vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2401478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 novembre et 11 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Maillard, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 3 octobre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a prononcé le retrait de sa carte professionnelle, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au directeur du Conseil national des activités privées de sécurité de lui restituer sa carte professionnelle ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors qu'en l'absence d'agrément il ne peut plus exercer ses fonctions d'agent privé de sécurité ;
- sont, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, les moyens tirés :
. de ce que contrairement à ce que mentionne la décision attaquée, sa condamnation n'est pas inscrite au bulletin n° 2 de son casier judiciaire ainsi que le prévoit l'ordonnance pénale d'homologation du 10 mai 2023 et fera l'objet d'un effacement, le 27 août 2024 ; ainsi dès lors d'une part, qu'il ne fera l'objet d'aucune condamnation, pour les faits en cause et d'autre part, que la décision attaquée ne mentionne pas les faits inscrits sur le fichier de traitement des antécédents judiciaires, le directeur du CNAPS ne pouvait édicter la décision en litige ;
. de ce que la décision attaquée ne justifie pas des moyens ayant permis à l'autorité administrative d'avoir connaissance de sa condamnation et de ce qu'en conséquence, en l'absence d'habilitation régulière de l'agent chargé de l'enquête administrative et de la consultation du bulletin n°2 de son casier judiciaire, la procédure préalable à la décision prise sur la demande ou le retrait d'agrément est entachée d'un vice de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 décembre 2024, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie, le requérant ne justifiant pas de l'urgence particulière qu'il y aurait à suspendre l'exécution de la décision attaquée et notamment de ce qu'il se trouverait, du fait du retrait de sa carte professionnelle, dans une situation financière précaire ;
- en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ; en effet :
. il lui appartient de veiller à la moralité d'une profession associée " aux missions de l'Etat en matière de sécurité publique " ;
. en tout état de cause, les faits relevés par la décision en cause sont manifestement incompatibles avec l'exercice d'une activité privée de sécurité ;
. la circonstance que le bulletin n° 2 du casier judiciaire ne soit pas à jour de l'exclusion de la mention ne saurait lui être imputée ;
. enfin, il apparaît que l'intéressé a été mis en cause en qualité d'auteur d'autres faits répréhensibles.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 novembre 2024 sous le n° 2401473 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Alfonsi, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Baux ;
- les observations de Me Bernardi, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ; il précise que :
. sa perte de revenus, depuis la perte de son agrément est de près de 1 200 euros ;
. la communication du bulletin n° 2 du casier judiciaire ne figure pas dans la liste des actes prévu par l'arrêté d'habilitation produit par le CNAPS ;
. enfin, le fichier du traitement des antécédents judiciaires ne fait mention d'aucune condamnation.
Une première ordonnance, prise en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, a différé la clôture de l'instruction jusqu'à 15 heures, une seconde, l'a différée jusqu'à 17 heures.
M. A a produit des pièces qui ont été communiquées au CNAPS.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de la décision du 3 octobre 2024 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a prononcé le retrait de sa carte professionnelle, M. A se borne à soutenir qu'il subit un préjudice grave et immédiat, dès lors que ses revenus ne sont plus, depuis la perte de son agrément, que de 1 400 euros alors que le montant de ses charges fixes serait d'un peu plus de 1 000 euros. Toutefois, dès lors que l'intéressé est célibataire et sans charge de famille et ne justifie pas que certaines de ces charges ne pourraient être réduites, il n'établit pas, par les éléments produits, qu'une atteinte suffisamment grave et immédiate serait portée à sa situation du fait de la décision contestée. Par suite, M. A ne justifiant pas de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision en litige, il y a lieu de rejeter les conclusions à fin de suspension de la requête, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence de moyens propres à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
4. Ainsi, il y a lieu de rejeter la présente requête en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Bastia, le 13 décembre 2024.
La juge des référés, La greffière,
SignéSigné
A. Baux R. Alfonsi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Une greffière
Signé
H. Nicaise
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026