mardi 4 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2101085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MENDEL - VOGUE ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2021, M. A C, représenté par la SCP Mendel, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 février 2021 par lequel le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme a reconnu comme étant imputables à l'accident de service du 21 septembre 2019 les arrêts de travail et soins au titre de la période du 26 octobre 2019 au 21 octobre 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er mars 2021 par lequel le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme l'a placé en congé de maladie ordinaire à compter du 22 octobre 2020 ;
3°) d'enjoindre au président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme de le placer en congé de maladie imputable au service pour la période postérieure au 21 octobre 2020 et de rétablir sa situation administrative et financière dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai ;
4°) de mettre à la charge de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués ont été signés par une autorité incompétente ;
- il appartient à l'administration de produire le courrier par lequel il a été invité à prendre connaissance de son dossier administratif et à formuler des observations, au moins huit jours avant la réunion de la commission de réforme ainsi que la preuve de la notification dudit courrier ;
- il lui appartient également de produire le courrier par lequel il a été informé de la date de la réunion de la commission de réforme et la preuve de sa notification ;
- il appartient à l'administration de produire l'arrêté du préfet fixant la composition de la commission de réforme ainsi que la preuve de sa publication au recueil des actes administratifs ; à défaut, la composition de cette commission sera regardée comme étant irrégulière ;
- la nature de sa pathologie nécessitait la présence d'un médecin spécialiste au cours de la séance de la commission de réforme ;
- les arrêtés attaqués sont insuffisamment motivés ;
- l'autorité administrative n'a pas procédé à un examen sérieux de sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de sa maladie ;
- celle-ci s'est crue à tort liée par l'avis de la commission de réforme ;
- les arrêtés attaqués sont entachés d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2022, la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme, représentée par la SCP Audard et associés, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- l'absence d'un médecin spécialiste de la pathologie de l'agent est sans incidence sur la régularité de la composition de la commission de réforme ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un mémoire complémentaire, enregistré le 18 mars 2022, M. C persiste dans ses précédentes écritures.
Il soutient en outre que :
- la délégation de signature produite en défense ne donnait pas compétence à M. D pour signer les arrêtés litigieux ;
- il conteste avoir reçu le courrier le 12 janvier 2021 l'informant de la date de la réunion de la commission de réforme en date du 2 février 2021 ;
- ce courrier ne précise pas la possibilité de faire entendre le médecin et la personne de son choix ;
- la communauté de communes n'a pas produit la preuve de la publication des arrêtés fixant la composition de la commission de réforme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 juin 2022, la communauté de communes Entre Arroux et Loire persiste dans ses précédentes écritures.
Les parties ont été informées par une lettre du 3 janvier 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 23 janvier 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 7 février 2023 par ordonnance du même jour.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le décret n° 2019-301 du 10 avril 2019 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme F,
- les conclusions de Mme Desseix, rapporteure publique,
- et les observations de Me Audard, représentant la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, adjoint technique principal de première classe au sein de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme, a été victime, le 21 septembre 2019, d'un accident qui a été reconnu imputable au service par un arrêté du 6 février 2020. Par un arrêté du 15 février 2021, le président de la communauté de communes a reconnu comme étant imputable à cet accident les arrêts de travail et soins au titre de la période du 26 octobre 2019 au 21 octobre 2020. Par un arrêté du 1er mars 2020, M. C a été placé en congé de maladie ordinaire du 22 octobre 2020 au 1er avril 2021.
Sur la légalité des arrêtés attaqués et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service () / II.-Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ". Aux termes de l'article 37-9 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Au terme de l'instruction, l'autorité territoriale se prononce sur l'imputabilité au service et, le cas échéant, place le fonctionnaire en congé pour invalidité temporaire imputable au service pour la durée de l'arrêt de travail. () ". Aux termes de l'article 37-17 du même décret : " Lorsqu'il est guéri ou que les lésions résultant de l'accident de service, de l'accident de trajet ou de la maladie professionnelle sont stabilisées, le fonctionnaire transmet à l'autorité territoriale un certificat médical final de guérison ou de consolidation. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que, le 21 septembre 2019, M. C a ressenti un claquement au niveau de l'épaule gauche en soulevant un meuble, et une vive douleur est alors apparue au niveau de cette épaule et du cou. Une rupture partielle de la coiffe des rotateurs de l'épaule gauche a alors été diagnostiquée. M. C a subi, le 22 octobre 2020, une opération chirurgicale consistant en une suture du muscle supra épineux, une acromioplastie et ténodèse du long biceps sous arthroscopie. Par un arrêté du 6 février 2020, le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme a reconnu l'imputabilité au service de cet accident.
4. Pour fixer, au 21 octobre 2020, la date de fin de prise en charge des arrêts et soins au titre de l'accident de service, le président de la communauté de communes, reprenant à son compte l'avis émis par la commission de réforme le 2 février 2021, a estimé que M. C présentait une involution graisseuse du muscle, laquelle constituerait un état préexistant à l'accident de service du 21 septembre 2019, et que l'intervention chirurgicale pratiquée le 22 octobre 2020, ayant pour objet le traitement de cet état antérieur, ne pouvait être regardée comme étant en lien avec cet accident. Il ressort cependant des pièces du dossier, notamment du rapport d'expertise réalisée, à la demande de la communauté de communes elle-même, par le Dr E le 4 novembre 2020, que l'intervention chirurgicale pratiquée le 22 octobre 2020 par le Dr B avait pour objet de prendre en charge la rupture partielle de la coiffe des rotateurs présentée par M. C et que cette tendinopathie résultait elle-même directement de l'accident survenu le 21 septembre 2019 alors que l'agent était en service. Le Dr E a considéré que M. C ne présentait aucun état antérieur pouvant interférer avec l'accident du 21 septembre 2019. Si le compte-rendu de l'imagerie réalisée le 25 octobre 2019 constatait une " involution graisseuse du muscle sus-épineux moyennement marquée ", la communauté de communes ne produit aucun élément de nature à établir que l'apparition de cette involution graisseuse était préexistante à l'accident du 21 septembre 2019 et que l'intervention chirurgicale réalisée le 22 octobre 2020 avait uniquement pour objet la prise en charge de cette dégénérescence graisseuse. Dès lors, en considérant que la période de prise en charge, au titre de l'accident de service du 21 septembre 2019, des arrêts et soins devait prendre fin le 21 octobre 2020, et en plaçant M. C en congé de maladie ordinaire à compter du 22 octobre 2022, le président de la communauté de communes a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation des arrêtés des 15 février 2021 et 1er mars 2021 par lesquels le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme a reconnu comme étant imputables à l'accident de service du 21 septembre 2019 les arrêts de travail et soins au titre de la période du 26 octobre 2019 au 21 octobre 2020 et a placé M. C en congé de maladie ordinaire du 22 octobre 2020 au 1er avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique que le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme place M. C en congé pour maladie imputable au service à compter du 21 octobre 2020 et pour toute la durée de l'arrêt de travail en lien avec l'accident survenu le 21 septembre 2019, et prenne en charge les soins en lien avec cet accident, y compris l'opération chirurgicale réalisée le 22 octobre 2020 et les soins post opératoires liés à celle-ci. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme la somme de 1 500 euros à verser à M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 15 février 2021 et 1er mars 2021 pris par le président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au président de la communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme de placer M. C en congé pour maladie imputable au service à compter du 21 octobre 2020 et pour toute la durée de l'arrêt de travail en lien avec l'accident survenu le 21 septembre 2019 et de prendre en charge les soins en lien avec cet accident, y compris l'opération chirurgicale réalisée le 22 octobre 2020 et les soins post opératoires liés à celle-ci, dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La communauté de communes entre Arroux, Loire et Somme versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la communauté de communes Entre Arroux Loire et Somme.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.
La rapporteure,
N. F
Le président,
Ph. NICOLET La greffière,
L. CUROT
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026