mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2102742 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | RENOUARD FABRICE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 20 octobre et 6 novembre 2021 et 4 mai 2022, Mme C D demande au tribunal :
1°) de condamner la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud à lui verser la somme de 100 000 euros en réparation de l'intégralité des préjudices subis en raison des diverses fautes commises par cet établissement public ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud de retirer de son dossier administratif le document D 17 et d'y substituer les certificats initiaux d'accident de service de juillet et novembre 2014, complets et authentiques, de communiquer à la commission de réforme tous les manquements de la collectivité, de lui octroyer un taux d'incapacité permanente partielle pour le traumatisme crânien et le poignet de 35 %, de définir un taux d'incapacité permanente partielle pour le talon droit, les chevilles, les genoux, le bassin, l'épaule droite et le foie ;
3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud de transmettre à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales son dossier administratif, " complet rectifié de toute fraude " ;
4°) d'enjoindre à la commission de réforme de lui octroyer un appareil auditif bilatéral tous les cinq ans, une cure thermale annuelle en neurologie et rhumatologie et la prise en charge des soins post-consolidation en neurologie et rhumatologie, en lien direct et certain avec l'accident de service de juillet 2014 :
5°) d'ordonner de nouvelles expertises réalisées par des spécialistes en rhumatologie et neurologie, afin d'évaluer son taux d'incapacité permanente partielle.
Elle soutient que :
- les fiches mentionnant le siège des lésions et accompagnant les déclarations initiales d'accident de service, transmises à son employeur, ont été remplacées, dans son dossier administratif, par une autre fiche incomplète et falsifiée, de sorte que les lésions qu'elle a subies au visage, au nez, aux dents, à l'épaule droite, au bras droit, au coude droit, au dos, à la hanche droite, au genou droit et à la jambe droite n'y figurent pas ;
- elle n'a pu consulter son dossier administratif, malgré ses demandes réitérées ;
- elle doit faire l'objet de nouvelles expertises par des médecins spécialisés en rhumatologie et en neurologie, avant toute nouvelle réunion de la commission de réforme, afin de déterminer le taux d'incapacité permanente partielle dont elle est atteinte, et avant que son dossier soit transmis à la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales ;
- les agents de la communauté d'agglomération se sont rendus coupables de dissimulation de preuves, de faux et usage de faux en écritures, de falsification de documents authentiques, de silences et ont transformé, par intimidation, son congé d'invalidité temporaire imputable au service en congé de maladie ordinaire ;
- elle aurait dû être placée en congé de maladie imputable au service et non en congé de maladie ordinaire du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020 ;
- la gestion administrative de sa pathologie a été défaillante à de nombreuses reprises ;
- le docteur E, qui a siégé au sein de la commission de réforme, aurait dû se déporter ;
- les experts, qui n'ont jamais de dossier complet et authentique, falsifient leurs expertises et leurs comptes rendus ;
- elle doit être indemnisée de ses souffrances physiques et de la mauvaise qualité des soins, en raison de l'arrêt des soins lié à l'absence de leur prise en charge et à la substitution de la déclaration initiale d'accident de service ;
- elle doit être indemnisée de son préjudice moral, lié aux nombreuses expertises dont elle a fait l'objet, à la transformation de son congé d'invalidité temporaire imputable au service en congé de maladie ordinaire et à la falsification de son dossier administratif ;
- elle a droit à une indemnité en réparation de tous les autres chefs de préjudice résultant de la faute lourde et inexcusable et des silences de l'autorité territoriale.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 7 et 27 avril, et 25 mai 2022, la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Cabinet Fabrice Renouard, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, les conclusions indemnitaires sont irrecevables, en l'absence de liaison du contentieux, dès lors qu'elles n'ont pas été précédées d'une réclamation préalable indemnitaire ;
- à titre subsidiaire, les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables, dès lors qu'elles s'analysent comme des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal ;
- à titre infiniment subsidiaire, les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 4 mai 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 6 juin 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 juin 2022 par ordonnance du même jour.
Mme D a présenté un mémoire, enregistré le 6 octobre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B A,
- les conclusions de Mme Mélody Desseix, rapporteure publique,
- et les observations de Mme D, et celles de Me Brendel, représentant la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C D était fonctionnaire titulaire depuis le 1er janvier 2008 au grade d'adjoint technique territorial, affectée dans les services de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud. Alors qu'elle rentrait à bicyclette à son domicile, elle a été victime d'un accident de trajet le 16 juillet 2014, au cours duquel elle a été renversée par un véhicule motorisé. Elle a été placée en congé de maladie imputable au service puis en congé d'invalidité temporaire imputable au service, de manière continue du 17 juillet 2014 au 30 juin 2022. Du 7 juin au 13 octobre 2021, Mme D a échangé plusieurs courriers avec son employeur, dans des termes particulièrement vifs, relatifs à la consultation de son dossier administratif, aux documents qu'il contient ou aurait dû contenir, aux conséquences de cette incomplétude alléguée sur l'appréciation de la date de consolidation des pathologies dont elle souffre, et reconnues ou non imputables au service, sur les nombreuses expertises dont elle a fait l'objet, sur le fonctionnement de la commission de réforme et plus généralement sur la gestion administrative des conséquences de ses pathologies. Mme D demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures, de condamner la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud à lui verser la somme de 100 000 euros en réparation des préjudices résultant des fautes qu'elle impute à l'établissement public, de prononcer diverses injonctions à l'encontre de la communauté d'agglomération et de la commission de réforme et d'ordonner une nouvelle expertise.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit à peine d'irrecevabilité être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué, ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date du dépôt de la réclamation ". L'article R. 421-1 de ce code dispose : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ()".
3. Il résulte de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction résultant du décret n° 2016-1480 du 2 novembre 2016, qu'en l'absence d'une décision de l'administration rejetant une demande formée devant elle par le requérant ou pour son compte, une requête tendant au versement d'une somme d'argent est irrecevable et peut être rejetée pour ce motif même si, dans son mémoire en défense, l'administration n'a pas soutenu que cette requête était irrecevable, mais seulement que les conclusions du requérant n'étaient pas fondées. En revanche, les termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative n'impliquent pas que la condition de recevabilité de la requête tenant à l'existence d'une décision de l'administration s'apprécie à la date de son introduction. Cette condition doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle. Par suite, l'intervention d'une telle décision en cours d'instance régularise la requête, sans qu'il soit nécessaire que le requérant confirme ses conclusions, et alors même que l'administration aurait auparavant opposé une fin de non-recevoir fondée sur l'absence de décision.
4. Par sa requête introductive, et alors même qu'elle indiquait former " un recours en excès de pouvoir ", Mme D a demandé la réparation des préjudices dont elle impute la responsabilité à son employeur dans la gestion administrative des conséquences de l'accident de service dont elle a été victime. Par lettre, en date du 28 octobre 2021, elle a été invitée par le tribunal à chiffrer le montant de ses prétentions et à régulariser sa requête en produisant la décision de la collectivité ayant statué sur sa réclamation préalable indemnitaire ou, à défaut, la preuve de l'envoi de cette réclamation. En réponse à cette demande, Mme D a produit, le 6 novembre 2021 plusieurs lettres adressées à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud. Toutefois, aucune de ces lettres ne contient de demande indemnitaire. Si Mme D a enfin produit, en annexe de son mémoire du 4 mai 2022 une telle réclamation, elle n'apporte pas la preuve de l'envoi de cette lettre et de sa réception par la communauté d'agglomération. La communauté d'agglomération en défense ne soutient pas davantage avoir reçu cette réclamation. Dès lors, Mme D ne justifie pas avoir présenté à l'administration une réclamation préalable tendant à l'indemnisation des préjudices dont elle demande la réparation. Le contentieux n'étant pas lié, en l'état des éléments dont dispose le tribunal, les conclusions indemnitaires présentées par la requérante sont irrecevables et ne peuvent qu'être, pour ce motif, rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. En dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n'appartient au juge administratif ni d'adresser des injonctions à l'administration ni de faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci. Par ailleurs, le juge administratif ne peut être saisi que par la voie d'un recours dirigé contre une décision.
6. Mme D, qui se prévaut de divers griefs à l'encontre de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud et de la commission de réforme de la Côte-d'Or, demande au juge administratif de prononcer diverses injonctions. Toutefois, en vertu des principes rappelés au point précédent, il n'appartient pas au juge administratif, qui ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation de l'administration au paiement d'une indemnité, de connaître de telles conclusions qui constituent des conclusions à fin d'injonction à titre principal. Mme D ne demande l'annulation d'aucune décision de l'administration, même implicite, prise sur d'éventuelles demandes qu'elle aurait formulées. Dès lors, ses conclusions à fin d'injonction sont manifestement irrecevables et doivent également être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise sollicitée, que la requête de Mme D doit être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la communauté d'agglomération Beaune Côte et Sud.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,
M. Hugez, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
I. A
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026