LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2401504

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2401504

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2401504
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationRéconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 novembre 2024, M. A C, représenté par Me Lelièvre, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté n° 24 2A 0170 du 20 novembre 2024 par lequel le préfet de la Corse-du-Sud a retiré son titre de séjour portant mention " travailleur saisonnier ", l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du Maroc et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire ;

2°) d'ordonner qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance prévues à l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Corse-du-Sud de lui restituer son titre de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir en lui délivrant durant cet examen une autorisation provisoire de séjour, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant retrait de son titre de séjour :

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que n'ayant disposé d'aucun délai raisonnable pour s'expliquer et présenter des observations écrites, la décision ayant été prise dans les heures qui ont suivi son audition, il n'a pas été mis à même de présenter des observations dans les conditions prévues par les articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ainsi que le prévoit l'article L. 432-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les règles que l'administration s'est fixées par voie de circulaire ;

- cette décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée pour procéder au retrait de ce titre de séjour.

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- cette décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant retrait de son titre de séjour.

S'agissant du refus d'accorder un délai de départ volontaire :

- cette décision est insuffisamment motivée en droit et en fait ;

- elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

S'agissant de la décision fixant le pays de destination :

-elle est illégale par voie d'exception de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

La requête a été communiquée au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud et au préfet de la Haute-Corse qui n'ont pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les requêtes présentées sur le fondement du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 11 décembre 2024 à 9 heures 30 en présence de Mme Nicaise greffière d'audience, Mme B, a lu son rapport.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant marocain, s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " pour la période allant du 14 octobre 2022 au 13 octobre 2025. A la suite d'un contrôle effectué le 20 novembre 2024, il a fait l'objet d'un placement en retenue pour vérification de son droit au séjour. Le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a pris, le 20 novembre 2024, un arrêté portant retrait de son titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Haute-Corse l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Corse pour une durée de quarante-cinq jours. M. C demande au tribunal d'annuler le premier arrêté et d'ordonner qu'il soit mis fin aux mesures de surveillance.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article L. 421-34 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce un emploi à caractère saisonnier, tel que défini au 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, et qui s'engage à maintenir sa résidence habituelle hors de France, se voit délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " d'une durée maximale de trois ans. / Cette carte peut être délivrée dès la première admission au séjour de l'étranger. / Elle autorise l'exercice d'une activité professionnelle et donne à son titulaire le droit de séjourner et de travailler en France pendant la ou les périodes qu'elle fixe et qui ne peuvent dépasser une durée cumulée de six mois par an. / La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. ". Et aux termes de l'article L. 432-5 du même code : " Si l'étranger cesse de remplir l'une des conditions exigées pour la délivrance de la carte de séjour dont il est titulaire, fait obstacle aux contrôles ou ne défère pas aux convocations, la carte de séjour peut lui être retirée par une décision motivée. La décision de retrait ne peut intervenir qu'après que l'intéressé a été mis à même de présenter ses observations dans les conditions prévues aux articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration. / N'est pas regardé comme ayant cessé de remplir la condition d'activité prévue aux articles L. 421-1, L. 421-9, L. 421-11 et L. 421-14 à L. 421-21 l'étranger involontairement privé d'emploi au sens de ces mêmes articles. ".

3. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". Aux termes de l'article L. 122-1 de ce code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. / L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. ".

4. Il résulte de la combinaison des dispositions qui viennent d'être citées que la décision par laquelle le préfet de la Corse-du-Sud retire une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " doit être précédée de la procédure contradictoire prévue par les dispositions du code des relations entre le public et l'administration, qui constitue une garantie pour l'intéressé et implique qu'ils soit averti de la mesure que l'administration envisage de prendre, des motifs sur lesquelles elle se fonde, et qu'il bénéficie d'un délai suffisant pour présenter ses observations.

5. Il ressort des pièces du dossier que lors de son audition par la police de l'air et des frontières, M. C a été informé du retrait de son titre de séjour et invité à formuler toutes observations relatives à sa situation. Cependant, il n'apparaît pas que le motif précis de la décision envisagée ait été porté à sa connaissance. En toutes hypothèses, à supposer que le requérant ait été informé de ce motif, la procédure contradictoire ayant été ouverte le 20 novembre à 8h20 et l'arrêté en litige ayant été notifié au requérant le même jour à 15 heures, ce dernier n'a pas bénéficié d'un délai suffisant pour présenter ses observations. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir qu'il a effectivement été privé de la garantie que constitue le respect de la procédure contradictoire prévue par les dispositions citées ci-dessus de sorte que la décision de retrait en litige a été prise au terme d'une procédure irrégulière.

6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen de la requête, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 novembre 2024 par laquelle le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a retiré la carte de séjour pluriannuelle portant la mention " travailleur saisonnier " qui lui avait été délivrée. Dès lors, l'intéressé est fondé à exciper de l'illégalité de cette décision et à demander l'annulation des décisions du même jour par lesquelles le préfet de la Corse-du Sud a pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français sans délai et fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. () ". Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".

8. L'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à l'encontre de M. C implique nécessairement, en application des dispositions précitées, que le préfet de la Corse-du-Sud statue à nouveau sur le cas de l'intéressé et lui délivre dans cette attente une autorisation provisoire de séjour. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, de procéder au réexamen de la situation de ce dernier dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour. Par ailleurs, le préfet de la Haute-Corse est tenu en application des dispositions rappelées ci-dessus, de mettre immédiatement fin à l'assignation à résidence de M. C. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir ces injonctions de l'astreinte demandée.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 20 novembre 2024 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a retiré le titre de séjour portant mention " travailleur saisonnier " de M. C, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination du Maroc et a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire ainsi que l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Haute-Corse l'a assigné à résidence dans le département de la Haute-Corse pour une durée de quarante-cinq jours sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud de statuer à nouveau sur le cas de M. C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Corse de mettre immédiatement fin à l'assignation à résidence de M. C.

Article 4 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de la Corse-du-Sud et au préfet de la Haute-Corse.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 décembre 2024.

La magistrate désignée,

Signé

N. BLa greffière,

Signé

H. NICAISE

La République mande et ordonne au préfet de la Corse-du-Sud et au préfet de la Haute-Corse en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Signé

H. NICAISE

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions