lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2103269 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ADIDA ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 décembre 2021, et un mémoire enregistré le 23 juin 2022, M. A B, représenté par Me Girardot, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 mai 2017 du préfet de Saône-et-Loire prononçant la saisie définitive de ses armes, lui faisant interdiction d'en acquérir, l'inscrivant au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) et lui interdisant de renouveler définitivement la validation du permis de chasser, la licence de tir et la licence de ball-trap ;
2°) d'annuler la décision implicite résultant du silence gardé sur sa demande reçue par le préfet de Saône-et-Loire le 27 août 2021 par laquelle il demandait l'annulation de l'arrêté du
15 mai 2017, ainsi que la levée de l'interdiction d'acquérir ou de détenir les armes mentionnées dans ledit arrêté, la levée de l'inscription au FINIADA et la levée de l'interdiction de renouveler définitivement la validation du permis de chasser, la licence de tir et la licence de ball-trap ;
3°) d'ordonner la levée de l'interdiction d'acquérir ou de détenir les armes, la levée de l'inscription au FINIADA et la levée de l'interdiction de renouveler définitivement la validation du permis de chasser, la licence de tir et la licence de ball-trap ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la sanction prononcée à son encontre a un caractère excessif et disproportionné ;
- les arrêtés des 13 février et 15 mai 2017 prononçant la saisie provisoire puis définitive des armes ont été pris sur la base d'éléments insuffisants à caractériser une situation de danger pour lui ou pour autrui ;
- il ne présente plus désormais de risque de troubles pour l'ordre public ;
- en application de l'article L. 312-10 du code de la sécurité intérieure, l'interdiction d'acquisition ou de détention d'armes peut être levée par le représentant de l'Etat dans le département en considération du comportement du demandeur ou de son état de santé depuis la décision de saisie ;
- la décision de maintien de l'inscription au FINIADA pour une durée indéterminée est manifestement disproportionnée ;
- la décision a été prise en violation du principe général de droit non bis in idem.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, le préfet de Saône-et-Loire demande au tribunal de rejeter la requête.
Il fait valoir que :
- à titre principal, la requête est tardive et par suite irrecevable ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Buisson, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a fait l'objet le 13 février 2017 d'un arrêté portant saisie des armes et munitions qu'il détenait. Puis, par arrêté du 15 mai 2017, le préfet a ordonné la saisie définitive de toutes les armes et munitions que possédait M. B et prononcé l'interdiction d'acquérir des armes, munitions ou matériels divers de catégorie A, B, C ou D, cette interdiction entrainant son inscription au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FINIADA) et l'interdiction de renouveler définitivement la validation du permis de chasser, la licence de tir et la licence de ball-trap. Le 5 novembre 2019, M. B a sollicité l'abrogation de l'arrêté du
15 mai 2017 auprès du ministre de l'intérieur. Il a formé le 1er avril 2021 une requête tendant à l'annulation de la décision de rejet de cette demande et à l'annulation de l'arrêté du 15 mai 2017. Cette requête a été rejetée par ordonnance du président du tribunal n° 2100905 du 8 juin 2021 en raison de sa tardiveté. Le 25 août 2021, il a saisi le préfet de Saône-et-Loire d'une demande de levée de l'interdiction d'acquérir et de détenir des armes. Cette demande, reçue le 27 août 2021, est demeurée sans réponse. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande du 25 août 2021, ainsi que, à nouveau, l'annulation de l'arrêté du 15 mai 2017.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre l'arrêté du 15 mai 2017 :
2. Ainsi que l'a jugé le président du tribunal par son ordonnance du 8 juin 2017, M. B a eu connaissance de l'arrêté du 15 mai 2017 au plus tard le 5 novembre 2019, date à laquelle il en a sollicité l'abrogation. Cet arrêté comportait la mention des voies et délais de recours. Par suite, les conclusions en annulation de cet arrêté, enregistrées le 20 décembre 2021, sont tardives et par conséquent irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de sa demande de levée des interdictions prononcées à son encontre par l'arrêté du 15 mai 2017 :
3. Aux termes de l'article L. 312-7 du code de la sécurité intérieure alors applicable : " Si le comportement ou l'état de santé d'une personne détentrice d'armes, de munitions et de leurs éléments présente un danger grave pour elle-même ou pour autrui, le représentant de l'Etat dans le département peut lui ordonner, sans formalité préalable ni procédure contradictoire, de les remettre à l'autorité administrative, quelle que soit leur catégorie ". Et aux termes de l'article L. 312-10 du même code : " Il est interdit aux personnes dont l'arme, les munitions et leurs éléments ont été saisis en application de l'article L. 312-7 ou de l'article L. 312-9 d'acquérir ou de détenir des armes, munitions et leurs éléments, quelle que soit leur catégorie. Le représentant de l'Etat dans le département peut cependant décider de limiter cette interdiction à certaines catégories ou à certains types d'armes, de munitions et de leurs éléments. Cette interdiction cesse de produire effet si le représentant de l'Etat dans le département décide la restitution de l'arme, des munitions et de leurs éléments dans le délai mentionné au premier alinéa de l'article L. 312-9. Après la saisie définitive, elle peut être levée par le représentant de l'Etat dans le département en considération du comportement du demandeur ou de son état de santé depuis la décision de saisie ".
4. En premier lieu, la décision attaquée ne constitue pas une sanction mais a le caractère d'une mesure prise par le préfet dans le cadre de son pouvoir de police. Les moyens tirés du caractère excessif et disproportionné de la sanction ne peuvent dès lors être accueillis. M. B ne peut pas davantage faire valoir qu'ayant déjà fait l'objet d'une condamnation pénale pour les mêmes faits, le principe général " non bis in idem " aurait été méconnu.
5. En deuxième lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir des erreurs d'appréciation qui auraient entaché les arrêtés des 13 février 2017 et 15 mai 2017, prononçant la saisie provisoire puis définitive de ses armes, dont la légalité n'est au demeurant plus susceptible d'être discutée devant le juge administratif, dès lors que la décision prise par le préfet sur une demande de levée de telles interdictions repose sur une nouvelle appréciation du comportement du demandeur ou de son état de santé.
6. En dernier lieu, M. B, qui était en possession notamment de quatre baïonnettes, un revolver classé en catégorie B, trois carabines et un fusil de chasse classés en catégorie C, deux carabines classées en catégorie D et un arc de chasse, a fait l'objet de deux interventions de la gendarmerie à son domicile pour des faits de violence conjugale et en raison d'une suspicion de tentative de suicide les 3 et 5 février 2017, au cours desquelles il a tenu des propos menaçants à l'encontre des services de la gendarmerie. Il ne conteste pas sa mise en cause pour des faits de violence conjugale en octobre 2015, mars 2016 et en février 2017 ; à la suite de ces derniers faits, il a fait l'objet d'une condamnation à six mois d'emprisonnement avec sursis, prononcée par un jugement du tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône du 13 février 2017. S'il explique ces faits par une situation de séparation difficile, et produit des éléments montrant que son état de santé s'est stabilisé, le risque de suicide qui avait motivé la saisie d'armes prononcée en 13 février 2017 pouvant ainsi être écarté, il n'en demeure pas moins que le comportement violent et instable dont il a fait preuve à l'époque, et en particulier les faits de violence conjugale pour lesquels il a été condamné, étaient encore récents à la date de la décision attaquée. Ces faits étaient suffisamment préoccupants pour la sécurité d'autrui pour justifier un refus de levée des interdictions prononcées par l'arrêté du 15 mai 2017, quand bien même la saisie d'armes était initialement fondée uniquement sur la tentative de suicide de M. B. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qui entacherait la décision en litige doit par suite être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions en annulation présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions en injonction :
8. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. B de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de Saône-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026