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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2101765

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2101765

jeudi 6 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2101765
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBARBEROUSSE NATACHA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er juillet 2021 et des mémoires enregistrés le 14 novembre 2022 et le 2 janvier 2023, ce dernier n'ayant pas été communiqué, Mme B A, représentée par Me Barberousse, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de Soucy ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. C en vue de la régularisation de la pose de quatre fenêtres de toit, de la création d'un puits de lumière et d'une ventilation, sur un terrain cadastré

A 664 lieu-dit le Village, ainsi que de la décision implicite de rejet du recours gracieux présenté le 12 mars 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Soucy la somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- en autorisant la régularisation de travaux réalisés par M. C, alors que ceux-ci ont été exécutés en infraction aux règles du plan local d'urbanisme (PLU) et ne sont pas conformes à l'avis de l'architecte des bâtiments de France, la commune a commis une erreur d'appréciation ;

- les dispositions de l'article UA 11 I 2) du règlement du PLU ont été méconnues ;

- les travaux, qui conduisent à un changement d'affectation avec modification de la façade du bâtiment, nécessitaient un permis de construire ainsi que l'exige l'article R. 421-4 du code de l'urbanisme .

Par des mémoires en défense, enregistrés le 8 avril 2022 et le 9 décembre 2022, la commune de Soucy, représentée par Me Corneloup, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à M. C qui n'a pas produit d'observations en défense.

Par une ordonnance du 9 décembre 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 2 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,

- les observations de Me Caille représentant Mme A et de Me De Mesnard représentant la commune de Soucy.

Vu, enregistré le 29 mars 2023, le courrier de Me Barberousse indiquant qu'elle n'entend pas régulariser la note en délibéré rédigée et transmise directement au tribunal par Mme A le 12 mars 2023.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, propriétaire d'une maison située 21, rue de la Mairie à Soucy, demande l'annulation de l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de Soucy ne s'est pas opposé à la déclaration préalable présentée par M. C en vue de la régularisation de la pose de quatre fenêtres de toit, de la création d'un puits de lumière et d'une ventilation, sur la toiture d'un bâtiment situé à proximité immédiate de sa propriété, mais a assorti cette autorisation de prescriptions relatives à la taille et au positionnement des châssis de toit, ensemble, la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, la requérante soutient qu'en s'abstenant de s'opposer à la déclaration préalable de travaux déjà réalisés, le maire a commis une erreur d'appréciation. Cependant, une décision de non-opposition à déclaration n'est pas illégale du seul fait qu'elle est intervenue pour régulariser rétroactivement des travaux réalisés sans autorisation, à condition toutefois que ces travaux soient conformes aux dispositions législatives et réglementaires en vigueur à la date où l'autorisation a été délivrée. En l'espèce, par l'arrêté attaqué, le maire de Soucy a décidé de ne pas s'opposer à la déclaration préalable de M. C, mais l'a assorti de prescriptions relatives aux châssis de toit, dont les dimensions ne doivent pas excéder 78 x 98 centimètres, qui doivent être axés sur les baies en façades afin de les aligner entre eux et être encastrés sans saillie dans le plan de couverture et être placés dans le tiers inférieur du rampant. Ces prescriptions sont conformes à celles émises par l'architecte des bâtiments de France, qui a donné, sous réserve de ces prescriptions, son accord sur la demande de M. C. L'autorisation accordée, dont la légalité s'apprécie en tenant compte des prescriptions dont elle est assortie, n'est ainsi pas illégale. La circonstance que les travaux réalisés par M. C ne sont pas entièrement conformes à ces prescriptions, dès lors notamment que les dimensions des châssis d'ores et déjà installés sont supérieures à celles prescrites, est en elle-même sans incidence sur la légalité de la décision contestée et a seulement pour conséquence que les travaux réalisés sans autorisation demeurent irréguliers malgré l'intervention de l'arrêté attaqué.

3. En deuxième lieu, selon les dispositions de l'article UA 11 I 2) du règlement du plan local d'urbanisme de Soucy : " () Seuls sont autorisés en toiture les lucarnes bourguignonnes ou les châssis de toit qui doivent être plus hauts que larges. () ". Les dimensions des châssis autorisées sont celles prescrites par l'arrêté en litige, soit 78 centimètres de large et 98 centimètres de hauteur, ce qui est conforme aux dispositions du document d'urbanisme.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 421-14 du code de l'urbanisme : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires : a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ; b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 ; c) Les travaux ayant pour effet de modifier les structures porteuses ou la façade du bâtiment, lorsque ces travaux s'accompagnent d'un changement de destination entre les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; d) Les travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4. Pour l'application du c du présent article, les locaux accessoires d'un bâtiment sont réputés avoir la même destination que le local principal. "

5. La décision de non opposition en litige n'a ni pour objet ni pour effet d'autoriser un changement de destination du bâtiment sur lequel des travaux ont été réalisés. En outre, et en tout état de cause, les percements réalisés en toiture n'ont pas pour effet de modifier la façade du bâtiment et la création d'une surface de plancher, alléguée par la requérante, ne ressort pas des pièces du dossier. Par suite, Mme A ne peut utilement soutenir que cette autorisation a été délivrée en méconnaissance des dispositions précitées.

6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Soucy, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à Mme A d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de Mme A la somme que demande la commune de Soucy au titre des mêmes dispositions.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la commune de Soucy au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Soucy.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023 à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.

La rapporteure,

M-E D

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

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