mardi 7 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | VERMOREL ANTOINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er août 2021 et 18 janvier 2022, Mme E C, initialement représentée par Me Vermorel et désormais représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Asterio, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2021/52 du 1er juin 2021, par lequel le président de la communauté de communes Terres de Bresse a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle se prévaut ;
2°) d'enjoindre à la communauté de communes Terres de Bresse, à titre principal de la rétablir dans ses droits dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, et à titre subsidiaire de reprendre une décision dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la communauté de communes Terres de Bresse la somme de 2 173 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la commission de réforme, éclairée par l'expertise du docteur A et par l'avis du docteur F, a rendu un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 novembre 2021, la communauté de communes Terres de Bresse, représentée par Me Le Meignen, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le moyen soulevé par la requérante n'est pas fondé.
Les parties ont été informées par une lettre du 17 janvier 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 7 février 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 15 février 2022 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D B,
- les conclusions de Mme Mélody Desseix, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Meignen, représentant la communauté de communes Terres de Bresse.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E C, initialement recrutée en qualité d'agent contractuel le 13 novembre 2006, à effet au 1er janvier 2007, pour exercer les fonctions d'animatrice à la maison des jeunes et de la culture des Portes de la Bresse, est agent titulaire de la fonction publique territoriale depuis le 18 janvier 2018, dans le grade d'adjoint territorial d'animation, affectée dans les services de la communauté de communes Terres de Bresse. Mme C a été placée en congé de maladie ordinaire du 25 décembre 2019 au 24 décembre 2020. Elle a sollicité, par la transmission d'un certificat médical, en date du 21 août 2020, son placement en congé de longue maladie. A la suite de l'avis défavorable du comité médical départemental à l'octroi d'un tel congé de longue maladie, l'intéressée a été placée en disponibilité pour raison de santé à compter du 25 décembre 2020. Par une lettre, en date du 27 janvier 2021, le conseil de Mme C a demandé à l'établissement public de " saisir la commission de réforme pour avis sur une maladie professionnelle ". Dans sa séance du 2 mars 2021, la commission de réforme départementale de Saône-et-Loire a donné un avis favorable à la reconnaissance de l'imputabilité au service de la " maladie contractée en service au 24 décembre 2019 ". Par un arrêté du 1er juin 2021, dont Mme C demande au tribunal l'annulation, le président de la communauté de communes Terres de Bresse a refusé de reconnaître cette imputabilité au service.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du I de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. ". Aux termes du VI de cet article : " Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires. Il fixe également les obligations auxquelles les fonctionnaires demandant le bénéfice de ce congé sont tenus de se soumettre en vue de l'octroi ou du maintien du congé, sous peine de voir réduire ou supprimer le traitement qui leur avait été conservé. ".
3. Aux termes de l'article 37-2 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité territoriale une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité territoriale à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, le cas échéant, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ". Aux termes du premier alinéa du II de l'article 37-3 du même décret : " La déclaration de maladie professionnelle prévue à l'article 37-2 est adressée à l'autorité territoriale dans le délai de deux ans suivant la date de la première constatation médicale de la maladie ou, le cas échéant, de la date à laquelle le fonctionnaire est informé par un certificat médical du lien possible entre sa maladie et une activité professionnelle. ". Enfin, aux termes du IV de cet article : " Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. ".
4. L'arrêté litigieux est fondé sur un unique motif tiré de l'absence de transmission d'une déclaration d'accident de service ou d'un formulaire de déclaration d'accident de service.
5. En l'espèce, il n'est pas contesté que Mme C n'a pas adressé à l'autorité territoriale le formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie, prévu par les dispositions de l'article 37-2 du décret précité du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux. Mme C ne justifie d'aucun cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes et n'entre pas dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que le président de la communauté de communes Terres de Bresse a pu rejeter par l'arrêté attaqué la demande présentée par le conseil de la requérante. L'unique moyen soulevé, tiré de l'imputabilité au service de la maladie est ainsi inopérant, dès lors que la décision attaquée ne se fonde pas sur l'absence d'imputabilité au service, et doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté n° 2021/52 du 1er juin 2021, par lequel le président de la communauté de communes Terres de Bresse a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie dont elle se prévaut. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation et, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la communauté de communes Terres de Bresse, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C la somme demandée par la communauté de communes Terres de Bresse au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la communauté de communes Terres de Bresse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et à la communauté de communes Terres de Bresse.
Délibéré après l'audience du 28 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2023
Le rapporteur,
I. B
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026