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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102407

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102407

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102407
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARL BLT DROIT PUBLIC

Texte intégral

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- les conclusions de M. D,

- et les observations par Me Bitar, représentant le centre hospitalier de la Guiche.

Considérant ce qui suit :

1. La société Viamedis est un organisme de gestion du tiers payant pour le compte d'organismes d'assurance maladie complémentaire, les mutuelles, avec lesquels elle a conclu une convention ayant pour objet la mise en place d'un système de délégation de paiement, permettant aux assurés sociaux de se soigner, sans avoir à supporter d'avances financières pour leur complémentaire de santé, au moment de la délivrance des prestations de soins. A ce titre, la société Viamedis paie les factures émises par les professionnels et établissements de santé, publics ou privés -avec lesquels elle conclut généralement une convention en ce sens-, au nom et pour le compte des mutuelles, ses clients assureurs, puis en demande le remboursement à ces dernières. La société Viamedis a ainsi conclu une convention avec le centre hospitalier de la Guiche ayant pour objet la mise en place de la procédure de tiers-payant en matière d'examens, de soins médicaux et de frais d'hospitalisation, afin de permettre aux adhérents des organismes de complémentaire santé, clients de la société Viamedis, d'être dispensés d'avance de frais.

2. La société Viamedis a refusé de payer certaines factures émises par le centre hospitalier de la Guiche au motif que les créances qui lui étaient réclamées n'étaient pas fondées ou étaient prescrites et qu'elle ne souhaitait pas se voir elle-même opposer cette prescription ou cette absence de bien-fondé par ses clients assureurs lors de sa demande de remboursement. Le centre hospitalier de la Guiche a cependant décidé de procéder au recouvrement des factures non réglées par la voie de titres exécutoires et a ensuite mise en œuvre une procédure de recouvrement forcé de ces créances par la voie d'une saisie administrative à tiers détenteur.

3. Le centre hospitalier de la Guiche a ainsi émis, entre le 19 décembre 2018 et le 16 février 2021, vingt-six titres exécutoires, respectivement identifiés sous les nos 1189, 1111, 177, 195, 416, 73, 87, 910, 1045, 195, 276, 451, 452, 454, 455, 458, 523, 525, 596, 598, 680, 683, 684, 688, 753 et 72, d'un montant total de 40 713,32 euros. Constatant qu'à l'exception du titre exécutoire n° 1189 émis le 19 décembre 2018, pour un montant de 2 296,72 euros, pour lequel un règlement partiel de 1 173 euros avait été effectué, la société Viamedis n'avait pas procédé au règlement des créances identifiées dans ces titres exécutoires, le directeur départemental des finances de Saône-et-Loire a émis à l'encontre de la société, le 27 juillet 2021, une saisie administrative à tiers détenteur un montant de 39 540,23 euros.

4. Par ses conclusions analysées, ci-dessus, aux 1°) à 4°) des visas du présent jugement, la société Viamedis doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler ces vingt-six titres exécutoires et de la décharger de l'obligation de payer les créances y figurant et, d'autre part, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 39 540,23 euros procédant de la saisie administrative à tiers détenteur du 27 juillet 2021 et de lui rembourser la somme ainsi saisie.

Sur le cadre juridique :

5. Aux termes de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique : " I.- Les créances des établissements publics de santé sont recouvrées selon les modalités définies aux articles L. 1611-5 et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales. () Par dérogation aux 5° et 6° du même article L. 1617-5, le comptable public assignataire de l'établissement public de santé adresse, sans lettre de relance préalable, une mise en demeure pour un ou plusieurs titres de recettes aux fins d'interrompre la prescription prévue au 3° dudit article L. 1617-5 ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () / 3° L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances des régions, des départements, des communes et des établissements publics locaux se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. /Le délai de quatre ans mentionné à l'alinéa précédent est interrompu par tous actes comportant reconnaissance de la part des débiteurs et par tous actes interruptifs de la prescription. () 5° Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public lui adresse la mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257 du livre des procédures fiscales avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement, le comptable public peut, à l'expiration d'un délai de huit jours suivant sa notification, engager des poursuites devant donner lieu à des frais mis à la charge du redevable dans les conditions fixées à l'article 1912 du code général des impôts. () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie de saisie administrative à tiers détenteur dans les conditions prévues à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales ".

6. Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir ". Aux termes de l'article L. 262 du même livre : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables () ". Aux termes de l'article L. 281 de ce livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ". Enfin, aux termes de l'article R. 281-1 de ce même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même (). / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques () ".

Sur le litige relatif à la saisie administrative à tiers détenteur :

A titre principal :

7. Il résulte des dispositions citées aux points 5 et 6 que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé relève de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

8. Compte tenu de la nature de ses conclusions et des moyens invoqués, la société Viamedis doit notamment être regardée comme contestant le montant de la dette qui lui est réclamée par la saisie administrative en litige compte tenu des paiements qu'elle a déjà effectués. Une telle demande, qui a ainsi le caractère d'une contestation relative au recouvrement, relève de la compétence du juge de l'exécution, c'est-à-dire du juge judiciaire. L'opposition à poursuites présentée par la société Viamedis doit dès lors être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 39 540,23 euros procédant de la saisie administrative à tiers détenteur du 27 juillet 2021 et au remboursement de la somme ainsi saisie doivent donc être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

A titre surabondant :

En ce qui concerne l'étendue du litige :

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'émission, le 27 juillet 2021, de la saisie administrative à tiers détenteur, la société Viamedis a procédé, dans les mains du comptable du centre hospitalier de la Guiche, au règlement spontané d'une somme globale de 12 710 euros, par des virements bancaires nos 7837011 et 7483695 respectivement effectués les 17 septembre 2021 et 2 septembre 2021, correspondant au montant des titres exécutoires nos 177, 73, 87, 454, 458, 598, 683, 688 et 753 et que, après l'introduction de la requête, le comptable a remboursé à la société Viamedis cette somme de 12 710 euros au motif qu'elle avait déjà été recouvrée par son appréhension, par l'effet de la saisie, sur le compte bancaire détenu par la société. L'opposition à poursuites présentée par la société Viamedis, en tant qu'elle porte sur la somme de 12 710 euros, est dès lors devenue sans objet.

10. En second lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'émission, le 27 juillet 2021, de la saisie administrative à tiers détenteur, la société Viamedis ou sa mutuelle client ont procédé, dans les mains du comptable du centre hospitalier de la Guiche, au règlement spontané d'une somme globale de 18 945,32 euros les 22 décembre 2021, 14 avril 2022, 15 avril 2022, 6 mai 2022, 17 août 2022, 12 octobre 2023 et 2 novembre 2023 correspondant au montant du titre exécutoire n° 1189 du 19 décembre 2018 qui restait encore à recouvrer -1 123,72 euros- et des titres exécutoires nos 195 (1 680 euros), 451, 452, 455, 523, 525, 596, 680, 684, 195 (1 740 euros) et 72 et que, en cours d'instance, les 17 mai, 18 mai et 6 octobre 2022 et les 20 et 24 novembre 2023, le comptable a remboursé à la société Viamedis cette somme de 18 945,32 euros au motif qu'elle avait déjà été recouvrée par son appréhension, par l'effet de la saisie, sur le compte bancaire détenu par la société. L'opposition à poursuites présentée par la société Viamedis, en tant qu'elle porte sur la somme de 18 945,32 euros, est dès lors devenue sans objet.

11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que les conclusions de la société Viamedis tendant au remboursement de la somme qui a été saisie à la suite de l'acte de poursuite émis le 27 juillet 2021 sont devenues sans objet à hauteur de 31 655,32 euros (12 710 + 18 945,32).

En ce qui concerne la recevabilité du litige :

12. Il ne résulte pas de l'instruction que la société Viamedis, préalablement à la saisine du juge, aurait présenté, devant le directeur départemental des finances de Saône-et-Loire, la contestation mentionnée à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. Le centre hospitalier de la Guiche est dès lors fondé à soutenir que la société requérante n'est pas recevable à porter directement sa contestation devant le juge.

Sur les litiges relatifs aux titres exécutoires :

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 1189, 195 (1 680 euros) 451, 452, 455, 523, 525, 596, 680, 684, 195 (1 740 euros) et 72 :

13. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit au point 10 que la société Viamedis ou sa mutuelle cliente ont spontanément payé au comptable, entre le 22 décembre 2021 et le 2 novembre 2023, les créances figurant dans les douze titres exécutoires ci-dessus référencés et que la société requérante n'a soumis au juge aucune contestation relative au bien-fondé de ces créances mais lui a simplement indiqué, dans le dernier état de ses écritures, que ces créances avaient été " mises en paiement ". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que, postérieurement à l'introduction de la requête, la société a reconnu que les créances qui lui étaient réclamées étaient bien dues. Le litige relatif au bien-fondé de ces créances ayant disparu en cours d'instance, les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ces douze titres exécutoires et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires sont par conséquent devenues sans objet à la date du présent jugement. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur ces conclusions.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 177, 73, 87, 454, 458, 598, 683, 688 et 753 :

14. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit au point 9 que la société Viamedis a spontanément payé au comptable, entre le 2 et le 17 septembre 2021, les créances figurant dans les neuf titres exécutoires ci-dessus référencés et n'a soumis au juge aucune contestation relative au bien-fondé de ces créances mais lui a simplement indiqué, dans le dernier état de ses écritures, que ces créances avaient été " mises en paiement ". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que, avant même l'introduction de la requête, intervenue le 20 septembre 2021, la société a reconnu que les créances qui lui étaient réclamées étaient bien dues et qu'il n'existait ainsi aucun litige relatif au bien-fondé de ces créances. Les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ces neuf titres exécutoires et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires ne sont par conséquent pas recevables et doivent par suite être rejetées pour ce motif.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 416 et 910 :

15. En principe, le non-respect de l'obligation d'informer le débiteur sur les voies et les délais de recours, prévue par l'article R. 421-5 du code de justice administrative, ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie, est de nature à faire obstacle à ce que le délai de forclusion, prévu par le deuxième alinéa du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, lui soit opposable. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance.

16. Il résulte de l'instruction que la société Viamedis a eu connaissance des titres exécutoires 416 et 910, respectivement émis les 23 mai 2019 et 11 octobre 2019 au plus tard le 21 octobre 2019, date à laquelle lui a été notifiée une mise en demeure valant commandement de payer ou le 3 décembre 2019, date à laquelle un fichier comportant l'ensemble des titres exécutoires émis avant cette date et restés " impayés " lui a été transmis. En ne demandant l'annulation de ces titres exécutoires que le 20 septembre 2021, soit près de deux ans après en avoir eu connaissance, sans faire état de circonstances particulières l'ayant conduit à contester aussi tardivement ces titres, la société Viamedis ne peut pas être regardée comme ayant exercé son recours dans un délai raisonnable.

17. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 16 que les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres exécutoires nos 416 et 910 et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires, tardivement présentées, ne sont pas recevables et doivent par suite être rejetées pour ce motif.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 1111, 1045, et 276 :

S'agissant des fins de non-recevoir opposées en défense :

18. En premier lieu, les conclusions de la société Viamedis comportent des moyens, analysés dans les visas du présent jugement, invoqués à l'encontre des titres exécutoires nos 1111, 1045 et 276. La fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de la méconnaissance de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, doit dès lors être écartée.

19. En deuxième lieu, eu égard aux dispositions du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, la société Viamedis, qui a produit une saisie administrative à tiers détenteur comportant notamment la référence des titres exécutoires nos 1111, 1045 et 276 ainsi qu'un tableau énumérant, pour chacun de ces titres, sa date et sa référence, la date des soins ainsi que le montant de la créance, n'a en l'espèce pas méconnu les dispositions de l'article R. 412-1 du code de justice administrative La fin de non-recevoir opposée à ce titre doit dès lors être écartée.

20. En dernier lieu, le centre hospitalier de la Guiche n'apporte pas la preuve que les titres exécutoires nos 1111, 1045 et 276, respectivement émis le 17 décembre 2019, 25 janvier 2021 et 15 avril 2020, comportaient la mention des voies et des délais de recours et ont été notifiés à la société Viamedis à une date déterminée. Il n'établit pas davantage avoir porté à la connaissance de la société ces trois titres, tous établis postérieurement aux dates auxquelles ont été notifiés la mise en demeure et le courriel mentionnés au point 16, à une date identifiable. Dès lors, le centre hospitalier de la Guiche n'est pas fondé à soutenir que les conclusions tendant à l'annulation de ces titres ont été tardivement présentées au regard du délai résultant de l'application combinée de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique et du 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ou du délai raisonnable tel qu'il a été défini au point 15.

S'agissant du bien-fondé des créances :

Quant au titre exécutoire n° 1111 :

21. Il résulte de l'instruction que la prise en charge de M. A B par sa mutuelle est de 100% pour ce qui concerne le forfait journalier, sur la base des frais réels et pour une durée limitée à 20 jours, et que la chambre particulière est prise en charge pour une durée maximale de 20 jours et dans la limite d'un plafond journalier de 40 euros.

22. M. B étant resté hospitalisé du 20 septembre 2019 au 24 novembre 2019, le montant maximal facturable à la société Viamedis au titre de cette hospitalisation était donc de 1 200 euros (20x20 + 40x20). La société requérante est dès lors fondée à soutenir que la créance qui lui a été réclamée par le titre exécutoire n° 1111, d'un montant de 1 380 euros, n'est pas conforme à la prise en charge consentie par sa mutuelle cliente et à demander l'annulation de ce titre exécutoire en tant qu'il excède la somme de 1 200 euros et la décharge de l'obligation de payer la somme de 180 euros.

Quant au titre exécutoire n° 1045 :

23. Il résulte de l'instruction que le forfait journalier est pris en charge par la mutuelle de M. A C dans la limite d'un plafond de 20 euros par jour et une durée limitée à 15 jours et que la chambre particulière est prise en charge pour une durée maximale de 15 jours et dans la limite d'un plafond journalier de 45 euros.

24. M. C étant resté hospitalisé du 2 novembre au 15 décembre 2020, le montant maximal facturable à la société Viamedis au titre de cette hospitalisation était donc de 975 euros (20x15 + 45x15). La société requérante est dès lors fondée à soutenir que la créance qui lui a été réclamée par le titre exécutoire n° 1045, d'un montant de 1 705 euros, n'est pas conforme à la prise en charge consentie par sa mutuelle cliente et à demander l'annulation de ce titre exécutoire en tant qu'il excède la somme de 975 euros et la décharge de l'obligation de payer la somme de 730 euros.

Quant au titre exécutoire n° 276 :

25. Il résulte de l'instruction, et en particulier des documents " dossier 200362056 Accordée " et " dossier 200367753 Accordée ", que le forfait journalier est pris en charge par la mutuelle de Mme F E dans la limite d'un plafond de 20 euros par jour et une durée limitée à 30 jours et que la chambre particulière est prise en charge pour une durée maximale de 30 jours et dans la limite d'un plafond journalier de 40 euros.

26. Mme E étant resté hospitalisée du 18 décembre 2019 au 11 juin 2020, le montant maximal facturable à la société Viamedis au titre de cette hospitalisation était donc de 1 800 euros (20x30 + 40x30). La société requérante est dès lors fondée à soutenir que la créance qui lui a été réclamée par le titre exécutoire n°276, d'un montant de 1 860 euros, n'est pas conforme à la prise en charge consentie par sa mutuelle cliente et à demander l'annulation de ce titre exécutoire en tant qu'il excède la somme de 1 800 euros et la décharge de l'obligation de payer la somme de 60 euros.

Sur les frais liés au litige :

27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Viamedis, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que demande le centre hospitalier de la Guiche au titre des frais que celui-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

28. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Guiche la somme que demande la société Viamedis au titre de ces mêmes dispositions.

DECIDE :

Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 39 540,23 euros procédant de la saisie administrative à tiers détenteur du 27 juillet 2021 et au remboursement de la somme ainsi saisie sont rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la société Viamedis tendant, d'une part, à l'annulation des titres exécutoires nos 1189, 195 (1 680 euros), 451, 452, 455, 523, 525, 596, 680, 684, 195 (1 740 euros) et 72 et, d'autre part, à la décharge de l'obligation de payer les créances procédant de ces titres exécutoires.

Article 3 : Le titre exécutoire no 1111 émis le 17 décembre 2019 à l'encontre de la société Viamedis est annulé en tant qu'il excède la somme de 1 200 euros et la société Viamedis est déchargée de l'obligation de payer la somme de 180 euros procédant de ce titre exécutoire.

Article 4 : Le titre exécutoire no 1045 émis le 25 janvier 2021 à l'encontre de la société Viamedis est annulé en tant qu'il excède la somme de 975 euros et la société Viamedis est déchargée de l'obligation de payer la somme de 730 euros procédant de ce titre exécutoire.

Article 5 : Le titre exécutoire no 276 émis le 15 avril 2020 à l'encontre de la société Viamedis est annulé en tant qu'il excède la somme de 1 800 euros et la société Viamedis est déchargée de l'obligation de payer la somme de 60 euros procédant de ce titre exécutoire.

Article 6 : Les conclusions présentées par les parties sont rejetées pour le surplus.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au centre hospitalier de la Guiche et au directeur départemental des finances de Saône-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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