LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA20-2500047

Tribunal Administratif de Bastia — Décision N° TA20-2500047

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Bastia
SectionTribunal Administratif de Bastia
N° DossierTA20-2500047
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS PIERRE-PAUL MUSCATELLI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 et 28 janvier 2025, Mme A B, représentée par Me Rémande, demande au juge des référés :

1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le président de l'université de Corse a refusé de prolonger son contrat doctoral, pour une durée d'un an, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux en date du 6 novembre 2024, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de ces décisions ;

2°) de mettre à la charge de l'Université de Corse la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision refusant de lui accorder une prolongation de son contrat doctoral et par là même son financement, porte une atteinte grave et immédiate à sa situation personnelle et professionnelle ; en effet, de par sa nature, le contrat doctoral de droit public lui confère un statut hybride dès lors qu'elle est étudiante au sein de l'Université mais qu'elle en est également salariée ; l'interruption du versement de sa rémunération liée au contrat doctoral constituait sa principale source de revenus et elle ne bénéficie plus aujourd'hui que de l'allocation pour adulte handicapé d'un montant mensuel de 215,88 euros, de l'allocation logement d'un montant mensuel de 191 euros alors qu'elle doit faire face à des charges courantes de la vie quotidienne telles que le paiement de son loyer à hauteur de 500 euros mensuels, des dépenses d'électricité et d'eau, ainsi que toutes les autres dépenses courantes auxquelles chacun est confronté et dont elle justifie ; ainsi, si elle est effectivement inscrite en quatrième année de thèse, elle ne pourra, eu égard à sa situation de handicap (reconnu à hauteur de 80 %), la poursuivre dans des conditions favorables et ses perspectives d'intégration dans le marché du travail en sont complexifiées ; enfin, elle avait envisagé son avenir professionnel au sein de l'Université de Corse en qualité d'enseignante ;

- en l'état de l'instruction, est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées, le moyen tiré de ce qu'en refusant de prolonger son contrat doctoral au motif tiré de ce que " l'enveloppe affectée par la Collectivité de Corse permettant de financier plusieurs contrats doctoraux () cette enveloppe est fixe et ne peut être abondée ", le président de l'Université de Corse a méconnu les dispositions combinées des articles L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, D. 412-2, D. 412-8 et suivants du code de la recherche et L. 5212-3 du code du travail ainsi que celles de l'article 14 de l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 janvier 2025, l'Université de Corse, représentée par Me Muscatelli, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Elle fait valoir que :

- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors d'une part, que Mme B ayant perçu une rémunération durant la durée de son contrat doctoral, elle percevra les allocations de retour à l'emploi au cours des dix mois durant lesquels elle ne bénéficiera pas de financement et d'autre part, qu'elle ne fournit aucun élément quant à sa situation financière ; en outre, sa situation professionnelle n'est pas mise en péril dès lors qu'elle est inscrite en quatrième année de thèse et son absence de rémunération durant les huit prochains mois est sans incidence à cet égard ; enfin, l'intéressée est taisante sur son projet professionnel, alors qu'il apparaît qu'elle n'exerce aucune fonction d'enseignement ;

- l'administration n'est pas en situation de compétence liée pour accorder une prolongation du contrat doctoral ;

- la demande de prolongation en cause relative à une année supplémentaire de contrat doctoral implique que soient appliquées les dispositions du premier alinéa de l'article D. 412-8 du code de la recherche et, l'invocation d'une situation de handicap, qui ne permet que de solliciter une troisième année supplémentaire au lieu de deux, est donc inopérante dans le cadre du présent litige qui a trait à une première demande de prolongation du contrat doctoral.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 13 janvier 2025.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 13 janvier 2025 sous le n° 2500048 par laquelle Mme B demande l'annulation des décisions attaquées.

Vu :

- le code de la recherche ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code du travail ;

- l'arrêté du 25 mai 2016 fixant le cadre national de la formation et les modalités conduisant à la délivrance du diplôme national de doctorat ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Nicaise, greffière d'audience :

- le rapport de Mme Baux.

- les observations de Me Remande, représentant Mme B, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens et qui fait état de ce que la requérante ne pourra pas solliciter l'allocation d'aide au retour à l'emploi car elle est dans l'impossibilité, du fait de sa situation de handicap, de rechercher un emploi ;

- les observations de Me Giansily substituant Me Muscatelli, représentant l'Université de Corse, qui persiste dans ses conclusions et qui précise que le motif de rejet de la demande de Mme B est strictement budgétaire, que la poursuite de sa thèse n'est pas entravée par l'absence de prolongation de son contrat doctoral et que les dispositions du code de la recherche invoquées par la requérante ont pour seul objet de permettre une prolongation supplémentaire pour les personnes en situation de handicap, alors que Mme B ne sollicite qu'une première prolongation.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Doctorante au sein de l'Université de Corse, Mme B disposait d'un contrat doctoral en date du 1er septembre 2021 et courant jusqu'au mois d'août 2024. A l'issue de sa troisième année de doctorat, l'intéressée en a sollicité la prolongation pour une durée d'un an. Toutefois, par un courriel en date du 4 juillet 2024, les services administratifs de l'Ecole doctorale ne lui ont accordé qu'une prolongation de deux mois. Par un recours gracieux en date du 23 octobre suivant, Mme B a demandé à l'administration de réexaminer sa demande. Par une décision en date du 6 novembre 2024, l'Université de Corse a confirmé sa décision de refus. Par la présente requête, l'intéressée doit être regardée comme demandant au tribunal de suspendre l'exécution du courriel du 4 juillet 2024 des services administratifs de l'Ecole doctorale en tant qu'il ne lui a été accordé qu'une prolongation de deux mois de son contrat doctoral et de la décision du 6 novembre 2024 de rejet de son recours gracieux.

3. Aux termes de l'article D. 412-2 du code de la recherche : " L'autorité chargée de la direction de l'établissement public recrute le doctorant contractuel par contrat d'une durée de trois ans, sur proposition du directeur de l'école doctorale, après avis du directeur de thèse et du directeur de l'unité ou de l'équipe de recherche concernée. Le contrat doctoral de droit public est écrit. Il précise sa date d'effet, son échéance et les activités confiées à l'intéressé parmi celles prévues à l'article D. 412-3. La nature et la durée de ces activités peuvent être modifiées chaque année par avenant, après avis du directeur de l'école doctorale et du directeur de thèse.

Le contrat doctoral prend effet dans l'année qui suit la première inscription en doctorat, sauf dérogation accordée par le conseil académique ou, dans les établissements non dotés d'un conseil académique, par le conseil scientifique de l'établissement employeur ou par l'organe en tenant lieu, siégeant en formation restreinte aux enseignants-chercheurs et personnels assimilés.

Le contrat doctoral de droit public peut comporter une période d'essai d'une durée de deux mois. Durant cette période, le contrat peut être rompu par l'une ou l'autre des parties, sans indemnité ni préavis, par lettre recommandée avec accusé de réception. Si l'inscription en doctorat n'est pas renouvelée, il est mis fin de plein droit au contrat doctoral. Lorsque l'établissement refuse de renouveler le contrat, la rupture contractuelle s'effectue dans les conditions fixées par le chapitre II du titre XI et par le titre XII du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de l'Etat. ". Selon les termes de l'article D. 412-8 du même code : " Le contrat doctoral peut être prolongé par avenant deux fois pour une durée maximale d'un an chacune, sur demande motivée présentée par le doctorant. Lorsque l'intéressé relève des 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° ou 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, le contrat peut être prolongé d'un an supplémentaire. La prolongation est accordée par l'autorité chargée de la direction de l'établissement sur proposition du directeur de l'école doctorale, après avis du directeur de thèse et du directeur de l'unité ou équipe de recherche concernée. ". Aux termes de l'article L. 5212-13 du code du travail : " Bénéficient de l'obligation d'emploi instituée par l'article L. 5212-2 :/ 1° Les travailleurs reconnus handicapés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles ; / (). ". Enfin aux termes de l'article 14 de l'arrêté du 25 mai 2016 susvisé : " La préparation du doctorat, au sein de l'école doctorale, s'effectue en règle générale en trois ans en équivalent temps plein consacré à la recherche. Dans les autres cas, la durée de préparation du doctorat peut être au plus de six ans. / La durée de la formation doctorale du doctorant en situation de handicap peut être prolongée par le chef d'établissement sur demande motivée du doctorant. / (). / Des prolongations annuelles peuvent être accordées à titre dérogatoire par le chef d'établissement, sur proposition du directeur de thèse et après avis du comité de suivi et du directeur d'école doctorale, sur demande motivée du doctorant. La liste des bénéficiaires de ces dérogations est présentée chaque année au conseil de l'école doctorale et transmise à la commission de la recherche du conseil académique ou à l'instance qui en tient lieu dans les établissements concernés. / (). ".

4. Les moyens invoqués par Mme B à l'appui de sa demande de suspension ne paraissent pas, en l'état de l'instruction, propres à créer un doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.

5. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, il y a lieu de rejeter la présente requête en ce comprises ses conclusions à fin de suspension et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de l'Université de Corse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à l'Université de Corse.

Fait à Bastia, le 29 janvier 2025.

La juge des référés,

Signé

A. Baux

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Une greffière,

R. Alfonsi

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions