jeudi 22 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Bastia |
| Section | Tribunal Administratif de Bastia |
| N° Dossier | TA20-2500711 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Référés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2025, Mme A C épouse B, représentée par Me Solinski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 novembre 2023 par lequel le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et l'a assignée à résidence, dans le département de la Corse-du-Sud, durant quarante-cinq jours ;
2°) d'enjoindre au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 75 euros par jour de retard :
- à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, la décision en litige ne lui ayant jamais été notifiée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle ne lui a jamais été notifiée ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 423-18 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est dès lors entachée d'une erreur de droit ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que la rupture de la vie conjugale est intervenue suite aux violences conjugales subies du fait de son époux ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision l'assignant à résidence est illégale dès lors que la décision portant obligation de quitter le territoire français l'est.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2025, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive et dès lors irrecevable ; en effet, l'arrêté contesté lui a été envoyé en recommandé avec accusé de réception, à l'adresse qu'elle a fournie par mail en date du 5 décembre 2023 ; le pli est revenu, le 12 décembre suivant, avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse " ; ainsi la circonstance que le pli n'ayant pas été retiré étant sans incidence sur la régularité de cette notification, celle-ci a produit ses effets et a fait courir le délai de recours contentieux ;
- en tout état de cause, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme C épouse B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 5 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date des décisions attaquées ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique en présence de Mme Hernandez Batista, greffière d'audience, Mme Baux a lu son rapport.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C épouse B, ressortissante marocaine, née le 31 mars 1974, est entrée sur le territoire national, pour la première fois, le 4 avril 2019, munie d'un visa d'une durée de 90 jours. L'intéressée rentrera au Maroc puis reviendra en France, le 12 mars 2020, munie d'un visa de long séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français, valide du 5 mars 2020 au 5 mars 2021. Le 25 février 2021, après plusieurs plaintes déposées, le juge aux affaires familiales délivre à Mme. B, une ordonnance de protection contre son époux. Le divorce entre les époux sera prononcé le 6 février 2023 avec effet du jugement dans les rapports entre les époux, à la date du 5 janvier 2021. Aussi, le 3 février 2023, l'intéressée revient en France munie d'un visa de court séjour valide 90 jours. Le 28 avril 2023, la requérante a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en qualité de conjointe d'un ressortissant français. Par un arrêté du 6 novembre 2023, dont l'intéressée demande au tribunal de prononcer l'annulation, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai d'un mois, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et l'a assignée à résidence, dans le département de la Corse du Sud, pour une durée de 45 jours.
2. Selon les termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. Le tribunal administratif statue dans un délai de trois mois à compter de sa saisine. ".
3. Aux termes de l'article R. 776-2 du code de justice administrative en vigueur à la date de l'arrêté contesté : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément () ".
4. Par l'arrêté attaqué du 6 novembre 2023, fondé sur les dispositions de l'article L. 611-1, 3° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui comporte la mention régulière des voies et délais de recours à la suite du dispositif, le préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud a refusé de délivrer à Mme C épouse B, un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et l'a assignée à résidence, dans le département de la Corse-du-Sud, durant quarante-cinq jours. Ainsi qu'il ressort des pièces produites par le préfet en défense, l'arrêté a été présenté, le 6 décembre 2023, à l'adresse qu'elle avait communiquée à l'administration, suite à sa demande, par courriel du 5 décembre 2023. Si le pli recommandé a été retourné au service expéditeur, le 15 décembre suivant, en mentionnant que le destinataire était inconnu à l'adresse indiquée, cet élément ne fait pas obstacle à ce que le délai de recours prévu par les dispositions précitées commence à courir à compter de la date de sa présentation. Ainsi, il résulte de ce qui précède que la requête enregistrée au greffe du tribunal, le 6 mai 2025 est tardive et dès lors irrecevable. Il y a lieu de la rejeter en ce comprises ses conclusions à fin d'injonction, et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
5. Par ailleurs, aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 : " Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : / () / 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable ; () ". Aux termes de l'article 51 de la même loi : " Le retrait de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat peut intervenir jusqu'à quatre ans après la fin de l'instance ou de la mesure. Il peut être demandé par tout intéressé. Il peut également intervenir d'office. / Le retrait est prononcé : / () / 2° Par la juridiction saisie dans le cas mentionné au 4° du même article 50. ".
6. Il résulte de ce qui a été dit précédemment que la procédure engagée par Mme C épouse B, bénéficiant de l'aide juridictionnelle, est manifestement irrecevable. Par suite, il y a lieu de retirer l'aide juridictionnelle accordée à Mme C épouse B par la décision précédemment visée du 5 mai 2025.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle est retiré à Mme C épouse B.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B et au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud.
Copie en sera adressée au bâtonnier de l'ordre des avocats du barreau de Bastia et au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Bastia.
Fait à Bastia, le 22 mai 2025.
La présidente du tribunal,
Signé
A. Baux
La République mande et ordonne au préfet de Corse, préfet de la Corse-du-Sud en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026