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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2100988

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2100988

mardi 28 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2100988
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantBARBEROUSSE NATACHA

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 avril 2021 et 3 février 2022, Mme G E, représentée par Me Barberousse, demande au tribunal : 1°) d'annuler la décision du 8 février 2021 par laquelle le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a décidé de fixer la date de consolidation de sa maladie professionnelle au 20 février 2020, sans séquelles indemnisables " pour la maladie professionnelle 57 B à gauche " au 3 juillet 2019 et " 57 B à droite " au 12 juin 2019 et de ne prévoir aucun soin post-consolidation pour ces deux maladies ; 2°) d'ordonner avant dire droit une expertise afin d'évaluer les séquelles dont elle reste atteinte, et les soins post-consolidation ; 3°) de mettre à la charge du département de Saône-et-Loire la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - alors que, selon l'article L. 434-2 du code de la sécurité sociale, le taux d'incapacité permanente partielle est déterminé d'après la nature de l'infirmité, l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime, ainsi que d'après ses aptitudes et sa qualification professionnelle, compte tenu du barème indicatif figurant à l'annexe I de l'article R. 434-32 de ce code, le docteur C n'a pris en compte aucun autre critère que la nature de l'infirmité, notamment les séquelles musculaires et tendineuses, se limitant à constater la diminution de la mobilité de la flexion-extension du coude ; - le département de Saône-et-Loire ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation, retenir une absence de séquelles indemnisables, alors que tant le docteur F que le docteur D ont retenu un taux d'incapacité permanente partielle non nul ; - la décision attaquée est entachée d'erreur de fait et d'erreur d'appréciation, en refusant la prise en charge de soins post-consolidation. Par un mémoire en défense enregistré le 20 juillet 2021, le département de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête. Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 17 janvier 2022 que l'affaire était susceptible, à compter du 4 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 10 mars 2022 par ordonnance du même jour. Les parties ont été informées le 15 décembre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, de ce que la décision du tribunal est susceptible d'impliquer le prononcé d'office d'injonction tendant à ce que le département de Saône-et-Loire prenne, d'une part, une nouvelle décision admettant la prise en charge des frais et honoraires médicaux directement entraînés, postérieurement à la date de consolidation fixée, par les épicondylites dont souffre Mme E et reconnues imputables au service et, d'autre part, une nouvelle décision fixant le taux d'incapacité permanente partielle de l'intéressée, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et à ce que ce département en rende compte au tribunal, au plus tard à l'expiration de ce délai, en produisant les décisions explicites prises en exécution du présent jugement. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code des pensions civiles et militaires de retraite ; - le code de la sécurité sociale ; - la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ; - la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ; - le décret n° 68-756 du 13 août 1968 ; - le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ; - le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ; - le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. B A, - les conclusions de Mme Mélody Desseix, rapporteure publique, - et les observations de Me Barberousse, représentant Mme E. Considérant ce qui suit : 1. Mme G E, recrutée en 1988 comme agent de l'État, est ensuite devenue fonctionnaire territoriale et était en dernier lieu titulaire du grade d'adjoint technique territorial principal de deuxième classe dans les services du département de Saône-et-Loire, affectée en cette qualité au collège de Paray-le-Monial. A la suite du diagnostic d'une épicondylite bilatérale, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire, suivant l'avis de ce sens de la commission de réforme, a reconnu, par une décision en date du 27 mars 2020, l'imputabilité au service de cette maladie, et a fixé sa consolidation à la date du 23 janvier 2020 et la période de prise en charge des soins au titre de la maladie professionnelle, du 26 décembre 2019 au 30 juin 2020, s'agissant de l'épicondylite gauche, et du 5 novembre 2019 au 23 janvier 2020, s'agissant de l'épicondylite droite. A la suite de l'expertise réalisée le 5 juin 2020, à la demande de la commission de réforme, par le docteur C, cette commission a émis, le 2 septembre 2020, un avis tendant à ce que la date de consolidation des deux maladies soit fixée au 20 février 2020, sans séquelles indemnisables et sans soins post-consolidation. Par une décision du 9 septembre 2020, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a fixé la date de consolidation des deux pathologies au 20 février 2020, sans séquelles indemnisables et sans soins post-consolidation. Par une nouvelle décision, en date du 8 février 2021, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressée le 5 octobre 2020. Mme E demande au tribunal d'annuler cette dernière décision. Eu égard à la portée des moyens soulevés, elle doit être regardée comme demandant au tribunal de ne la censurer qu'en tant qu'elle fixe le taux d'incapacité permanente partielle et refuse la prise en charge des soins post-consolidation. Sur la portée des conclusions : 2. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. 3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'appréhender le recours du 5 octobre 2020 de Mme E comme un recours gracieux dirigé contre la décision du 9 septembre 2020 mentionnée au point 1, de sorte qu'il y a lieu de regarder les conclusions soumises au juge de l'excès de pouvoir et dirigées contre la seule décision du président du conseil départemental de Saône-et-Loire du 8 février 2021 comme étant aussi dirigées contre la décision initiale du 9 septembre 2020, en tant que cette décision fixe le taux d'incapacité permanente partielle de ses pathologies et oppose l'absence de prise en charge des soins post-consolidation. Sur les conclusions à fin d'annulation : 4. Aux termes de l'article 57 de la loi susvisée du 26 janvier 1984, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident, même après la date de radiation des cadres pour mise à la retraite. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de l'accident ou de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. () ". 5. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 : " I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article (). / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif (). / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ". 6. En premier lieu, aux termes de l'article 37-8 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le taux d'incapacité permanente servant de seuil pour l'application du troisième alinéa du même IV est celui prévu à l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale. / Ce taux correspond à l'incapacité que la maladie est susceptible d'entraîner. Il est déterminé par la commission de réforme compte tenu du barème indicatif d'invalidité annexé au décret pris en application du quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. ". Aux termes de l'article 5 du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu du barème indicatif prévu à l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite. ". Selon le quatrième alinéa de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " Le taux d'invalidité est déterminé compte tenu d'un barème indicatif fixé par décret. ". Le barème visé par ces dispositions est celui annexé au décret n° 68-756 du 13 août 1968 modifié, pris en application de l'article L. 28 (3e alinéa) de la loi n° 64-1339 du 26 décembre 1964 portant réforme du code des pensions civiles et militaires de retraite. 7. En vertu du barème annexé au décret n° 68-756 du 13 août 1968 pris pour l'application de l'alinéa précité de l'article L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ce barème est " indicatif " et " comporte, par suite, pour toute lésion ou manifestation pathologique qu'il énumère, sauf en certains cas précis et exceptionnels, un taux minimum et un taux maximum d'invalidité, l'un et l'autre de ces taux déterminant strictement la marge dans laquelle les commissions de réforme compétentes fixent le pourcentage d'invalidité applicable. Toutefois, dans le cas où des lésions présenteraient un caractère particulier, de même que dans celui où il existe des manifestations pathologiques non prévues dans le barème, ce dernier pourra servir de guide pour la fixation du taux d'invalidité. / Il ne devra, cependant, jamais être tenu compte, pour établir le taux d'invalidité applicable, de l'influence de certains facteurs, tels que l'âge du fonctionnaire, la nature de son emploi, la durée de ses services, etc., puisque ces éléments interviennent dans le calcul de la pension à laquelle peut prétendre l'agent. ". 8. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que le taux d'incapacité permanente partielle de Mme E devait être déterminé compte tenu du barème annexé au décret du 13 août 1968, à l'exclusion de tout autre. Ainsi, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir du premier alinéa de l'article L. 434-2 du code de la sécurité sociale, aux termes duquel " Le taux de l'incapacité permanente est déterminé d'après la nature de l'infirmité, l'état général, l'âge, les facultés physiques et mentales de la victime ainsi que d'après ses aptitudes et sa qualification professionnelle, compte tenu d'un barème indicatif d'invalidité ", dès lors que le barème annexé au décret du 13 août 1968 exclut expressément la prise en compte de facteurs au nombre desquels " l'âge du fonctionnaire, la nature de son emploi, la durée de ses services ". Par suite, le moyen tiré du bénéfice des dispositions de l'article L. 434-2 du code de la sécurité sociale doit être écarté. 9. En deuxième lieu, aux termes du paragraphe III.2, intitulé " Rachis " du chapitre XIII, intitulé " appareil locomoteur " du barème annexé au décret du 13 août 1968 : " () - tendinite de la région du coude (épicondylite - épitrochléite) : ces douleurs rebelles sont favorisées par la répétition des gestes. Noter que les douleurs sont quelquefois très vives, mais n'entraînent jamais de raideur. Caractère souvent chronique et persistant : 0 à 8 % () ". Par ailleurs, le chapitre préliminaire de ce barème prévoit, s'agissant des lésions qui " intéressent des organes différents mais associés à la même fonction ", que " les cas sont expressément prévus au barème et il suffit dès lors de s'y référer, sinon ils pourront être facilement résolus en procédant par analogie " et qu'il n'y a pas lieu d'appliquer la règle dite de la validité restante. 10. En l'espèce, il est constant que, pour fixer le taux d'incapacité permanente partielle de Mme E, à la date non contestée de consolidation retenue pour ses pathologies, le département de Saône-et-Loire s'est fondé sur l'avis du 2 septembre 2020 de la commission de réforme départementale, qui s'est lui-même fondé sur l'expertise du 11 juin 2020, réalisée par le docteur C, ayant donné lieu au rapport du 15 juin 2020. Pour déterminer le taux d'incapacité permanente partielle résultant de l'épicondylite bilatérale dont souffre la requérante, l'expert s'est exclusivement fondé sur l'absence de perte de mobilité de l'intéressée, sans tenir compte des douleurs chroniques et persistantes, dont il a néanmoins relevé l'existence. Alors que le docteur F, qui avait réalisé, le 23 janvier 2020, la première expertise demandée par la commission de réforme, contemporaine de la date de consolidation retenue, a également relevé l'existence de points douloureux sur l'épicondyle et, plus généralement, la permanence des douleurs au niveau des coudes, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a fait une inexacte application des dispositions précitées en retenant un taux d'incapacité permanente partielle de 0 % pour les pathologies dont souffre Mme E. 11. En troisième lieu, il résulte du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale qu'en cas de maladie contractée en service, le fonctionnaire a droit au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie et que l'imputation au service de la maladie est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. Il résulte de ces dispositions que doivent être pris en charge au titre de la maladie contractée en service les honoraires médicaux et frais directement entraînés par celle-ci, y compris, le cas échéant, s'ils sont exposés postérieurement à la date de consolidation constatée par l'autorité compétente. 12. En l'espèce, il ressort de l'ensemble des pièces du dossier, tant des certificats médicaux produits que des ordonnances ou des rapports d'expertise des 19 novembre 2020 et 6 janvier 2021 des docteurs F et D, que Mme E a continué de souffrir des épicondylites reconnues imputables au service par décision du 27 mars 2020, et considérées comme consolidées à la date du 20 février 2020, et que des soins, notamment de kinésithérapie, en lien direct avec cette pathologie, étaient nécessaires après cette date. Si, comme l'a noté le docteur C, dans son rapport d'expertise du 15 juin 2020, la prescription de soins de kinésithérapie, par le médecin traitant de Mme E, postérieurement à la date de consolidation, fait état, non des épicondylites mais d'une épitrochléite, aucune autre des pièces médicales produites par l'intéressée ne permet d'établir l'existence d'une telle pathologie, distincte des épicondylites, alors qu'au contraire l'examen d'imagerie du 4 novembre 2020 a montré la persistance de l'épicondylite du coude droit, sans faire le diagnostic d'une épitrochléite ni même faire état de la suspicion d'une telle pathologie. Dès lors, en excluant par principe la prise en charge des honoraires médicaux et frais exposés postérieurement à la date de consolidation, sans prévoir la prise en charge de ceux directement entraînés par les épicondylites reconnues imputables au service, le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a fait une inexacte application des dispositions précitées du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984. 13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner la mesure d'expertise sollicitée, que Mme E est fondée à demander l'annulation des décisions des 9 septembre 2020 et 8 février 2021, par lesquelles le président du conseil départemental de Saône-et-Loire a décidé de fixer la date de consolidation de sa maladie professionnelle au 20 février 2020, sans séquelles indemnisables " pour la maladie professionnelle 57 B à gauche " au 3 juillet 2019 et " 57 B à droite " au 12 juin 2019 et de ne prévoir aucun soin post-consolidation pour ces deux maladies, en tant que ces décisions ont fixé à 0 % le taux de d'incapacité permanente partielle de Mme E et refusé de prendre en charge les frais et honoraires médicaux directement entraînés par les épicondylites reconnues imputables au service, postérieurement à la date de consolidation fixée. Sur les injonctions d'office : 14. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure. ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ". 15. Eu égard aux motifs d'annulation retenus par le tribunal, il y a lieu d'enjoindre d'office au département de Saône-et-Loire, d'une part de prendre une nouvelle décision admettant la prise en charge des frais et honoraires médicaux directement entraînés, postérieurement à la date de consolidation fixée, par les épicondylites dont souffre Mme E et reconnues imputables au service, et d'autre part de prendre une nouvelle décision fixant le taux d'incapacité permanente partielle de l'intéressée conformément aux motifs du présent jugement, donc en tenant compte des douleurs chroniques et persistantes relevées par les experts. Il y a lieu d'impartir au département un délai de trois mois, à compter de la notification du présent jugement, pour satisfaire à cette injonction et en rendre compte au tribunal par la production des décisions explicites qui auront été prises à cet effet. Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 16. Il y a lieu de mettre à la charge du département de Saône-et-Loire une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens.D E C I D E : Article 1er : Les décisions du président du conseil départemental de Saône-et-Loire des 9 septembre 2020 et 8 février 2021 sont annulées en tant qu'elles ont fixé à 0 % le taux d'incapacité permanente partielle de Mme E et en tant qu'elles ont refusé de prendre en charge les frais et honoraires médicaux directement entraînés par les épicondylites reconnues imputables au service, postérieurement à la date de consolidation. Article 2 : Il est enjoint au département de Saône-et-Loire, d'une part de prendre une nouvelle décision admettant la prise en charge des frais et honoraires médicaux directement entraînés, postérieurement à la date de consolidation fixée, par les épicondylites dont souffre Mme E et reconnues imputables au service et, d'autre part de prendre une nouvelle décision fixant le taux d'incapacité permanente partielle de l'intéressée conformément aux motifs du présent jugement, dans le délai de trois mois à compter de la notification de celui-ci. Le département de Saône-et-Loire produira, auprès du greffe du tribunal, au plus tard à l'expiration de ce même délai, les décisions prises en exécution du présent jugement. Article 3 : Le département de Saône-et-Loire versera à Mme E une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code justice administrative. Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté. Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E et au département de Saône-et-Loire. Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient : M. Zupan, président, Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère, M. Hugez, premier conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023. Le rapporteur, I. A Le président, D. Zupan La greffière, L. Curot La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2100988lc

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