jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102648 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL GENTILHOMME AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2021, et des mémoires enregistrés les 23 octobre et 28 octobre 2021, l'association de Défense de l'Environnement Dornecycois et Nivernais (ADEDN) demande au tribunal d'annuler la décision du 13 août 2021 par laquelle le maire de Dornecy ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Orange pour l'implantation d'une antenne relais.
Elle soutient que :
- la décision ne reprend pas les prescriptions de l'architecte des Bâtiments de France et est ainsi insuffisamment motivée ;
- en ne sollicitant pas de la part de la société Orange la recherche de mutualisation des installations techniques, le maire a entaché sa décision d'un défaut d'examen complet ;
- en décidant de ne pas s'opposer à la déclaration préalable présentée par la société Orange, le maire a méconnu l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme ;
- en n'imposant pas au pétitionnaire de respecter l'obligation résultant de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications, le maire a méconnu cette disposition et a entaché sa décision d'une erreur de droit ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, et est à tout le moins, entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 octobre 2021, la commune de Dornecy conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'autorisation attaquée est une autorisation tacite délivrée au nom de l'Etat.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 mars 2022, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'association ne justifie pas de son intérêt pour agir, en l'absence d'élément remarquable du patrimoine ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 octobre 2022 et 13 décembre 2022, la société Orange, représentée par Me Gentilhomme, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association ADEDN la somme de 5 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
-les moyens tirés du défaut d'examen et de la méconnaissance des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications sont inopérants ;
-les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du patrimoine ;
- le code des postes et télécommunications électroniques ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société Orange a déposé le 7 juin 2021 en mairie de Dornecy une déclaration préalable en vue de l'implantation d'une antenne relais comportant un pylône d'une hauteur de 30 mètres, et d'armoires techniques, clôturées par un grillage de deux mètres de hauteur sur un terrain situé à Dornecy. L'association ADEDN doit être regardée comme demandant l'annulation de l'autorisation tacite résultant du silence gardé sur cette déclaration.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 632-1 du code du patrimoine : " Dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable, sont soumis à une autorisation préalable les travaux susceptibles de modifier l'état des parties extérieures des immeubles bâtis, y compris du second œuvre, ou des immeubles non bâtis. () ". Aux termes de l'article L. 632-2 du même code : " () L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation peut proposer un projet de décision à l'architecte des Bâtiments de France. Celui-ci émet un avis consultatif sur le projet de décision et peut proposer des modifications, le cas échéant après étude conjointe du dossier./ L'autorisation délivrée énonce, le cas échéant, les prescriptions motivées auxquelles le demandeur doit se conformer. () ".
3. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le terrain d'assiette du projet se situerait dans le périmètre de protection ou dans le champ de visibilité d'un monument historique, ou dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou d'un site classé ou inscrit, ainsi que le précise l'avis émis le 24 juin 2021 par l'architecte des Bâtiments de France. Par suite, cet avis était purement facultatif, et le maire de Dornecy n'était pas tenu de reprendre les recommandations contenues dans cet avis afin d'améliorer l'insertion paysagère naturelle de ce projet, ni d'expliquer les motifs pour lesquels il a décidé de ne pas suivre ces recommandations. Dès lors, le maire de Dornecy n'a pu entacher sa décision, au demeurant tacite, d'un défaut de motivation.
4. En deuxième lieu, l'autorité compétente doit seulement se prononcer sur la conformité du projet d'implantation d'une antenne-relais aux règles d'urbanisme en vigueur et il ne lui appartient pas, dès lors, d'apprécier l'opportunité du choix d'implantation de celui-ci ni de contrôler le respect de la réglementation des postes et télécommunications. Le moyen tiré du défaut d'examen du projet au regard des dispositions de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications électroniques ne peut, par suite, qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune. ". Et aux termes de l'article L. 111-4 du même code : " Peuvent toutefois être autorisés en dehors des parties urbanisées de la commune : ()2° Les constructions et installations nécessaires à l'exploitation agricole, à des équipements collectifs dès lors qu'elles ne sont pas incompatibles avec l'exercice d'une activité agricole, pastorale ou forestière sur le terrain sur lequel elles sont implantées, à la réalisation d'aires d'accueil ou de terrains de passage des gens du voyage, à la mise en valeur des ressources naturelles et à la réalisation d'opérations d'intérêt national ; () "
6. La commune de Dornecy n'est couverte par aucun document d'urbanisme. La société Orange, qui s'est engagée auprès des pouvoirs publics à couvrir le territoire national par les réseaux de téléphonie mobile, en particulier dans le cadre du programme " new deal " de janvier 2018 visant notamment à accélérer la couverture des zones rurales, participe à la réalisation d'une mission de service public. Eu égard à l'intérêt général qui s'attache à la réalisation d'un tel réseau, une antenne-relais de radiotéléphonie doit être regardée comme une installation nécessaire à un équipement collectif au sens des dispositions précitées, quand bien même la commune serait déjà dotée d'une antenne de téléphonie mobile. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme doit être écarté.
7. En quatrième lieu, si l'association requérante soutient que l'installation de l'antenne en litige aurait dû être mutualisée avec celle d'un autre opérateur téléphonique implanté dans la commune, un tel moyen est inopérant dès lors que, ainsi qu'il a été dit au point 4. , lorsque l'autorité d'urbanisme est saisie d'une déclaration préalable au titre des dispositions de l'article L. 421-4 du code de l'urbanisme, elle est seulement tenue de se prononcer sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme en vigueur et il ne lui appartient dès lors pas d'apprécier l'opportunité du choix d'implantation de celui-ci. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article D. 98-6-1 du code des postes et télécommunications électroniques ne peut qu'être écarté.
8. En dernier lieu, il résulte de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou s'opposer à la déclaration préalable déposée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus d'autorisation de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant l'autorisation, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.
9. Il ressort des pièces du dossier que le site d'implantation projeté ne présente aucun caractère particulier, la circonstance qu'il soit inclus dans un espace naturel, vierge de toute construction, à vocation principalement agricole n'étant pas, à elle seule, de nature à lui donner un caractère particulier. Eu égard à la nature du projet, consistant en l'implantation d'un pylône de type treillis, le maire de Dornecy n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête de l'association ADEDN doit être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur sa recevabilité.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'association ADEDN la somme que demande la société Orange au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de l'association ADEDN est rejetée.
Article 2 : Les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative présentées par la société Orange sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association de Défense de l'Environnement Dornecycois et Nivernais, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Dornecy, au préfet de la Nièvre et à la société Orange.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
M-E A
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026