Giansily, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 24 2A 0167 du 13 novembre 2024 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a retiré la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", valable du 27 juin 2023 au 26 juin 2026, dont il était titulaire, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination ;
2°) d'annuler la décision du 13 novembre 2024 par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud l'a assigné à résidence dans le département de la Corse-du-Sud pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté portant retrait de titre de séjour et obligation de quitter sans délai le territoire français :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'il n'a pas été informé de son droit de présenter des observations avant que soit prise la décision attaquée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, alors que sa présence en France répond à un besoin économique patent ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'illégalité de l'arrêté portant retrait de titre de séjour et obligation de quitter sans délai le territoire français.
La requête a été communiquée au préfet de la Corse-du-Sud qui n'a pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Castany sur les requêtes présentées sur le fondement du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castany, magistrate désignée,
- et les observations Me Giansily, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 13 novembre 2024, le préfet de la Corse-du-Sud a retiré à M. B, ressortissant tunisien né le 5 septembre 1999, la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", valable du 27 juin 2023 au 26 juin 2026, dont il était titulaire, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination. Par un second arrêté du même jour, cette même autorité l'a assigné à résidence sur le territoire de la commune d'Ajaccio pour une durée de quarante-cinq jours. M. B demande au tribunal d'annuler ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".
3. Il résulte de ces dispositions que la décision par laquelle le préfet retire la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " qui a été délivrée à un ressortissant étranger doit être précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions du code des relations entre le public et l'administration, qui constitue une garantie pour l'intéressé et implique qu'il soit averti de la mesure que l'administration envisage de prendre, des motifs sur lesquelles elle se fonde, et qu'il bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations.
4. M. B soutient que le préfet a méconnu les dispositions citées au point 2, dès lors qu'il n'a pas été informé de son droit de présenter des observations avant que soit prise la décision attaquée. Si cette dernière vise le procès-verbal d'audition n° 2024/000424 établi le 13 novembre 2024 à 18 heures et la procédure contradictoire réalisée pendant la retenue, le 13 novembre 2024 à 18 heures 40 minutes de M. B l'informant du retrait de son titre de séjour et l'invitant à formuler toutes observations relatives à sa situation, ainsi que les observations formulées par l'intéressé, il ressort toutefois des pièces du dossier que le procès-verbal en cause, établi à 15 heures 20 minutes, ne fait pas état de la tenue d'une procédure contradictoire et que l'arrêté portant retrait du titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sans délai a été notifié à l'intéressé le 13 novembre 2024 à 15 heures 30 minutes. Dans ces conditions, et alors qu'en dépit d'une mesure d'instruction qui lui a été adressée le 4 décembre 2024, le préfet de la Corse-du-Sud ne justifie pas de la régularité de la procédure de retrait telle que prévue par les dispositions précitées, M. B est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure qui l'a privé d'une garantie.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 13 novembre 2024 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a retiré la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " qui lui avait été délivrée, ainsi que des décisions du même jour portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de destination. Il y a lieu d'annuler, par voie de conséquence, la décision du même jour du préfet de la Corse-du-Sud l'assignant à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif qui la fonde, l'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement que le préfet de la Corse-du-Sud réexamine la situation de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de procéder à ce réexamen dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de délivrer à M. B, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette mesure d'injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés du 13 novembre 2024 par lesquels le préfet de la Corse-du-Sud a retiré à M. B sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier ", l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de la Corse-du-Sud de réexaminer la situation de M. B dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Corse-du-Sud.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Fait à Bastia, le 6 décembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
C. CASTANY
La greffière,
Signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
M. C
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026