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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100759

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100759

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100759
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSCP LEJEUNE-THIERRY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 18 mars 2021 et 22 juillet 2021, la société Aluminium France Extrusion (AFE), représentée par la SCP Fromont Briens, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 29 mars 2021 par laquelle le ministre du travail a annulé la décision prise par l'inspecteur du travail le 28 septembre 2020 et retiré la décision implicite de rejet de son recours hiérarchique et refusé d'autoriser le licenciement de M. B ;

2°) d'enjoindre à l'inspecteur du travail de faire droit à sa demande d'autorisation de licencier M. B dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à défaut, de réexaminer sa demande d'autorisation de licencier M. B ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'intervention du jugement du conseil des prudhommes est sans incidence sur l'objet du litige dès lors qu'elle a fait appel de ce jugement devant la cour d'appel de Paris le

19 mai 2021 et qu'elle n'a nullement acquiescé à ce jugement ;

- le ministre ne pouvait, sans entacher sa décision d'une erreur de droit, apprécier les causes de l'inaptitude physique de M. B ;

- en retenant l'existence d'un lien entre le mandat et l'inaptitude de M. B, le ministre, qui n'avait pas connaissance du motif de l'inaptitude de celui-ci, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation ;

- elle n'était pas tenue de procéder au reclassement du salarié dès lors que celui-ci a été reconnu inapte à tous les postes ;

- la décision attaquée a pour effet de contraindre l'employeur à poursuivre le contrat de travail sans limitation de durée alors même que le salarié n'est pas en mesure d'accomplir de prestation de travail puisqu'il a été déclaré inapte à tous les postes ;

- l'inaptitude de M. B n'est pas d'origine professionnelle dès lors que :

- l'avis d'inaptitude rendu par le médecin du travail, le 13 mai 2020, ne contient aucune indication en ce sens ;

- l'intéressé n'a pas contesté cet avis ;

- aucune décision de la caisse primaire d'assurance maladie ne vient corroborer le prétendu caractère professionnel de l'inaptitude de M. B ;

- le salarié n'a engagé aucune procédure tendant à la reconnaissance du caractère professionnel de ses arrêts de travail qui ont donné lieu à son inaptitude physique ;

- l'employeur n'a nullement mis des obstacles à l'exercice, par M. B, de ses fonctions représentatives.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 mai 2021, 8 octobre 2021 et

10 février 2022, M. C B, représenté par la SCP Lejeune-Thierry, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision de l'inspecteur du travail du 28 septembre 2020 et contre la décision implicite de rejet du recours hiérarchique de la société, au rejet du surplus des conclusions de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Aluminium France Extrusion la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de l'inspecteur du travail et le rejet implicite du recours hiérarchique de la société sont devenues sans objet dès lors que le ministre du travail a, par une décision du 29 mars 2021, annulé la décision de l'inspecteur du travail et retiré cette décision implicite ;

- il n'est plus salarié de la société Aluminium France Extrusion dès lors que, par un jugement du 6 avril 2021, le conseil des Prudhommes d'Auxerre a prononcé la résiliation judiciaire de son contrat de travail aux torts de l'employeur avec exécution provisoire ;

- le moyen tiré de ce que l'employeur n'avait pas à procéder à son reclassement est inopérant ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire récapitulatif, enregistré le 28 janvier 2022, la société Aluminium France Extrusion persiste dans ses précédentes écritures.

Elle soutient en outre que les éléments produits par le salarié ne sont pas de nature à établir la cause de son inaptitude professionnelle et encore moins le lien entre la dégradation de son état de santé et une prétendue entrave de la société à l'exercice de ses fonctions représentatives.

Les parties ont été informées par une lettre du 17 janvier 2022 que l'affaire était susceptible, à compter du 4 février, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

La clôture d'instruction a été fixée au 6 septembre 2022 par une ordonnance du même jour.

Par une ordonnance du 31 janvier 2023, l'instruction portant sur les pièces communiquées, en applications de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative les 19 janvier et 30 janvier 2023, a été close le 16 février 2023.

Le ministre du travail a présenté un mémoire en défense, le 9 février 2023, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué aux parties.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Desseix, rapporteure publique,

- et les observations de Me Frangi-Zeringer, représentant la société Aluminium France Extrusion, et de Me Thierry, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, est employé par la société Aluminium France Extrusion (AFE) en qualité de conducteur de chaîne verticale et détient le mandat de membre suppléant au comité social et économique depuis le 20 juin 2019. Dans le cadre d'une visite de reprise consécutive à un arrêt de travail, M. B a été reconnu, par un avis du médecin du travail en date du 13 mai 2020, inapte à tous les postes au sein de l'entreprise avec impossibilité de reclassement. Le

28 juillet 2020, la société AFE a saisi l'inspecteur du travail d'une demande d'autorisation de licencier M. B pour inaptitude physique. Par une décision du 28 septembre 2020, l'inspecteur du travail a refusé de délivrer cette autorisation. La société AFE a saisi le ministre du travail d'un recours hiérarchique qui a été implicitement rejeté. Puis, par une décision expresse du 29 mars 2021, le ministre du travail a annulé la décision de l'inspecteur du travail en date du 28 septembre 2020, retiré la décision implicite de rejet du recours hiérarchique présenté par la société et refusé d'autoriser le licenciement de M. B.

Sur l'objet du litige :

2. D'une part, M. B soutient en défense que les conclusions présentées par la société Aluminium France Extrusion tendant à l'annulation de la décision du 28 septembre 2020 de l'inspecteur du travail et la décision implicite de rejet du recours hiérarchique sont devenues sans objet dès lors que, le 29 mars 2021, le ministre du travail a annulé la décision de l'inspecteur du travail et retiré sa décision implicite rejetant le recours hiérarchique de la société. Toutefois, dans le dernier état de ses écritures, la société requérante demande uniquement l'annulation de la décision prise par le ministre du travail, le 29 mars 2021, et a ainsi entendu renoncer à ses conclusions dirigées contre les deux décisions visées par sa requête introductive d'instance. Les conclusions présentées par M. B tendant à ce que le tribunal constate le non-lieu à statuer sur ces conclusions doivent être rejetées.

3. D'autre part, si M. B soutient que, par un jugement du 6 avril 2021, le conseil des prud'hommes d'Auxerre a prononcé la résiliation de son contrat de travail, ce jugement est postérieur à la décision attaquée du ministre du travail. Dès lors, à la date de la décision attaquée, le contrat de travail de M. B n'était pas résilié de sorte que le ministre était compétent pour statuer sur la demande d'autorisation de licenciement présentée par la société AFE. Le litige soumis au tribunal n'a pas perdu son objet.

Sur la légalité de la décision du 29 mars 2021 par laquelle le ministre du travail a refusé d'autoriser le licenciement de M. B :

4. En vertu du code du travail, les salariés protégés bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement de l'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'inaptitude physique, il appartient à l'inspecteur du travail, et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge, si cette inaptitude est telle qu'elle justifie le licenciement envisagé, compte tenu des caractéristiques de l'emploi exercé à la date à laquelle elle est constatée, de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé, des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi, et de la possibilité d'assurer son reclassement dans l'entreprise.

5. Si l'autorité administrative doit ainsi vérifier que l'inaptitude du salarié est réelle et justifie son licenciement, il ne lui appartient pas, dans l'exercice de ce contrôle, de rechercher la cause de cette inaptitude. Il en va ainsi, y compris s'il est soutenu que l'inaptitude résulte d'une dégradation de l'état de santé du salarié protégé ayant directement pour origine des agissements de l'employeur dont l'effet est la nullité de la rupture du contrat de travail, tels que, notamment, un harcèlement moral ou un comportement discriminatoire lié à l'exercice du mandat.

6. Toutefois, il appartient en toutes circonstances à l'autorité administrative de faire obstacle à un licenciement en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par un salarié ou avec son appartenance syndicale. Ainsi, alors même qu'il résulterait de l'examen conduit dans les conditions rappelées aux points précédents que le salarié est atteint d'une inaptitude susceptible de justifier son licenciement, la circonstance que le licenciement envisagé est également en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale fait légalement obstacle à ce que l'administration accorde l'autorisation sollicitée.

7. En premier lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, le ministre du travail n'a pas, par la décision attaquée du 29 mars 2021, recherché la cause de l'inaptitude de M. B mais s'est borné à apprécier si, dans les circonstances de l'espèce, le licenciement envisagé était également en rapport avec les fonctions représentatives exercées par l'intéressé. Le moyen tiré de ce que le ministre aurait commis une erreur de droit doit être écarté.

8. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B exerçait les mandats de membres du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, membre suppléant du comité d'entreprise et délégué du personnel jusqu'en juillet 2019 et a été élu, le 20 juin 2019, en qualité de membre suppléant au comité social et économique. Le salarié a été placé à compter du mois de février 2019 en arrêt de travail et, par un avis du 13 mai 2020, le médecin du travail a déclaré M. B inapte totalement et définitivement à l'exercice de toutes fonctions au sein de l'entreprise. Par la décision attaquée, le ministre du travail a refusé d'autoriser le licenciement pour inaptitude de M. B au motif que ce licenciement était également en lien avec le mandat exercé par l'intéressé.

9. D'une part, contrairement à ce que soutient la société Aluminium France Extrusion, la circonstance que le ministre du travail n'avait pas connaissance du motif médical ayant conduit le médecin du travail à constater l'inaptitude du salarié ne faisait pas obstacle à ce qu'il apprécie l'existence d'un lien entre le licenciement envisagé et le mandat de l'intéressé. Par ailleurs, la circonstance que l'inaptitude de M. B n'ait pas été reconnue comme étant d'origine professionnelle est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

10. D'autre part, ainsi que l'a relevé le ministre du travail dans la décision du

29 mars 2021, il ressort des pièces du dossier que M. B était particulièrement actif dans l'exercice de ses différents mandats. L'intéressé, délégué syndical entre 2013 et 2016, a été élu, le 8 juillet 2016, délégué du personnel et membre du comité d'entreprise, puis le 24 janvier 2017 en qualité de représentant et secrétaire du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail et enfin, le 20 juin 2019, en qualité de membre suppléant au comité social et économique. Il a, dans l'exercice de ses mandats, dénoncé, par un courrier du 21 janvier 2015 adressé à la direction de la société AFE, la remise en cause d'acquis professionnels. Il a également, par un courrier du 22 février 2018, dénoncé la recrudescence des arrêts de travail des superviseurs d'atelier et la dégradation des conditions de travail. La réponse apportée à ce courrier par la société AFE portait essentiellement sur les conditions dans lesquels M. B exerçait ses fonctions de secrétaire du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail. M. B a fait l'objet, le 2 février 2015, d'une double sanction disciplinaire pour avoir tenu des propos déplacés à l'égard de son superviseur. Si cette sanction a été prononcée pour des faits sans rapport avec le courrier du 21 janvier 2015, la concomitance de celle-ci avec l'envoi de ce courrier ainsi que la nature des faits à l'origine de cette sanction laissent supposer l'existence d'un lien entre la sanction et la revendication portée par M. B auprès de la direction le 21 janvier 2015. L'intéressé a également fait l'objet d'une mise à pieds disciplinaire de trois jours, le 7 septembre 2018, pour avoir adressé à la direction, le 27 juillet 2018, un courrier dans lequel il évoquait l'adaptation de son poste de travail et la situation de certains salariés en mentionnant certaines informations d'ordre médical les concernant. Par cette sanction la société reprochait au salarié d'avoir partagé des informations confidentielles qu'il avait obtenues en sa qualité de membre du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail et visait ainsi le salarié en cette qualité. Cette sanction a, postérieurement à la décision attaquée, été annulée par un jugement du 6 avril 2021 du conseil des prud'hommes d'Auxerre.

11. Il ressort également des pièces du dossier que M. B rencontrait des difficultés relationnelles avec la direction de la société AFE et notamment avec M. A, directeur des ressources humaines. La société avait engagé, au cours de l'année 2018, une enquête interne, confiée à une commission, dans le cadre de laquelle plusieurs salariés ont été auditionnés. La société a ensuite saisi, le 27 février 2019, l'inspecteur du travail d'un demande d'autorisation de licencier M. B pour motif disciplinaire. Par une décision du 5 novembre 2019, le ministre du travail a opposé un refus en estimant que la mesure de licenciement envisagée était en lien avec les fonctions représentatives de l'intéressé. Par un jugement n° 1903518 du 1er juin 2021, non définitif car frappé d'appel, le tribunal de céans a confirmé cette décision. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de cette procédure de licenciement, la société AFE reprochait notamment à M. B son comportement à l'égard de deux salariés alors qu'il avait agi en sa qualité de membre du comité d'hygiène de sécurité et des conditions de travail. En effet, il était reproché au salarié d'être intervenu de manière virulente auprès d'une salariée intérimaire alors que celle-ci se trouvait dans une situation de danger en raison du non-respect, par celle-ci, des règles de sécurité. Ainsi que l'a relevé le ministre, cette salariée n'a fait l'objet d'aucune sanction ni rappel à l'ordre et M. B s'est vu reprocher d'être intervenu alors que cette intervention paraissait justifiée. Par ailleurs, au cours de cette procédure, l'employeur reprochait également à M. B d'avoir signalé à la direction l'inadéquation du poste de travail d'une autre salariée avec les restrictions médicales auxquelles elle était soumise. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'une salariée a déclaré au cours de son audition par la commission d'enquête que le directeur des ressources humaines lui a indiqué qu'elle serait embauchée si elle acceptait d'établir une attestation dans le cadre de la procédure initiée contre M. B. Contrairement à ce que soutient la société requérante, la circonstance que cette salariée ait également indiqué ne pas avoir été " forcée " d'établir une telle attestation n'est pas de nature à contredire l'existence d'une pression exercée à son égard par le directeur des ressources humaines. Par ailleurs, les difficultés relationnelles que M. B rencontrait avec ce directeur sont également révélées par le compte rendu de l'entretien réalisé préalablement au prononcé de la mise à pied du 7 septembre 2018 duquel il ressort qu'au cours de cet entretien, le directeur des ressources humaines a tenu à l'égard de M. B, et en présence d'un autre salarié, des propos vexatoires tels que " le problème c'est vous, vous n'avez jamais rien fait pour la société, vous ne pensez qu'à vous " et " personne ne veut de vous, vous emmerdez tout le monde ". Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B a été placé en arrêt de maladie à compter du 15 février 2019 et que cet arrêt a été renouvelé jusqu'à la constatation, le 13 mai 2020, de son inaptitude totale et définitive à tous les postes. Ainsi, au regard de l'ensemble de ces circonstances, en considérant que la demande d'autorisation de licenciement de M. B était en lien avec les fonctions représentatives de l'intéressé, le ministre n'a commis aucune erreur d'appréciation.

12. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée aurait pour effet de contraindre l'employeur à maintenir le contrat de travail de M. B alors que celui-ci est inapte à tous les postes et ne peut donc travailler est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.

13. Il résulte de tout ce qui précède que la société Aluminium France Extrusion n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 29 mars 2021 de la ministre du travail. Les conclusions à fin d'injonction présentées par la société doivent, par voie de conséquence, être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, quelque somme que ce soit au titre des frais exposés par la société Aluminium France Extrusion et non compris dans les dépens.

15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Aluminium France Extrusion le versement à M. B de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par celui-ci et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Aluminium France Extrusion est rejetée.

Article 2 : La société Aluminium France Extrusion versera à M. B la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Aluminium France Extrusion, à

M. C B et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

Le rapporteur,

N. D

Le président,

Ph. NICOLET La greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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