jeudi 16 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP BON DE SAULCE LATOUR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, M. A B, représenté par la SCP Bon De Saulce Latour, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 février 2022 par laquelle le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas justifiée ;
- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, l'acte d'état civil présenté étant présumé légal, la condamnation dont il a fait l'objet n'étant pas définitive, alors qu'il est parfaitement inséré nonobstant les notes et absences injustifiées durant sa scolarité ;
- la décision a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 mai 2022, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 25 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de Mme C, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant du Cameroun né le 15 septembre 2003 et entré en France en 2017, a sollicité la délivrance d'un titre de séjour " vie privée et familiale ". Cette demande a été rejetée par décision du préfet de la Nièvre du 21 février 2022, dont il demande l'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 mai 2021, régulièrement publié le 28 mai 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet de la Nièvre a donné délégation de signature à Mme Blandine Georjon, secrétaire générale de la préfecture de la Nièvre, à l'effet de signer la décision attaquée.
3. En deuxième lieu, la décision de refus opposée au requérant est motivée d'une part, par le caractère non authentique de l'acte d'état-civil produit à l'appui de la demande, d'autre part par l'implication de M. B dans une affaire de violence urbaine, et enfin par l'absence d'effort d'insertion au regard de ses nombreuses absences injustifiées et de son manque d'investissement et de sérieux dans son cursus de formation.
4. Aux termes de R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande :1° Les documents justifiants de son état civil ;2° Les documents justifiants de sa nationalité ;3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies par l'article 47 du code civil. ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité. ". Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties.
5. En l'espèce, le préfet de la Nièvre a fait procéder à la vérification de la copie d'acte de naissance présentée par M. B, qui est le seul document produit par l'intéressé pour justifier de son identité et de ses liens familiaux. Il ressort du rapport d'examen technique documentaire de la police aux frontières, qui a analysé ce document, que plusieurs irrégularités ont été constatées, notamment son établissement sur un support non authentique et l'absence de certaines mentions, permettant de conclure que le document présenté est un faux. M. B n'apporte pour sa part aucun élément permettant d'expliquer les irrégularités constatées sur ce document, la seule circonstance qu'il se soit vu délivrer par le passé un document de circulation pour étranger mineur ne pouvant permettre de conclure à l'authenticité du seul document d'état-civil produit. Par suite, le préfet de la Nièvre était fondé à se fonder sur l'absence d'acte d'état civil présentant des garanties d'authenticité suffisantes, pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé par le requérant.
6. Il résulte de l'instruction que le préfet de la Nièvre aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré du caractère non authentique de l'acte d'état-civil produit à l'appui de la demande.
7. En dernier lieu, si M. B se prévaut de liens avec Mme D, de nationalité française, qui l'a reconnu comme son fils et au foyer de laquelle il est hébergé, ainsi qu'avec l'époux de cette dernière et leurs quatre enfants, il n'apporte aucun élément de nature à attester de la bonne insertion dans la société française dont il se prévaut, alors qu'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine d'emprisonnement de deux ans, dont douze mois avec sursis probatoire, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'une incapacité inférieure à huit jours, commis en mars 2022, et que sa dernière année de formation, en 2020/2021, a été caractérisée par un fort absentéisme et des résultats médiocres. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision a été prise en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et du citoyen.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
9. L'exécution du présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions en injonction doivent par suite être rejetées.
Sur les frais liés au litige
10. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de M. B de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de la Nièvre et à la SCP Bon De Saulce Latour.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 2 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.
La rapporteure,
M-E C
Le président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026