mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2100867 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SCP LEPINE-CHATAIGNIER |
Vu la procédure suivante : Par une requête et deux mémoires enregistrés les 30 mars, 26 juillet et 2 août 2021, Mme C D, représentée par la société civile professionnelle Lépine, Chataignier, demande au tribunal : 1°) d'annuler l'arrêté D2021-DRH n° 613 du 13 janvier 2021 par lequel le président du conseil départemental de la Nièvre a refusé de reconnaître imputable au service l'accident survenu le 29 juillet 2020 ; 2°) d'enjoindre au département de la Nièvre de reconnaître imputable au service cet accident ; 3°) de mettre à la charge du département de la Nièvre la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ; - il est entaché d'une erreur d'appréciation, dès lors que l'entretien du 29 juillet 2020, eu égard à la manière dont il a été mené, a constitué un choc, que ses interlocuteurs l'ont considérée comme présumée coupable des faits en cause, qu'aucun accompagnement psychologique ne lui a été proposé, qu'elle ne connaissait ni les auteurs des signalements ou témoignages, ni les suites que le département leur donnerait, que cet entretien l'a placée dans une extrême souffrance qui a donné lieu à un arrêt de travail en raison d'un syndrome dépressif réactionnel et que la manière dont a été gérée l'enquête ultérieure n'a fait qu'accroître son angoisse. Par un mémoire en défense enregistré le 14 juin 2021, le département de la Nièvre, représenté par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Earth Avocats, conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 18 janvier 2022 que l'affaire était susceptible, à compter du 7 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 9 février 2022 par ordonnance du même jour. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code des relations entre le public et l'administration ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. B A, - et les conclusions de Mme Mélody Desseix, rapporteure publique. Considérant ce qui suit : 1. Mme C D, agent du département de la Nièvre exerçant depuis octobre 2018 les fonctions d'éducatrice spécialisée en charge des mineurs non accompagnés sur le site Chaméane à Nevers, a été convoquée à un entretien qui s'est déroulé le 29 juillet 2020 en présence de trois cadres de la collectivité, au cours duquel ont été portés à sa connaissance des témoignages lui imputant des relations inappropriées, privilégiées ou intimes avec un mineur pris en charge par le service. A la suite de cet entretien, le jour même, Mme D a transmis à sa hiérarchie un formulaire d'accident de service renseigné par son médecin traitant, faisant état d'un " syndrome dépressif réactionnel à une situation extraordinaire rencontrée au travail et déstabilisante ". Au cours de sa séance du 19 novembre 2020, la commission de réforme a émis un avis favorable à l'imputabilité au service de l'accident du 29 juillet 2020. Par un arrêté en date du 13 janvier 2021, le président du conseil départemental de la Nièvre a toutefois refusé de reconnaître ce lien d'imputabilité puis, le 29 janvier 2021, a rejeté le recours gracieux de l'intéressée. Mme D demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 13 janvier 2021. Sur les conclusions à fin d'annulation : 2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". La décision refusant de reconnaître l'imputabilité au service d'un accident déclaré par un agent doit être regardée comme " refusant un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ", au sens du 6° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, et est ainsi au nombre de celles qui doivent être motivées. 3. En l'espèce, la décision attaquée est motivée en droit par le visa de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux et en fait par la déclaration d'accident de service du 7 septembre 2020 de l'intéressée, les certificats médicaux produits, les avis de la commission de réforme et la circonstance selon laquelle la réunion du 29 juillet 2020 ne peut être considérée comme une action soudaine et violente d'un événement extérieur ayant pu causer un accident de service. Cette motivation satisfait aux exigences des dispositions précitées. 4. En second lieu, aux termes de l'article 57 de la loi susvisée du 26 janvier 1984, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". 5. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif (). / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ". 6. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien entre un agent et son supérieur hiérarchique ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent. 7. En l'espèce, Mme D a été convoquée par lettre du directeur général des services du département de la Nièvre, envoyée en recommandé, à un entretien portant sur " des faits concordants et d'une particulière gravité s'ils sont avérés " et récemment portés à la connaissance de cette autorité. Elle a obtenu que la date de cet entretien soit avancée au 29 juillet 2020 et a été informée de la possibilité de s'y faire accompagner par une personne de son choix. Au cours de l'entretien, qui s'est déroulé en présence de l'adjointe à la directrice générale adjointe des services et de la cheffe du service des parcours personnels, ont été exposées les circonstances selon lesquelles le département avait reçu deux témoignages de mineurs non accompagnés, l'accusant, pour l'un, d'avoir eu une relation intime avec un autre mineur non accompagné et, pour l'autre, d'entretenir une relation privilégiée avec ce même mineur. Il ressort des pièces du dossier que Mme D a été invitée à s'exprimer sur ces faits et sur les suites à donner à ces témoignages. Le jour même, son médecin traitant a renseigné un formulaire d'accident de service mentionnant un " syndrome réactionnel à une situation extraordinaire rencontrée au travail et déstabilisante +++ (pleurs, troubles du sommeil, palpitations, tremblements) " et a prescrit un arrêt de travail initial du 29 juillet 2020 au 13 septembre 2020. Mme D, qui a fondé sa déclaration d'accident de service sur le seul entretien du 29 juillet 2020, soutient que celui-ci a constitué un accident imputable au service. 8. Toutefois, contrairement à ce que soutient Mme D, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que l'entretien litigieux aurait donné lieu, de la part de ses interlocuteurs, à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Si la requérante conteste deux des phrases du compte rendu de cet entretien, produit par le département en défense et établi de façon non contradictoire, cette contestation ne remet en cause ni la durée estimée de l'entrevue, soit une heure et quinze minutes, ni son déroulement d'ensemble, qui a permis à Mme D de s'exprimer longuement sur la nature de sa relation avec le mineur en cause ainsi que sur sa conception de l'accompagnement, qui constitue sa mission, puis de répondre aux questions sur les accusations portées à son encontre, sur les difficultés rencontrées par le passé, ayant donné lieu à des observations de la hiérarchie de l'intéressée ou encore sur la manière d'envisager l'avenir. La gestion ultérieure des suites données aux témoignages à l'origine de l'incident, qui traduisent au demeurant, contrairement à ce que soutient la requérante, la mesure, les précautions et le discernement dont l'autorité départementale a su faire preuve, sont sans incidence sur la qualification ou non d'accident de service réservée à l'entretien tenu le 29 juillet 2020. Par ailleurs, les modalités de la convocation de Mme D, alors que le directeur général des services n'était nullement tenu de mentionner qu'il serait lui-même accompagné et qu'il a en revanche rappelé à l'intéressée qu'elle pouvait être assistée par toute personne de son choix, ne révèlent pas davantage l'existence d'un comportement excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Ni l'absence de proposition d'accompagnement psychologique lors de cet entretien, ni le refus de divulguer l'identité des auteurs des témoignages ne sont, en l'espèce, de nature à remettre en cause cette qualification. Ainsi, quels qu'aient été le choc et la souffrance, au demeurant compréhensibles, subis par Mme D, puis les conséquences sur sa santé des accusations dont elle a fait l'objet, le département de la Nièvre a fait une exacte application des dispositions précitées des articles 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 et 57 de la loi du 26 janvier 1984 en refusant de reconnaître l'entretien du 29 juillet 2020 comme un accident de service. 9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté D2021-DRH n° 613 du 13 janvier 2021, par lequel le président du conseil départemental de la Nièvre a refusé de reconnaître imputable au service l'entretien du 29 juillet 2020. Sur les conclusions à fin d'injonction : 10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées. Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de la Nièvre, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. D E C I D E : Article 1er : La requête de Mme D est rejetée. Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au département de la Nièvre. Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient : M. Zupan, président, Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère, M. Hugez, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023. Le rapporteur, I. A Le président, D. Zupan La greffière, L. Curot La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2100867lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026