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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102221

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102221

jeudi 26 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP THUAULT FERRARIS CORNU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 27 août 2021, 14 novembre 2021,

6 décembre 2021 et un mémoire non communiqué enregistré le 17 novembre 2022,

M. A C et Mme B C contestent la décision du

10 août 2021 du président de la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Othe (CCVPO) refusant de reclasser en zone Ua les parcelles A n° 1947, A n° 1948, A n° 1949 et

A n° 1950 situées sur le territoire de la commune de Vaudeurs et actuellement classées en zone Ncor du plan local d'urbanisme intercommunal et demandent en conséquence à la CCVPO de procéder au reclassement des parcelles litigieuses en zone Ua.

Ils soutiennent que ces parcelles ne comportent ni bosquets ni boisements, sont encadrées par deux unités foncières urbanisées, sont situées dans le bourg de Vaudeurs et sont desservies par l'ensemble des réseaux ; le classement au plan local d'urbanisme intercommunal de cet ensemble de parcelles, qui constitue une " dent creuse " au sein d'un compartiment urbanisé, en zone Ncor et non en zone Ua est par conséquent entaché d'erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires enregistrés les 6 octobre 2021, 2 décembre 2021 et 20 décembre 2021, le préfet de l'Yonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen d'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.

Par un mémoire enregistré le 14 octobre 2022, la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Orthe (CCVPO) représentée par Me Ferraris conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le moyen d'erreur manifeste d'appréciation n'est pas fondé.

La requête a été communiquée à la commune de Vaudeurs qui n'a pas produit d'observations.

Par ordonnance du 17 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 novembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Rousset, président-rapporteur,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,

- et les observations de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C ont, en vue de la construction d'une maison individuelle, sollicité auprès de la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Orthe (CCVPO) le classement en zone Ua des parcelles A n° 1947, A n° 1948, A n° 1949 et A n° 1950 leur appartenant sur le territoire de la commune de Vaudeurs et actuellement classées en zone Ncor (bosquets et boisements) du plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi). Par la présente requête, ils doivent être regardés comme concluant à l'annulation de la décision du 10 août 2021 du président de la CCVPO refusant de faire droit à leur demande et à ce qu'il soit enjoint à la CCVPO de procéder au reclassement des parcelles litigieuses en zone Ua.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. Aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ;2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ;() ". Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. A cet effet, ils peuvent être amenés à classer en zone naturelle, pour les motifs énoncés par les dispositions citées ci-dessus, un secteur qu'ils entendent soustraire, pour l'avenir, à l'urbanisation. S'ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des différents secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme, leur appréciation peut cependant être censurée par le juge administratif au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.

3. Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies versées aux débats, que les parcelles cadastrées A n° 1947, A n° 1948, A n° 1949 et A n° 1950, dont

M. et Mme C contestent le classement en zone Ncor au motif notamment qu'elles abritent une prairie dépourvue d'arbres et de bosquets, sont toutefois situées dans le prolongement immédiat d'un vaste espace boisé de plus de six cents hectares qui appartient aux corridors écologiques des trames vertes et bleues identifiés à l'occasion du zonage du PLUi et que les auteurs du plan ont entendu protéger, ainsi que ses lisières, afin de préserver la biodiversité. Par ailleurs, cet ensemble de parcelles de quatre hectares environ entouré d'un rideau d'arbres sur trois de ses côtés, qui ne supporte aucune construction, qui, contrairement à ce que soutiennent les requérants, n'est contigu d'aucune parcelle bâtie et qui est séparé de la partie urbanisée du bourg de Vaudeurs à l'est par la rue creuse et au sud par la route de Coulours, ne constitue pas une " dent creuse " située entre deux unités foncières urbanisées mais fait partie d'un compartiment naturel homogène au sein duquel la présence de boisements est avérée et dont l'intérêt écologique n'est pas contesté. Compte tenu de leurs caractéristiques et du parti d'urbanisme retenu, le classement des parcelles des requérants en zone N ne procède ainsi d'aucune erreur manifeste d'appréciation alors même que ces terrains sont desservis par les différents réseaux et que les intéressés avaient bénéficié d'un certificat d'urbanisme positif en 2015.

4. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 10 août 2021 du président de la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Orthe (CCVPO) refusant de reclasser en zone Ua les parcelles A n° 1947, A n° 1948, A n° 1949 et A n° 1950 leur appartenant sur le territoire de la commune de Vaudeurs et actuellement classées en zone Ncor du PLUi. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction doivent également être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions présentées par la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Othe sur le fondement de de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Othe sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C et à la communauté de communes de la Vanne et du pays d'Othe.

Copie en sera adressée au préfet de l'Yonne et à la commune de Vaudeurs.

Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 octobre 2023.

Le président-rapporteur,

O. Rousset

La conseillère premier assesseur,

M.-E. Laurent

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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