mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 mars 2021, M. A D doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 mars 2021 par lequel la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 14 juillet 2020.
Il soutient que :
- l'accident de service doit être reconnu ; l'annonce le 18 juillet 2020 par sa hiérarchie de l'enquête ouverte à son encontre a entraîné un choc post-traumatique qui a été amplifié lors de son passage devant le procureur de la République ; il a été hospitalisé pour épuisement professionnel ; il ne souffrait précédemment d'aucun symptôme d'anxiété ; il suit toujours un traitement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 septembre 2021, la préfète de la zone de défense et de sécurité Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant ne demande l'annulation d'aucune décision ;
- les conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal sont irrecevables ;
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte pas de moyens de droit ;
- l'accident est la conséquence du comportement violent de M. D, lequel constitue une faute personnelle exclusive de la qualification d'accident de service.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C B,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions à fin d'annulation :
1. Un accident survenu sur le lieu et dans le temps du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par un fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal présente, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant cet événement du service, le caractère d'un accident de service.
2. M. D, gardien de la paix affecté au sein du commissariat de police d'Auxerre, fait valoir que le syndrome anxio-dépressif dont il est atteint est imputable à un accident de service survenu le 16 ou le 18 juillet 2020, caractérisé par le choc résultant de l'annonce par son supérieur hiérarchique à son domicile de l'enquête et des poursuites pénales qui étaient diligentées à son encontre. Il a indiqué dans sa déclaration d'accident du 18 juillet 2020 : " Suite à une intervention de police dans les locaux du commissariat d'Auxerre, je fais l'objet de poursuites judiciaires dans le cadre de violences dont je suis accusé. Ma hiérarchie m'a annoncé le jeudi 16 juillet 2020 que le procureur de la République ouvrait une enquête. Depuis cette nouvelle, je suis angoissé et présente un syndrome post-traumatique ". Toutefois, il est constant que cette enquête et ces poursuites pénales faisaient suite à des violences commises par M. D dans la nuit du 14 au 15 juillet 2020, alors qu'il était en service, sur une personne placée en garde à vue, à laquelle il a notamment asséné un coup au visage. M. D a reconnu les faits et été condamné pour ces faits à six mois d'emprisonnement avec sursis mise à l'épreuve pendant deux ans. Ces faits de violence constituent en l'espèce, compte tenu des fonctions de M. D et de leur gravité, une faute personnelle de nature à détacher l'accident du 18 juillet 2020 du service. M. D n'établit en outre pas, par les seuls éléments qu'il produit, que les violences qu'il a commises pourraient résulter des conditions de travail auxquelles il a été soumis. Par suite, M. D n'est pas fondé à soutenir que la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a commis une erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu en juillet 2020.
3. En outre, au surplus, s'il ressort du rapport médical du médecin de prévention que le syndrome anxio-dépressif de M. D pourrait résulter également d'un épuisement professionnel présent dès 2019, cette circonstance ne constitue pas un accident de service, c'est-à-dire un événement survenu à une date certaine.
4. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, la requête de M. D doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au ministre de l'intérieur.
Copie sera adressée au préfet de la zone de défense et de sécurité Est.
Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Philippe Nicolet, président,
M. Irénée Hugez, premier conseiller,
Mme Pauline Hascoët, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
P. B
Le président,
P. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
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