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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2200484

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2200484

jeudi 2 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2200484
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantLAMBERT EMMANUEL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 18 février, 9 mars et 28 juin 2022 sous le n° 2200484, Mme B E, représentée par Me Lambert, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 10 janvier 2022 par laquelle la directrice du centre hospitalier (CH) Pierre Lôo l'a affectée sur un emploi d'attachée chargée des affaires générales, ou, à défaut, d'annuler cette même décision en tant qu'elle la décharge de ses fonctions de responsable des affaires médico-sociales ;

2°) de mettre à la charge du CH Pierre Lôo la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme E soutient que :

- sa requête est recevable dès lors que la décision attaquée ne constitue pas une mesure d'ordre intérieur ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;

- en ne la mettant pas à même de consulter son dossier individuel avant de prononcer sa mutation d'office, la directrice du CH Pierre Lôo a entaché la décision attaquée d'un vice de procédure ;

- en ne consultant pas le conseil de discipline, alors que la décision en litige a le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée, la directrice du CH Pierre Lôo a entaché la décision attaquée d'un vice de procédure ;

- en prononçant à son encontre la sanction de la mutation d'office, alors que cette sanction disciplinaire n'est pas au nombre de celles pouvant légalement être infligées à des agents de la fonction publique hospitalière, la directrice du CH Pierre Lôo a commis une erreur de droit ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le CH Pierre Lôo, représenté par la SELARL Centaure avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le CH Pierre Lôo soutient que :

- la requête, dirigée contre une mesure d'ordre intérieur, n'est pas recevable ;

- les moyens invoqués par Mme E ne sont pas fondés.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 mars, 29 juin et 29 juillet 2022 sous le n° 2200652, Mme B E, représentée par Me Lambert, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 janvier 2022 par laquelle la directrice du CH Pierre Lôo a abrogé la décision du 27 mai 2021 lui accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle ;

2°) de mettre à la charge du CH Pierre Lôo la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Dans le dernier état de ses écritures, Mme E soutient que :

- elle fait l'objet d'un harcèlement moral de la part de sa hiérarchie et, dès lors, le directeur du CH Pierre Lôo n'était pas l'autorité compétente, au nom du principe d'impartialité, pour abroger la mesure de protection fonctionnelle dont elle bénéficiait ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence dès lors qu'elle a été prise par une personne qui ne disposait pas d'une décision régulièrement publiée l'y habilitant ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2022, le CH Pierre Lôo, représenté par la SELARL Centaure Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Le CH Pierre Lôo soutient que les moyens invoqués par Mme E ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code de la santé publique ;

- la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905 ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Boissy,

- les conclusions de M. C,

- et les observations de Me Lambert, représentant Mme E, et de Me Magnaval, représentant le CH Pierre Lôo.

Le 5 octobre 2023, Mme E a produit une note en délibéré dans le dossier n° 2200484 et une note en délibéré dans le dossier n° 2200652.

Considérant ce qui suit :

1. Le 8 février 2010, Mme E, attachée d'administration hospitalière, a été nommée pour exercer les fonctions de directrice par intérim des ressources humaines au sein du CH Pierre Lôo, situé sur le territoire de la commune de La Charité-sur-Loire. L'intéressée assurait également, au moins depuis décembre 2019, la responsabilité de la filière médico-sociale et des affaires médicales, incluant la direction par intérim de l'institut médico-éducatif Edouard Seguin et de la maison d'accueil spécialisée. Alerté sur de possibles dysfonctionnements existant dans les services dont Mme E avait la responsabilité, le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) du CH Pierre Lôo, lors d'une réunion qui s'est tenue le 27 mai 2021, a décidé de confier à la société Technologia, cabinet spécialisé agréé par le ministère du travail, une mission d'expertise en vue d'établir la réalité des dysfonctionnements allégués et, le cas échéant, d'en comprendre les causes et de proposer des solutions pour y remédier. Par une décision du 27 mai 2021, le CH Pierre Lôo a parallèlement décidé d'accorder à Mme E le bénéfice de la protection fonctionnelle. Après avoir pris connaissance du rapport établi par la société Technologia en septembre 2021 et à la suite de l'examen de ce rapport par le CHSCT, le 1er décembre 2021, la directrice par intérim du CH Pierre Lôo a décidé, le 10 janvier 2022, d'affecter Mme E, à compter de cette même date, sur un emploi d'attachée chargée des affaires générales au sein de l'établissement. Par une décision du 11 janvier 2022, cette directrice a ensuite abrogé la décision du 27 mai 2021 accordant à Mme E le bénéfice de la protection fonctionnelle. Par des requêtes nos 2200484 et 2200652, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, la requérante demande au tribunal d'annuler ces décisions des 10 et 11 janvier 2022.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 10 janvier 2022 :

S'agissant de la nature de la décision attaquée :

2. D'une part, les mesures prises à l'égard d'agents publics qui, compte tenu de leurs effets, ne peuvent pas être regardées comme leur faisant grief constituent de simples mesures d'ordre intérieur insusceptibles de recours. Il en va ainsi des mesures qui, tout en modifiant leur affectation ou les tâches qu'ils ont à accomplir, ne portent pas atteinte aux droits et prérogatives qu'ils tiennent de leur statut ou à l'exercice de leurs droits et libertés fondamentaux, ni n'emportent perte de responsabilités ou de rémunération. Le recours contre de telles mesures, à moins qu'elles ne traduisent une discrimination ou une sanction, est irrecevable. D'autre part, une mutation d'office revêt le caractère d'une mesure disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.

3. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la chronologie mentionnée au point 1, de la fiche de poste créée le 19 mai 2022, de l'organigramme produit ainsi que des conclusions du rapport établi par la société Technologia, que si la décision du 10 janvier 2022 a eu pour effet de diminuer la rémunération de Mme E, qui ne bénéficie plus de la nouvelle bonification indiciaire attachée aux fonctions de direction qu'elle occupait précédemment, et de la priver des fonctions d'encadrement qu'elle assurait auparavant, elle avait pour principal objet, non pas de sanctionner l'intéressée pour son comportement, mais de mettre un terme aux dysfonctionnements constatés au sein du service des ressources humaines et d'en rétablir le bon fonctionnement en mettant fin aux dissensions importantes existant entre Mme E et Mme D, qui avaient toutes les deux, dans des proportions différentes, contribué à dégrader les conditions de travail du service.

4. Dans ces conditions, même si Mme E a été affectée à un poste de grade équivalent au sien, la décision attaquée ne constitue, en l'espèce, ni une mesure d'ordre intérieur ni une sanction disciplinaire déguisée mais une décision de mutation d'office prise pour un motif d'intérêt général et en considération de la personne.

S'agissant de la fin de non-recevoir opposée en défense :

5. Compte tenu de ce qui vient d'être dit au point 4, la fin de non-recevoir opposée par le CH Pierre Lôo, tirée de ce que la décision attaquée constitue une simple mesure d'ordre intérieur, doit être écartée.

S'agissant du bien-fondé des conclusions :

6. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". En vertu de ces dispositions, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.

7. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la mention, figurant à l'article 4 de la décision du 10 janvier 2022, que Mme E n'a pas été mise à même de consulter son dossier avant que la décision de mutation au service des affaires générales de l'établissement ne soit adoptée. La requérante est dès lors fondée à soutenir que la directrice du CH Pierre Lôo a entaché la décision d'un vice de procédure qui l'a en l'espèce privée d'une garantie.

8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la requérante est fondée à demander l'annulation de la décision du 10 janvier 2022.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 11 janvier 2022 :

S'agissant des vices d'incompétence :

9. En premier lieu, la requérante soutient qu'elle fait l'objet d'un harcèlement moral de la part de sa hiérarchie et que, dès lors, le directeur du CH Pierre Lôo n'était pas l'autorité compétente, au nom du principe d'impartialité, pour abroger la mesure de protection fonctionnelle dont elle bénéficiait.

10. Aux termes de l'article 11, alors applicable, de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " I.- A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ". Lorsqu'un agent public est mis en cause par un tiers à raison de ses fonctions, il incombe ainsi à la collectivité publique dont il dépend de le couvrir des condamnations civiles prononcées contre lui, dans la mesure où une faute personnelle détachable du service ne lui est pas imputable, de lui accorder sa protection dans le cas où il fait l'objet de poursuites pénales, sauf s'il a commis une faute personnelle, et, à moins qu'un motif d'intérêt général ne s'y oppose, de le protéger contre les menaces, violences, voies de fait, injures, diffamations ou outrages dont il est l'objet.

11. Tout d'abord, si la protection mentionnée au point précédent n'est pas applicable aux différends susceptibles de survenir, dans le cadre du service, entre un agent public et l'un de ses supérieurs hiérarchiques, il en va différemment lorsque les actes du supérieur hiérarchique sont, par leur nature ou leur gravité, insusceptibles de se rattacher à l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

12. Ensuite, il résulte du principe d'impartialité que le supérieur hiérarchique mis en cause à raison de tels actes ne peut régulièrement, quand bien même il serait en principe l'autorité compétente pour prendre une telle décision, statuer sur la demande de protection fonctionnelle présentée pour ce motif par son subordonné.

13. Enfin, il résulte de l'ensemble des dispositions qui gouvernent les relations entre les agences régionales de santé et les établissements de santé, notamment de celles de l'article L. 6143-7-1 du code de la santé publique qui donnent compétence au directeur général de l'agence régionale de santé pour mettre en œuvre la protection fonctionnelle au bénéfice des personnels de direction des établissements de santé de son ressort, que lorsque le directeur d'un établissement public de santé, à qui il appartient en principe de se prononcer sur les demandes de protection fonctionnelle émanant des agents de son établissement, se trouve, pour le motif indiqué au point 12, en situation de ne pouvoir se prononcer sur une demande sans méconnaître les exigences qui découlent du principe d'impartialité, il lui appartient de transmettre la demande au directeur général de l'agence régionale de santé dont relève son établissement, pour que ce dernier y statue.

14. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 27 mai 2021 accordant à Mme E le bénéfice de la protection fonctionnelle s'inscrivait, non pas dans le cadre d'un différend opposant l'intéressée à la direction de l'établissement mais dans le cadre de relations conflictuelles existant avec Mme D, laquelle était placée sous son autorité. En statuant sur le bien-fondé de la poursuite de la mesure de protection fonctionnelle dont bénéficiait Mme E, la directrice par intérim du CH Pierre Lôo, qui n'a d'ailleurs pris ses fonctions qu'en décembre 2021, n'a dès lors pas entaché la décision attaquée d'un vice d'incompétence à ce titre.

15. En second lieu, par un arrêté du 30 décembre 2021, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Nièvre n° 58-2022-001 du 6 janvier 2022, le directeur général de l'Agence régionale de santé de Bourgogne Franche-Comté a notamment désigné Mme A en qualité de directrice par intérim du centre hospitalier Pierre Lôo. Mme A, en cette qualité, avait donc compétence pour prendre toute mesure, vis-à-vis des agents de l'établissement placés sous son autorité, concernant la mise en œuvre du régime de la protection fonctionnelle institué par l'article 11 de la loi 13 juillet 1983.

16. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit donc être écarté dans ses deux branches.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur dans la qualification juridique des faits :

17. Si le caractère d'acte créateur de droits de la décision accordant la protection prévue par l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 fait obstacle à ce que l'administration puisse légalement retirer, plus de quatre mois après sa signature, une telle décision, hormis dans l'hypothèse où celle-ci aurait été obtenue par fraude, l'autorité administrative peut mettre fin à cette protection pour l'avenir si elle constate à la lumière d'éléments nouvellement portés à sa connaissance que les conditions de la protection fonctionnelle n'étaient pas réunies ou ne le sont plus, notamment si ces éléments permettent de révéler l'existence d'une faute personnelle ou que les faits allégués à l'appui de la demande de protection ne sont pas établis. Dans le cas où la demande de protection a été présentée à raison de faits de harcèlement, l'administration peut ainsi réexaminer sa position et mettre fin à la protection si elle estime, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, que des éléments nouvellement portés à sa connaissance permettent de regarder les agissements de harcèlement allégués comme n'étant pas établis.

18. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport de l'expertise réalisée par le cabinet Technologia, que des dysfonctionnements ont été constatés au sein du service ressources humaines placé sous la direction de Mme E, que des tensions relationnelles existaient entre celle-ci et d'autres agents du service et que le " collectif de travail " s'est dégradé en raison de pratiques managériales inadaptées. En estimant, sur le fondement de ce rapport, établi en septembre 2021, que, compte tenu de ces éléments nouvellement portés à sa connaissance, les agissements de harcèlement allégués par Mme E n'étaient pas établis et qu'il pouvait être mis fin à la protection précédemment accordée, la directrice par intérim du CH Pierre Lôo n'a pas commis d'erreur d'appréciation.

19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 11 janvier 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

20. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce, de mettre à la charge de Mme E et du CH Pierre Lôo les sommes que ces derniers demandent au titre des frais qu'ils ont respectivement exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La décision du 10 janvier 2022 par laquelle la directrice du centre hospitalier Pierre Lôo a affecté Mme E sur un emploi d'attaché chargé des affaires générales de l'établissement est annulée.

Article 2 : Les conclusions présentées par les parties sont rejetées pour le surplus.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E et au centre hospitalier Pierre Lôo.

Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- Mme Desseix, première conseillère,

- Mme Bois, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 novembre 2023.

L'assesseure la plus ancienne,

M. DesseixLe président,

L. BoissyLa greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

Nos 2200484, 220065

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