jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200675 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL PETIT & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 mars 2022 et un mémoire enregistré le 4 novembre 2022, M. B C et Mme A E épouse C, représentés par Me Belville, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 octobre 2021 par lequel le maire de Crêches-sur-Saône a opposé un sursis à statuer à leur demande de permis de construire, ensemble la décision du
18 février 2022 rejetant leur recours gracieux contre cet arrêté ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Crêches-sur-Saône la somme de 1 500 euros chacun sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le maire était incompétent pour prononcer un sursis à statuer dès lors qu'ils étaient titulaires d'un permis de construire tacite ;
- ils sont titulaires d'un certificat d'urbanisme déclarant l'opération réalisable ;
- la décision de sursis est entachée d'erreurs de fait, de droit et d'appréciation, les conditions permettant de prononcer un sursis à statuer n'étant pas réunies.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 octobre 2022, la commune de
Crêches-sur-Saône représentée par Me Pyanet conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. et Mme C la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 12 avril 2023 que cette affaire était susceptible, à compter du 15 mai 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 22 mai 2023 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique,
- les observations de Me Chardonnet, représentant la commune de Crèches-sur-Saône.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme C ont déposé le 4 juin 2021 une demande de permis de construire pour la réalisation d'une villa sur les parcelles cadastrées section AL n°185-182 dans la commune de Crèches-sur-Saône. Par arrêté du 22 octobre 2021, le maire de Crèches-sur-Saône a opposé un sursis à statuer à cette demande de permis de construire. Le 18 février 2022, il a rejeté le recours gracieux formé par les requérants contre cet arrêté. M. et Mme C demandent l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-19 du code de l'urbanisme : " Le délai d'instruction court à compter de la réception en mairie d'un dossier complet. ". Et aux termes de l'article R. 423-23 du même code : " Le délai d'instruction de droit commun est de : () b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme C ont déposé une demande de permis de construire le 4 juin 2021. Une demande de pièce complémentaire leur a été adressée par courrier du 2 juillet 2021, qui précisait que le délai d'instruction ne commencerait à courir qu'à compter de la date de réception de l'ensemble des pièces manquantes. La commune précise sans être contredite que le dossier a été complété le 14 septembre 2021, cette date faisant courir le délai d'instruction. Les époux C ne contestent pas davantage que les pièces demandées étaient manquantes au dossier. Ils ne sont ainsi pas fondés à soutenir qu'ils étaient titulaires d'un permis tacite le 22 octobre 2021. Par suite, le maire de Crèches-sur-Saône pouvait, à cette même date, prononcer un sursis à statuer sur leur demande.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " () Lorsque le projet est soumis à avis ou accord d'un service de l'Etat, les certificats d'urbanisme le mentionnent expressément. Il en est de même lorsqu'un sursis à statuer serait opposable à une déclaration préalable ou à une demande de permis. Le certificat d'urbanisme précise alors expressément laquelle ou lesquelles des circonstances prévues aux deuxième à sixième alinéas de l'article L. 424-1 permettraient d'opposer le sursis à statuer. " Et aux termes de l'article L. 424-1 du même de code : " () Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 121-22-3, L. 121-22-7, L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. () ". Aux termes de l'article L. 153-11 du même code : " () L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. ".
5. En l'espèce, le certificat d'urbanisme délivré le 21 décembre 2020 aux époux C mentionnait explicitement que " conformément aux dispositions de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, en raison de la révision du document d'urbanisme en cours l'autorité compétente pourra décider de surseoir à statuer sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan. ". Par suite, M. et Mme C ne tenaient de ce certificat d'urbanisme aucun droit à ce que leur demande soit examinée au regard des dispositions d'urbanisme alors en vigueur.
6. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que la commune de Crèches-sur-Saône a prescrit, par délibération du 30 mars 2018, la révision de son plan local d'urbanisme (PLU). Le projet de plan d'aménagement et de développement durables (PADD) a été débattu par le conseil municipal le 29 octobre 2020 ; un document définissant les limites de l'enveloppe ouverte à l'urbanisation a été établi en vue de ce conseil et un projet de plan de zonage a ensuite été élaboré dès le 22 juillet 2020. Ce projet classe les parcelles des requérants en zone A, dont la constructibilité est limitée aux constructions nécessaires à l'exploitation agricole. Ce classement est en cohérence avec les orientations du PADD visant à maîtriser l'étalement urbain et à sauvegarder les terrains naturels et agricoles ainsi que les éléments du patrimoine, s'agissant de parcelles actuellement à l'état de prairies, et sur lesquelles, en outre, des vestiges archéologiques ont été répertoriés.
7. Ainsi, d'une part, à la date de la décision attaquée, le projet de PLU était suffisamment avancé pour permettre d'identifier à la fois les parcelles concernées et les objectifs intéressant leur secteur d'implantation ; d'autre part, eu égard à la vocation définie pour ce secteur, le projet de
M. et Mme C, consistant en la construction d'une maison individuelle d'une emprise au sol de
385,33 m², était de nature à compromettre l'exécution du futur plan. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les conditions requises pour opposer un sursis à statuer n'étaient pas réunies.
8. En dernier lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir d'un éventuel refus du conseil municipal d'approuver le projet de PLU. S'ils se plaignent d'une rupture du principe d'égalité, leurs écritures sur ce dernier point reposent sur des allégations imprécises ne mettant pas le tribunal à même d'en apprécier le bien-fondé.
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions en annulation de la requête de M.et Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Crêches-sur-Saône, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à M. et Mme C d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme C la somme que demande la commune de Crêches-sur-Saône au titre des mêmes dispositions.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Crèches-sur-Saône au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, désigné représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative et la commune de
Crèches-sur-Saône.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
M-E D
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026