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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2102426

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2102426

jeudi 11 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2102426
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantALAIN BENSOUSSAN SELAS

Texte intégral

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de la santé publique ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;

- le code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- les conclusions de M. A.

Le 22 décembre 2023, la société Viamedis a produit une note en délibéré.

Considérant ce qui suit :

1. La société Viamedis est un organisme de gestion du tiers payant pour le compte d'organismes d'assurance maladie complémentaire, les mutuelles, avec lesquels elle a conclu une convention ayant pour objet la mise en place d'un système de délégation de paiement, permettant aux assurés sociaux de se soigner, sans avoir à supporter d'avances financières pour leur complémentaire de santé, au moment de la délivrance des prestations de soins. A ce titre, la société Viamedis paie les factures émises par les professionnels et établissements de santé, publics ou privés -avec lesquels elle conclut généralement une convention en ce sens-, au nom et pour le compte des mutuelles, ses clients assureurs, puis en demande le remboursement à ces dernières. La société Viamedis a ainsi conclu une convention avec le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey ayant pour objet la mise en place de la procédure de tiers-payant en matière d'examens, de soins médicaux et de frais d'hospitalisation, afin de permettre aux adhérents des organismes de complémentaire santé, clients de la société Viamedis, d'être dispensés d'avance de frais.

2. La société Viamedis a refusé de payer certaines factures émises par le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey au motif que les créances qui lui étaient réclamées n'étaient pas fondées ou étaient prescrites et qu'elle ne souhaitait pas se voir elle-même opposer cette prescription ou cette absence de bien-fondé par ses clients assureurs lors de sa demande de remboursement. Le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey a cependant décidé de procéder au recouvrement des factures non réglées par la voie de titres exécutoires et a ensuite mise en œuvre une procédure de recouvrement forcé de ces créances par la voie d'une saisie administrative à tiers détenteur.

3. Le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey a ainsi émis, entre le 13 juillet 2012 et le 7 janvier 2021, vingt titres exécutoires, identifiés sous les nos 4246378, 4294774, 345411, 2528807, 898298, 3794395, 318886, 2701127, 146555, 3738705, 825863, 2192506, 4129883, 4248152, 355629, 406753, 4180452, 4293723, 3155650 et 3629686, pour un montant total de 54 785,85 euros. Constatant que la société Viamedis n'avait pas procédé au règlement des créances identifiées dans ces titres exécutoires, le directeur départemental des finances de Saône-et-Loire a émis à l'encontre de la société, le 14 juin 2021, dix SATD, référencées sous les nos 37573545533, 37573579133, 37573605733, 37573617433, 37573617733, 37573627233, 37573645233, 37573667333, 37573735733 et 37573767933, pour un montant global de 54 785,85 euros.

4. Par ses conclusions analysées, ci-dessus, aux 1°) à 4°) des visas du présent jugement, la société Viamedis doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler ces vingt titres exécutoires et de la décharger de l'obligation de payer les créances y figurant et, d'autre part, de la décharger de l'obligation de payer la somme de 54 785,85 euros procédant des dix SATD émises le 14 juin 2021 et de lui rembourser les sommes ainsi saisies.

Sur le cadre juridique :

5. Aux termes de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique : " I.- Les créances des établissements publics de santé sont recouvrées selon les modalités définies aux articles L. 1611-5 et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales. () Par dérogation aux 5° et 6° du même article L. 1617-5, le comptable public assignataire de l'établissement public de santé adresse, sans lettre de relance préalable, une mise en demeure pour un ou plusieurs titres de recettes aux fins d'interrompre la prescription prévue au 3° dudit article L. 1617-5 ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / Toutefois, l'introduction devant une juridiction de l'instance ayant pour objet de contester le bien-fondé d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local suspend la force exécutoire du titre. / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / 2° La contestation qui porte sur la régularité d'un acte de poursuite est présentée selon les modalités prévues à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales. () / 3° L'action des comptables publics chargés de recouvrer les créances des régions, des départements, des communes et des établissements publics locaux se prescrit par quatre ans à compter de la prise en charge du titre de recettes. /Le délai de quatre ans mentionné à l'alinéa précédent est interrompu par tous actes comportant reconnaissance de la part des débiteurs et par tous actes interruptifs de la prescription. () 5° Lorsque le redevable n'a pas effectué le versement qui lui était demandé à la date limite de paiement, le comptable public lui adresse la mise en demeure de payer prévue à l'article L. 257 du livre des procédures fiscales avant la notification du premier acte d'exécution forcée devant donner lieu à des frais. / Lorsque la mise en demeure de payer n'a pas été suivie de paiement, le comptable public peut, à l'expiration d'un délai de huit jours suivant sa notification, engager des poursuites devant donner lieu à des frais mis à la charge du redevable dans les conditions fixées à l'article 1912 du code général des impôts. () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie de saisie administrative à tiers détenteur dans les conditions prévues à l'article L. 262 du livre des procédures fiscales ".

6. Aux termes de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales : " Constituent des titres exécutoires les arrêtés, états, rôles, avis de mise en recouvrement, titres de perception ou de recettes que l'Etat, les collectivités territoriales ou les établissements publics dotés d'un comptable public délivrent pour le recouvrement des recettes de toute nature qu'ils sont habilités à recevoir ". Aux termes de l'article L. 262 du même livre : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables () ". Aux termes de l'article L. 281 de ce livre : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. () Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : () c) Pour les créances non fiscales des collectivités territoriales, des établissements publics locaux et des établissements publics de santé, devant le juge de l'exécution ". Enfin, aux termes de l'article R. 281-1 de ce même livre : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article L. 281 peuvent être formulées par le redevable lui-même (). / Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent suivant : / a) Le directeur départemental ou régional des finances publiques du département dans lequel a été prise la décision d'engager la poursuite ou le responsable du service à compétence nationale si le recouvrement incombe à un comptable de la direction générale des finances publiques () ".

Sur le litige relatif aux saisies administratives à tiers détenteur :

A titre principal :

7. Il résulte des dispositions citées aux points 5 et 6 que l'ensemble du contentieux du recouvrement des créances non fiscales des établissements publics de santé relève de la compétence du juge de l'exécution, tandis que le contentieux du bien-fondé de ces créances est de celle du juge compétent pour en connaître sur le fond.

8. Compte tenu de la nature de ses conclusions et des moyens invoqués, la société Viamedis doit notamment être regardée comme contestant le montant de la dette qui lui est réclamée par les SATD en litige compte tenu des paiements qu'elle a déjà effectués et comme contestant l'exigibilité d'une partie de la dette au motif que certaines des créances figurant dans ces SATD sont prescrites. Une telle demande, qui a ainsi le caractère d'une contestation relative au recouvrement, relève de la compétence du juge de l'exécution, c'est-à-dire du juge judiciaire. Les oppositions à poursuite présentées par la société Viamedis doivent dès lors être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître. Les conclusions tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 54 785,85 euros procédant des SATD émises le 14 juin 2021 et au remboursement des sommes ainsi saisies doivent donc être rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

A titre surabondant :

9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la société Viamedis, postérieurement à l'émission, le 14 juin 2021, des SATD, a procédé, dans les mains du comptable du centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey, au règlement spontané d'une somme globale de 29 653,06 euros, par des virements respectivement effectués en juillet 2021, correspondant au montant des titres exécutoires nos 4246378, 4294774, 2701127, 3738705, 4129883, 4248152 et 4180452 et que, au cours du mois d'août 2021, avant l'introduction de la requête, le comptable a remboursé à la société Viamedis cette somme de 29 653,06 euros au motif qu'elle avait déjà été recouvrée par son appréhension, par l'effet de la saisie, sur le compte bancaire détenu par la société. Les oppositions à poursuite présentées par la société Viamedis, en tant qu'elles portent sur la somme de 29 653,06 euros, étaient dès lors privées d'objet avant l'enregistrement de la requête et ne sont par suite pas recevables.

10. En second lieu, il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'émission, le 14 juin 2021, des SATD, la mutuelles April santé prévoyance, cliente de la société Viamedis, a procédé, dans les mains du comptable du centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey, au règlement spontané d'une somme de 1 470 euros, le 13 juillet 2021, correspondant au montant du titre exécutoire no 3794395 et que, le 11 août 2021, avant l'introduction de l'instance, le comptable a remboursé à la société Viamedis cette somme de 1 470 euros au motif qu'elle avait déjà été recouvrée par son appréhension, par l'effet de la saisie, sur le compte bancaire détenu par la société. L'opposition à poursuite présentée par la société Viamedis dirigée contre la SATD n° 37573605733, en tant qu'elle porte sur la somme de 1 470 euros, était dès lors privée d'objet avant l'enregistrement de la requête et n'est par suite pas recevable.

11. Il résulte de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que les conclusions de la société Viamedis tendant au remboursement des sommes qui ont été saisies à la suite des actes de poursuite émis le 14 juin 2021 ne sont pas recevables à hauteur de 31 123,06 euros (29 653,06 + 1 470).

Sur les litiges relatifs aux titres exécutoires :

En ce qui concerne le litige relatif au titre exécutoire no 355629 :

12. Il résulte de l'instruction que le titre exécutoire no 355629, émis le 10 juillet 2013 pour un montant de 2 023,92 euros a été retiré, en cours d'instance, par le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey le 19 novembre 2021. Les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ce titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer la créance réclamée par ce titre exécutoire sont par conséquent devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur ces conclusions.

En ce qui concerne le litige relatif au titre exécutoire no 825863 :

13. Il résulte de l'instruction, et en particulier du courriel du 24 septembre 2021 et de " l'avis des sommes à payer duplicata " comportant la signature de Mme B et le tampon du centre hospitalier, que le titre exécutoire no 825863, émis pour un montant de 2 670 euros, doit être regardé comme ayant été retiré, en cours d'instance, par le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey le 24 septembre 2021. Les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ce titre exécutoire et la décharge de l'obligation de payer la créance réclamée par ce titre exécutoire sont par conséquent devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu de statuer sur ces conclusions.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 2528807 et 2192506 :

14. Il résulte de l'instruction que la société Viamedis a spontanément payé au comptable, les 9 décembre 2021 et 11 mai 2022, les créances figurant respectivement dans les titres exécutoires nos 2192506 et 2528807 et n'a soumis au juge aucune contestation relative au bien-fondé de ces créances mais lui a simplement indiqué, dans le dernier état de ses écritures, que ces créances avaient été " mises en paiement ". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que, postérieurement à l'introduction de la requête, la société a reconnu que les créances qui lui étaient réclamées étaient bien dues. Le litige relatif au bien-fondé de ces créances ayant disparu en cours d'instance, les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ces deux titres exécutoires et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires sont par conséquent devenues sans objet à la date du présent jugement.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 318886 et 406753 :

15. Il résulte de l'instruction que les titres exécutoires nos 318886 et 406753, respectivement émis les 26 mars 2013 et 25 novembre 2013 pour des montants de 3 026,88 euros et de 2 350,77 euros ont été respectivement retirés par le centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey les 16 juillet et 20 septembre 2021. Les oppositions à titres exécutoires de la société requérante étaient donc privées d'objet avant même l'introduction de la requête. Les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres exécutoires nos 318886 et 406753 et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires ne sont par conséquent pas recevables et doivent par suite être rejetées pour ce motif.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 4246378, 4294774, 2701127, 3738705, 4129883, 4248152, 4180452, 3794395, 4293723, 3155650 et 3629686 :

16. Il résulte de l'instruction et de ce qui a été dit aux points 9 et 10 que la société Viamedis ou ses mutuelles clientes ont spontanément payé au comptable, entre le 13 juillet et le 13 septembre 2021, les créances figurant dans les onze titres exécutoires ci-dessus référencés et que la société Viamedis n'a soumis au juge aucune contestation relative au bien-fondé de ces créances mais lui a simplement indiqué, dans le dernier état de ses écritures, que ces créances avaient été " mises en paiement ". Dans ces conditions, il y a lieu de considérer que, avant même l'introduction de la requête, intervenue le 21 septembre 2021, la société a reconnu que les créances qui lui étaient réclamées étaient bien dues et qu'il n'existait ainsi aucun litige relatif au bien-fondé de ces créances. Les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation de ces onze titres exécutoires et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires ne sont par conséquent pas recevables et doivent par suite être rejetées pour ce motif.

En ce qui concerne les litiges relatifs aux titres exécutoires nos 345411, 898298 et 146555 :

17. En principe, le non-respect de l'obligation d'informer le débiteur sur les voies et les délais de recours, prévue par l'article R. 421-5 du code de justice administrative, ou l'absence de preuve qu'une telle information a été fournie, est de nature à faire obstacle à ce que le délai de forclusion, prévu par le deuxième alinéa du 1° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, lui soit opposable. Toutefois, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance.

18. Il résulte de l'instruction que la société Viamedis a eu connaissance des titres exécutoires nos 345411, 898298 et 146555, respectivement émis le 14 juin 2013, le 2 octobre 2014 et le 13 juillet 2012 au plus tard le 22 octobre 2019, date à laquelle lui a été notifiée une mise en demeure valant commandement de payer à laquelle était annexée un document comportant les références précises de ces titres exécutoires. En ne demandant l'annulation de ces titres exécutoires que le 21 septembre 2021, soit près de deux ans après en avoir eu connaissance, sans faire état de circonstances particulières l'ayant conduit à contester aussi tardivement ces titres, la société Viamedis ne peut pas être regardée comme ayant exercé son recours dans un délai raisonnable.

19. Il résulte de ce qui vient d'être dit au point 18 que les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres exécutoires nos 345411, 898298 et 146555 et la décharge de l'obligation de payer les créances réclamées par ces titres exécutoires, tardivement présentées, ne sont pas recevables et doivent par suite être rejetées pour ce motif.

Sur les frais liés au litige :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat et du centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey la somme que demande la société Viamedis au titre des frais que celle-ci a exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : Les conclusions de la société Viamedis tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 54 785,85 euros procédant des dix saisies administratives à tiers détenteur émises le 14 juin 2021 sont rejetées comme présentées devant une juridiction incompétente pour en connaitre.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la société Viamedis tendant à l'annulation des titres exécutoires nos 355629, 825863, 2528807 et 2192506 et à la décharge de l'obligation de payer les sommes procédant de ces titres exécutoires.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société Viamedis sont rejetées pour le surplus.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamedis, au centre hospitalier Chalon-sur-Saône William Morey et au directeur départemental des finances de Saône-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 14 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 janvier 2024.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

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