jeudi 25 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2200904 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERTRAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2022, M. A B représenté par Me Bertrand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Yonne a refusé sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, ensemble la décision du 10 mars 2022 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en violation de la loi, alors qu'il dispose d'un logement répondant aux critères de surface exigés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juin 2022, le préfet de l'Yonne, représenté par le cabinet Centaure avocats, demande au tribunal de rejeter la requête.
Il fait valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement, sur proposition de la rapporteure publique, l'a dispensée de présenter des conclusions sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Ioannidou, représentant le préfet de l'Yonne.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant tunisien titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 26 novembre 2025, demande l'annulation de la décision du 20 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Yonne a rejeté sa demande de regroupement familial présentée au bénéfice de son épouse, ainsi que de la décision de rejet implicite de son recours gracieux contre cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil ".
3. En l'espèce, le préfet de l'Yonne a rejeté la demande de M. B au seul motif que la nature de son bail, d'une durée de douze mois, ne caractérisait pas la notion de stabilité, et ne présageait pas d'une intégration sur le département de l'Yonne.
4. Il ressort des pièces du dossier que le requérant justifie avoir signé le 25 novembre 2020 un contrat de location portant sur un logement meublé, d'une durée de douze mois. Ce contrat est susceptible d'être reconduit tacitement à son terme pour la même durée et selon les mêmes modalités, les conditions de résiliation par le bailleur étant circonscrites à certaines hypothèses précisément délimitées.
5. Il résulte des dispositions précitées que l'autorité préfectorale doit seulement s'assurer de ce que le demandeur dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique, c'est-à-dire présentant une surface habitable fixée par l'article R. 424-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et satisfaisant aux conditions de salubrité et d'équipement fixées aux articles 2 et 3 du décret n° 2002-120 du 30 janvier 2002. Il s'ensuit que la durée et la " stabilité " du bail d'habitation ne figure pas parmi les motifs qui peuvent justifier, au regard des dispositions précitées, le rejet d'une demande de regroupement familial. Au demeurant, selon l'article 25-7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs, les contrats de location de logements meublés sont conclus pour une durée d'un an, tacitement reconductible, de sorte qu'une telle durée ne saurait conférer au logement de M. B un caractère précaire. En refusant de faire droit à la demande de regroupement familial du requérant au bénéfice de son épouse, au motif que son bail, d'une durée de douze mois, ne caractérisait pas la notion de stabilité, et ne présageait pas d'une intégration sur le département de l'Yonne, le préfet a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés, que les décisions contestées doivent être annulées.
Sur les conclusions en injonction :
7. Compte tenu de son motif d'annulation, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au préfet de l'Yonne de réexaminer la demande de M. B, dans un délai de deux mois à compter de sa notification.
Sur les frais liés au litige :
8. Il y a lieu, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. B d'une somme de 1 000 euros en remboursement des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La décision du 20 septembre 2021 par laquelle le préfet de l'Yonne a refusé sa demande de regroupement familial présentée par M. B ensemble la décision du 10 mars 2022 rejetant son recours gracieux, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de l'Yonne de réexaminer la demande de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de l'Yonne.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. David Zupan, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mai 2023.
La rapporteure,
M.-E. C
Le président,
D. Zupan
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026