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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2101655

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2101655

mardi 18 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2101655
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDSC CABINET BESANÇON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juin 2021 et 28 mars 2022, M. A, représenté par Me Rothdiener, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi et un certificat de travail mentionnant une date de fin de contrat au 4 février 2021 et un motif permettant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et tendant au paiement des journées travaillées du 1er au 4 février 2021 ;

2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud de lui délivrer un certificat et une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant une date de fin d'emploi au 4 février 2021 et un motif de rupture indiquant qu'il a été involontairement privé de son emploi, dans un délai d'un mois courant à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de condamner la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud à lui verser une indemnité en réparation des préjudices subis du fait de l'absence de rémunération au titre des quatre jours travaillés du 1er au 4 février 2021 ;

4°) de condamner la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud et Pôle Emploi à l'indemniser des conséquences de la privation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, des allocations chômage et des " autres droits ouverts par Pôle emploi " depuis le 4 février 2021 ;

5°) de condamner la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud à lui verser la somme de 16 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de son éviction et du non-renouvellement de son contrat de travail ;

6°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud et de Pôle Emploi une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- ses conclusions indemnitaires sont recevables dès lors qu'elles ont été précédées d'une demande indemnitaire préalable adressée à Pôle emploi et à la communauté d'agglomération de Beaune Côte et Sud ;

- sur la légalité de la décision refusant de rémunérer les jours travaillés du 1er au 4 février 2021 :

- il a travaillé du 1er février au 4 février 2021 ainsi qu'en attestent les justificatifs de déplacements entre Dôle et Beaune et les mails échangés au cours de ces journées ;

- à aucun moment sa hiérarchie ne lui a demandé de quitter son emploi au motif que son contrat de travail était arrivé à expiration ;

- sur la légalité de la décision refusant de modifier l'attestation employeur destinée à Pôle emploi et le certificat de travail établis le 19 février 2021 :

- il justifiait d'un motif légitime et d'un motif personnel pour refuser le renouvellement de son contrat de travail de sorte qu'il doit être regardé comme ayant été involontairement privé d'emploi ;

- la date de fin d'emploi mentionnée dans l'attestation et le certificat est inexacte dès lors qu'il a travaillé du 1er au 4 février 2021 ;

- il a été illégalement évincé du service dès lors qu'en lui proposant un contrat de travail substantiellement modifié, l'administration doit être regardée comme lui ayant opposé un refus de renouvellement de son contrat de travail qui n'est pas justifié par l'intérêt du service ;

- la proposition de contrat qui lui a été faite est illégale dès lors qu'elle a été faite en méconnaissance du délai de prévenance mentionnée à son contrat de travail et qu'elle modifiait substantiellement le contrat de travail dont il était auparavant titulaire ;

- il est fondé à demander la réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision de non renouvellement de son contrat de travail ;

- l'illégalité de son éviction lui a causé un préjudice financier évalué à 10 000 euros ainsi qu'un préjudice de carrière évalué à 3 000 euros et un préjudice moral également évalué à 3 000 euros ;

- il est fondé à demander la condamnation de l'administration à lui verser les sommes correspondant aux quatre journées travaillées du 1er au 4 février 2021 ;

- il est également fondé à demander la condamnation de l'administration à lui verser les sommes dues au titre de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, allocations chômage et " autres droits ouverts par Pôle emploi ", pour la période du 5 février 2021 au 19 avril 2021.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 26 octobre 2021 et 26 avril 2022, Pôle emploi Bourgogne-Franche-Comté conclut au rejet des conclusions dirigées contre la décision du 24 février 2021 refusant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et au rejet, pour irrecevabilité, des conclusions indemnitaires présentées par M. A et tendant à l'indemnisation des conséquences de la privation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

Il soutient que :

- sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de versement de l'aide au retour à l'emploi :

- ces conclusions sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;

- la décision du 24 février 2021 est parfaitement légale dès lors qu'il résulte de l'attestation d'employeur relative à la période d'emploi du 1er février 2020 au 31 janvier 2021 que M. A ne se trouvait pas en situation de perte involontaire d'emploi ;

- en traitant la demande d'allocation déposée par M. A, Pôle emploi n'a commis aucune faute ;

- sur les conclusions indemnitaires :

- ces conclusions sont irrecevables dès lors que M. A n'a pas saisi Pôle emploi d'une demande préalable.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 18 mars 2022 et 10 mars 2023, la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud, représentée par DSC Avocats, conclut au rejet de la requête de M. A, et, à titre subsidiaire, à la réduction des prétentions indemnitaires du requérant, et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions tendant à l'annulation de la décision prise par Pôle emploi, le 24 février 2021, portant refus de versement de l'aide au retour à l'emploi, sont portées devant une juridiction incompétente pour en connaître ;

- le requérant ne peut utilement se prévaloir de l'existence d'une décision de non renouvellement de son contrat de travail dès lors que la collectivité lui a proposé le renouvellement de son contrat et que ce contrat a été exécuté ;

- la collectivité a régularisé la situation de M. A en lui délivrant une attestation d'employeur modifiée et en lui versant le montant de la rémunération afférente à la période travaillée ;

- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une lettre du 9 mars 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation du courriel du responsable des ressources humaines en date du 24 février 2021 et de la proposition de contrat formulée par mail du 29 janvier 2021 dès lors que ces actes ne sont pas susceptibles de recours.

Par un mémoire, enregistré le 10 mars 2023, la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a présenté des observations en réponse à ce courrier.

Elle indique qu'elle ne peut que souscrire à l'analyse faite par la lettre du 10 mars 2023 dès lors que les actes qui y sont mentionnés ne présentent aucun caractère décisoire, ne sont pas détachables du contrat de travail et ne font pas grief.

Par un mémoire, enregistré le 13 mars 2023, M. A a présenté des observations en réponse au courrier du 10 mars 2023 et a conclu, en outre, à l'annulation de la décision par laquelle la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de renouveler son contrat de travail.

Il soutient que :

- par sa requête il demande l'annulation du certificat et de l'attestation d'employeur destinée à Pôle emploi, des refus de lui délivrer ces documents retenant une date de fin de contrat au 4 février 2021 et un motif de rupture lui permettant d'obtenir les droits à l'allocation pour perte d'emploi, et de son éviction ainsi que du non-renouvellement de son contrat ;

- la proposition de contrat qui lui a été faite le 29 janvier 2021 comporte une modification substantielle de son contrat et cette modification doit pouvoir être contestée directement ou par la voie de l'exception ;

- le courriel du directeur des ressources humaines en date du 22 février 2021 lui fait grief ;

- le certificat de travail établi par la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud mentionne une période de travail du 1er au 3 février 2021 et non du 1er au 4 février 2021 ;

- le bulletin de paie produit en défense ne permet pas de vérifier s'il a été rémunéré pour trois ou quatre journées de travail ;

- le montant du préjudice subi du fait de la privation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi correspond à deux mois et demi de traitement et non un mois et demi comme mentionné précédemment.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 ;

- le décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme C

- les conclusions de Mme Desseix, rapporteur publique ;

- et les observations de Me Rothdiener, représentant M. A, et de Me Bouchoudjian, représentant la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté par la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud par un contrat à durée déterminée pour la période du 1er février 2018 au 31 janvier 2019. Ce contrat a été renouvelé du 1er février 2019 au 31 janvier 2020 puis du 1er février 2020 au 31 janvier 2021. Par un courriel du 29 janvier 2021, M. A a été informé de la mise à disposition de son contrat de travail pour la période du 1er février 2021 au 30 juin 2021. Après avoir travaillé les 1er, 2 et 3 février 2021, M. A a, par un courriel du 4 février 2021, informé la collectivité qu'il renonçait finalement à signer ce nouveau contrat. Le 19 février 2021, le président de communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a délivré à M. A un certificat de travail indiquant qu'il avait été employé du 1er janvier 2020 au 31 janvier 2021 et portant la mention " démission " ainsi qu'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant comme motif de rupture du contrat de travail " rupture anticipée () à l'initiative du salarié " et une date de fin de contrat au 31 janvier 2021. Par une décision du 24 février 2021, Pôle emploi lui a refusé le versement de l'aide au retour à l'emploi. Par un courrier du 31 mars 2021, M. A a saisi le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud d'une demande tendant au paiement des jours travaillés du 1er au 4 février 2021, à la délivrance d'une nouvelle attestation employeur mentionnant une date de fin de contrat au 4 février 2021 et un motif de rupture permettant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi et des " autres droits ouverts par Pôle emploi ", à l'indemnisation des préjudices subis du fait de la privation de cette aide, des allocations chômage et des " autres droits ouverts par Pôle emploi " et à l'indemnisation des préjudices subis du fait de la privation de la possibilité de poursuivre la relation contractuelle et de son éviction du service. Ces demandes ont été rejetées par une décision du président de la communauté d'agglomération notifiée le 1er juin 2021. M. A doit être regardé comme demandant, dans le dernier état de ses écritures, telles qu'elles sont présentées dans le mémoire enregistré le 13 mars 2023, l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi et un certificat de travail rectifiés et tendant au paiement des quatre journées travaillées du 1er au 4 février 2021. Il demande également l'annulation de la décision par laquelle l'administration a refusé de renouveler son contrat de travail et la condamnation de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud à lui verser une somme d'argent correspondant à la rémunération qu'il aurait dû percevoir au titre des quatre journées travaillées au mois de février 2021, à l'indemniser des conséquences de la privation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, des allocations chômage et " autres droits ouverts par Pôle emploi " et à lui verser la somme de 16 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subi du fait du non renouvellement de son contrat de travail et enfin, à ce qu'il soit enjoint à l'administration de lui délivrer une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi et un certificat de travail modifiés.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a rejeté la demande de M. A tendant à la délivrance d'une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi et un certificat de travail rectifiés :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5424-1 du code du travail : " Ont droit à une allocation d'assurance, lorsque leur privation d'emploi est involontaire ou assimilée à une privation involontaire () : () 2° Les agents non titulaires () des établissements publics administratifs autres que ceux de l'Etat () ". Aux termes du I de l'article L. 5422-1 du même code : " Ont droit à l'allocation d'assurance les travailleurs aptes au travail et recherchant un emploi qui satisfont à des conditions d'âge et d'activité antérieure, et dont : / 1° Soit la privation d'emploi est involontaire () ". Aux termes de l'article 3 du décret n° 2020-741 du 16 juin 2020 : " Sont assimilés aux personnels involontairement privés d'emploi : 1° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant démissionné pour un motif considéré comme légitime au sens des mesures d'application du régime d'assurance chômage mentionnées à l'article 1er ; / 2° Les personnels de droit public ou de droit privé ayant refusé le renouvellement de leur contrat pour un motif légitime lié à des considérations d'ordre personnel ou à une modification substantielle du contrat non justifiée par l'employeur. ". L'article 1er du même décret renvoie aux dispositions de l'article L. 5422-20 du code du travail. Aux termes de l'article 1er du décret du 26 juillet 2019 relatif au régime d'assurance chômage : " I. - Les mesures d'application du régime d'assurance chômage prévues à l'article L. 5422-20 du code du travail sont déterminées à l'annexe A du présent décret. () ". Le §2 de l'article 2 de l'annexe A de ce décret dresse la liste des cas dans lesquels une démission est assimilées à une perte involontaire d'emploi.

3. M. A soutient qu'il justifiait d'un motif légitime pour refuser le renouvellement de son contrat de travail, compte tenu de considérations d'ordre personnel et des modifications substantielles apportées, par la collectivité, à son contrat de travail, sans aucune justification, et que le président de la communauté d'agglomération ne pouvait donc refuser de lui délivrer une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant un motif permettant l'ouverture des droits, notamment, à l'allocation d'aide au retour à l'emploi.

4. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'alors que son contrat de travail, conclu pour la période du 1er février 2020 au 31 janvier 2021, était en cours d'exécution, M. A a été reçu par le directeur général des services au cours du mois de décembre 2020. Au cours de cet entretien a été abordée la question du renouvellement de son contrat de travail et l'intéressé a fait part à sa hiérarchie de son souhait d'occuper un bureau individuel et de bénéficier de deux journées de télétravail par semaine. Par un courriel adressé à M. A, le 29 janvier 2021, soit avant le terme de son contrat de travail, le directeur général des services a informé l'intéressé de la mise à sa disposition, pour signature, d'un nouveau contrat de travail tout en précisant que ce contrat portait sur la période du 1er février 2021 au 30 juin 2021, qu'il pourra temporairement occuper un bureau individuel mais que sa demande tendant à la mise en place de deux journées de télétravail par semaine ne pouvait recevoir de suite favorable dès lors que le règlement relatif au temps de travail, adopté par la collectivité, y faisait obstacle. En indiquant au directeur général des services, par le courriel du 30 janvier 2021, qu'il reprendrait son service le 1er février 2021 et en reprenant effectivement son poste à cette date, alors que son précédent contrat était expiré, M. A doit être regardé comme ayant accepté le renouvellement de son contrat de travail. Dès lors que ce contrat avait reçu un commencement d'exécution le 1er février 2021, en renonçant, le 4 février 2021, à poursuivre son exécution, le requérant doit être regardé comme ayant démissionné de ses fonctions. L'administration n'ayant pas opposé à M. A, à la réception de cette démission, les conditions prévues l'article 39 du décret du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale tenant à la forme de cette démission et au délai de préavis, elle doit être regardée comme ayant produit des effets à la date de sa présentation. Dès lors, en indiquant dans l'attestation employeur destinée à Pôle emploi le motif relatif à une " rupture anticipée () à l'initiative du salarié ", l'administration n'a commis aucune erreur d'appréciation et le requérant, qui avait accepté le renouvellement de son contrat de travail, ne peut utilement soutenir qu'il justifiait de motifs légitimes pour refuser ce renouvellement.

5. A supposer que M. A puisse être regardé comme se prévalant des dispositions précitées du 2° de l'article 3 du décret du 16 juin 2020, les considérations d'ordre personnel dont il se prévaut, à savoir l'éloignement de son domicile de son lieu de travail et l'état de santé de son épouse, ainsi que les modifications apportées à son contrat de travail, n'entrent dans aucun des cas énumérés par le §2 de l'article 2 de l'annexe A au décret du 26 juillet 2019. Dès lors, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a considéré qu'il ne se trouvait pas en situation de perte involontaire d'emploi.

6. En second lieu, M. A soutient que la décision refusant de modifier l'attestation d'employeur destinée à Pôle emploi et le certificat de travail, établis le 19 février 2021, en tant qu'ils mentionnent une date de fin de contrat au 31 janvier 2021, est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'il a travaillé du 1er au 4 février 2021. D'une part, s'il est constant que M. A a travaillé les 1er, 2 et 3 février 2021, il ressort cependant des pièces du dossier, notamment du courriel envoyé le 4 février 2021 par M. A au responsable des ressources humaines, que le requérant a donné sa démission à 9 h 52 le 4 février 2021 et n'a pas travaillé au cours de cette journée. D'autre part, s'il ressort des pièces du dossier que la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a délivré à M. A un certificat de travail mentionnant une période d'emploi du 1er au 3 février 2021, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle lui ait délivré une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant une date de fin de contrat au 3 février 2021. Dès lors, le requérant est fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de lui délivrer une telle attestation mentionnant une date de fin de contrat au 3 février 2021.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a rejeté la demande de M. A tendant au paiement des journées travaillées du 1er février au 4 février 2021 :

7. M. A soutient que c'est à tort que le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de lui verser la rémunération afférente aux quatre journées travaillées du 1er au 4 février 2021. Toutefois, d'une part, tel qu'il a été dit au point n° 7 du présent jugement, il ressort des pièces du dossier que M. A a travaillé du 1er au 3 février 2021 et n'a pas travaillé le 4 février 2021. D'autre part, il ressort des pièces produites en défense que l'administration a, au cours du mois d'octobre 2022, versé au requérant la somme de 619,57 euros en rémunération des trois journées travaillées au mois de février 2021. Ce montant n'est pas sérieusement contesté par le requérant qui se borne à soutenir que le bulletin de paie produit par la collectivité ne permet pas de vérifier si cette rémunération correspond à trois ou quatre journées travaillées. Dès lors, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision par laquelle l'administration a rejeté sa demande tendant au paiement des journées travaillées au cours du mois de février 2021.

Sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de renouveler le contrat de travail de M. A :

8. Un agent public qui a été recruté par un contrat à durée déterminée ne bénéficie ni d'un droit au renouvellement de son contrat ni, à plus forte raison, d'un droit au maintien de ses clauses si l'administration envisage de procéder à son renouvellement. Toutefois, l'administration ne peut légalement décider, au terme de son contrat, de ne pas le renouveler ou de proposer à l'agent, sans son accord, un nouveau contrat substantiellement différent du précédent, que pour un motif tiré de l'intérêt du service. Un tel motif s'apprécie au regard des besoins du service ou de considérations tenant à la personne de l'agent. Dès lors qu'elles sont de nature à caractériser un intérêt du service justifiant le non renouvellement du contrat, la circonstance que des considérations relatives à la personne de l'agent soient par ailleurs susceptibles de justifier une sanction disciplinaire ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce qu'une décision de non renouvellement du contrat soit légalement prise, pourvu que l'intéressé ait alors été mis à même de faire valoir ses observations.

9. M. A soutient que, si la communauté d'agglomération lui a proposé le renouvellement de son contrat de travail, les modifications apportées à ce contrat étaient substantielles et n'étaient pas justifiées par l'intérêt du service, de sorte que cette proposition de renouvellement de contrat doit être regardée comme un refus de renouvellement de contrat. Il soutient également que cette proposition de contrat de travail était irrégulière car présentée en méconnaissance du délai de prévenance. Toutefois, ainsi qu'il a été exposé au point 5 du présent jugement et ainsi que l'a fait valoir la communauté d'agglomération en défense, M. A ne saurait utilement se prévaloir de l'existence d'une décision de refus de renouvellement de son contrat de travail dès lors qu'en acceptant de reprendre son service au cours des journées des 1er, 2 et 3 février 2021, il doit être regardé comme ayant donné son accord au nouveau contrat qui lui avait été proposé par l'administration le 29 janvier 2021 et, en renonçant à ce contrat, le 4 février 2021, comme ayant donné sa démission. Dès lors, les conclusions de M. A dirigées contre une décision de non renouvellement de son contrat de travail sont, en tout état de cause, vouées au rejet.

10. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de modifier la date de fin de son contrat sur l'attestation d'employeur destinée à Pôle emploi.

Sur les conclusions tendant à l'indemnisation des préjudices subis du fait l'illégalité de la décision portant refus de renouvellement du contrat de travail de M. A :

11. Ainsi qu'il a été dit précédemment, notamment au point 10 du présent jugement, la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud ne peut être regardée comme ayant refusé de renouveler le contrat de travail de M. A. Celui-ci n'est donc pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices qu'il aurait subis du fait de l'illégalité d'une telle décision de refus de renouvellement de son contrat de travail.

Sur les conclusions tendant à l'indemnisation des quatre journées travaillées du 1er au 4 février 2021 :

12. D'une part, ainsi qu'il a été dit au point 8, la collectivité a versé à M. A la rémunération afférente aux trois journées travaillées les 1er, 2 et 3 février 2021. Il n'y a dès lors plus lieu de statuer sur les conclusions du requérant tendant au paiement de ces trois journées travaillées.

13. D'autre part, le requérant n'ayant pas travaillé au cours de la journée du 4 février 2021, il n'est pas fondé à demander l'indemnisation de cette journée non travaillée.

Sur les conclusions tendant à l'indemnisation des préjudices subis du fait de la privation de l'allocation d'aide au retour à l'emploi, des allocations chômage et " autres droits ouverts par Pôle emploi " :

14. M. A ne démontre pas, ainsi qu'il a été exposé au point 5, que l'administration aurait commis une faute en refusant de rectifier l'attestation destinée à Pôle emploi pour y mentionner un motif permettant le versement de l'allocation d'aide au retour à l'emploi. Il ne fournit par ailleurs aucune précision sur les " autres droits ouverts par Pôle emploi " dont il aurait dû, selon lui, bénéficier. Dès lors, les conclusions du requérant ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement implique seulement que le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud délivre à M. A une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant une date de fin de contrat au 3 février 2021. Il y a lieu de lui enjoindre d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

16. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de rejeter les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, par M. A et la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision par laquelle l'administration a rejeté sa demande tendant à la délivrance d'un certificat de travail rectifié et au paiement des journées travaillées les 1er, 2 et 3 février 2021 et sur les conclusions indemnitaires tendant versement de la rémunération due au titre de ces trois journées travaillées.

Article 2 : La décision par laquelle le président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud a refusé de modifier la date de fin de contrat figurant sur attestation d'employeur destinée à Pôle emploi est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au président de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud de délivrer à M. A une attestation d'employeur destinée à Pôle emploi mentionnant une date de fin de contrat au 3 février 2021 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud et à Pôle Emploi.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.

La rapporteure,

N. C

Le président,

Ph. NICOLETLa greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

lc

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TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.

01/06/2026

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TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606985

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. E..., ressortissant érythréen, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Suisse, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, la violation des droits à l'information et à l'entretien individuel, ainsi que l'existence de défaillances systémiques en Suisse. Il a jugé que la décision était suffisamment motivée et que la situation personnelle de l'intéressé ne justifiait pas l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement. En conséquence, la demande d'annulation et les conclusions accessoires ont été rejetées.

01/06/2026