mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2103085 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | CH 1 JU |
| Avocat requérant | JOUSSELIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 29 novembre 2021, 4 juillet 2022 et 29 mars 2023, Mme A B, représentée par Me Jousselin, demande, dans le dernier état de ses écritures, au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande tendant à 1'échange de son permis de conduire britannique contre un titre de conduite français au motif qu'elle était incomplète et la décision non datée du préfet de la Loire-Atlantique rejetant sa demande du 4 mars 2021 tendant à 1'échange de son permis de conduire britannique contre un titre de conduite français au motif qu'il n'existait pas d'accord de réciprocité entre la France et le Royaume Uni ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de réexaminer sa demande d'échange de permis de conduire dans les deux mois suivant la notification du jugement sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat à lui verser 5 000 euros en réparation des préjudices que lui a causé le retard imputable à l'administration dans le traitement de sa demande d'échange de permis de conduire ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'exception de non-lieu doit être écartée dès lors que si un permis de conduire français lui a été finalement délivré le 24 mars 2023, il n'en demeure pas moins que le retard de l'administration dans l'instruction de son dossier est fautif et lui a causé un préjudice ;
- la décision du 10 septembre 2020 est insuffisamment motivée et l'administration ne pouvait lui imposer de déposer sa demande par internet ;
- la décision non datée rejetant sa demande du 4 mars 2021 est illégale dès lors que l'administration devait appliquer les textes en vigueur à la date de réception de sa première demande par la préfecture de la Nièvre soit le 11 février 2019 ;
- le retard dans le traitement de sa demande, qui est imputable à la préfecture de la Loire- Atlantique, est fautif et engage la responsabilité de l'Etat ;
- ce retard fautif qui l'a privée de permis de conduire pendant de nombreux mois et lui a fait perdre une chance de bénéficier d'un échange de son permis de conduire avant le changement de réglementation du au Brexit, lui a causé un préjudice matériel et moral qu'elle évalue à 5000 euros ;
- elle n'est pas en mesure de produire l'attestation de droits à conduire qui lui est réclamé dans le cadre de l'instruction de sa nouvelle demande d'échange de permis de conduire dès lors que son permis de conduire britannique est périmé depuis le 31 mai 2019.
Par des mémoires en défense enregistrés les 14 décembre 2021, 17 mars 2022 et 16 septembre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut, au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions attaquées et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que :
- la nouvelle demande d'échange de titre de conduite déposée le 23 novembre 2021 par l'intéressée est en cours d'instruction ; l'administration est toujours en attente de l'attestation des droits à conduire et de l'avis médical demandés les 22 mars et 7 juillet 2022 et non produits par Mme B ;
- l'administration n'a commis aucune faute, l'absence de permis de conduire étant imputable à Mme B qui ne fournit pas les pièces sollicitées qui sont indispensables à l'instruction de sa demande ;
- Mme B n'établit pas davantage l'existence du préjudice dont elle demande réparation.
Par une ordonnance du 30 mars 2023 la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2023.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 14 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- l'arrêté ministériel du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les Etats n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Rousset, vice-président, pour statuer sur les litiges en application des dispositions de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Rousset a seul été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante britannique née en 1949 et résidant en France depuis de nombreuses années, a déposé par lettre recommandée reçue par la préfecture de la Nièvre le 19 février 2019, une demande d'échange de son permis de conduire britannique qui expirait le 31 mai 2019 contre un titre de conduite français. Le 21 février 2019, la préfecture de la Nièvre l'a informée que depuis 2017 ces demandes étaient instruites par le préfet de la Loire-Atlantique. La demande a par conséquent été transmise à la préfecture de la Loire-Atlantique qui l'a reçue le 6 mars 2019. Par un courrier daté du 10 septembre 2020 et reçu le 15 septembre 2020, le préfet de la Loire-Atlantique a informé Mme B que son dossier de demande d'échange de permis de conduire était incomplet. Il l'a également invitée à déposer un dossier complet par télé procédure sur le site de l'ANTS, ce que l'intéressée a fait le 4 mars 2021. Par un courrier non daté, le préfet de la Loire-Atlantique a informé Mme B du rejet de sa demande du 4 mars 2021au motif qu'il n'existait pas d'accord de réciprocité entre la France et le Royaume Uni. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal, d'une part, d'annuler la décision du 10 septembre 2020 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a rejeté sa demande tendant à 1'échange de son permis de conduire britannique contre un titre de conduite français au motif qu'elle était incomplète et la décision non datée du préfet de la Loire-Atlantique refusant de faire droit à sa demande du 4 mars 2021 au motif qu'il n'existait pas d'accord de réciprocité entre la France et le Royaume Uni et, d'autre part, de condamner l'Etat à lui verser 5 000 euros en réparation des préjudices que lui a causé le retard imputable à l'administration dans le traitement de sa demande d'échange de permis de conduire.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Loire-Atlantique a décidé d'accorder à Mme B un permis de conduire français valable du 20 mars 2023 au 20 mars 2038. La requérante ayant ainsi obtenu satisfaction en cours d'instance, ses conclusions tendant à l'annulation des décisions refusant de faire droit à ses demandes d'échange de permis de conduire britannique contre un titre de conduite français et à ce qu'il soit enjoint, sous astreinte, à l'administration de réexaminer sa demande ont perdu leur objet. Dès lors, il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. Mme B soutient que la responsabilité de l'Etat est engagée en raison de l'inertie fautive dont a fait preuve la préfecture de la Loire-Atlantique qui, alors qu'elle avait reçu sa demande le 6 mars 2019, a attendu le 15 septembre 2020, soit plus de dix-huit mois, pour lui répondre que son dossier était incomplet et l'inviter à procéder au dépôt électronique de sa demande sur le site web de l'ANTS. Elle fait valoir que ce manque de diligence dans l'instruction de sa demande lui a causé un préjudice matériel et moral dès lors qu'elle a été privée de permis de conduire au cours de cette période et qu'elle a perdu une chance d'obtenir son titre de conduite sur la base de la réglementation plus favorable applicable avant l'entrée en vigueur du Brexit le 1er janvier 2021.
4. Toutefois, Mme B, qui a sollicité l'échange de son permis de conduire moins de quatre mois avant l'expiration de son titre de conduite britannique, ne pouvait ignorer que, compte tenu du caractère tardif de sa demande, elle serait privée du droit de conduire pendant plusieurs mois. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la requérante ait effectué entre le 6 mars 2019 et le 15 septembre 2020 des diligences pour s'enquérir de l'avancée de son dossier. Par ailleurs, alors qu'elle était informée depuis le 15 septembre 2020 qu'il lui appartenait de déposer un dossier complet sur le site de l'ANTS, elle a attendu le 4 mars 2021 pour réaliser cette démarche, de sorte qu'elle ne saurait imputer à l'administration la perte de chance de se voir appliquer la réglementation plus favorable dont relevaient les citoyens britanniques avant le 31 décembre 2020. Enfin, elle ne justifie pas de l'existence des préjudices que lui aurait causés l'absence de permis de conduire valide à compter du 1er juin 2019 dans la mesure où elle reconnait dans ses écritures avoir, en toute illégalité, continué à conduire tout au long de la période en litige, sans établir qu'elle aurait renoncé à emprunter son véhicule pour se rendre à Cosne-Cours-sur-Loire. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à ce que l'Etat lui verse une somme de 5 000 euros en réparation de préjudices matériel et moral, qui ne sont justifiés ni dans leur principe ni dans leur évaluation, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
DECIDE :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par Mme B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Jousselin.
Copie en sera adressée au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
O. RoussetLa greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026