jeudi 7 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201106 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | GOURINAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 28 avril 2022, 7 juillet 2022 et 30 août 2023, la société Dupoux, représentée par Me Lambert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Tart a refusé de lui octroyer une servitude de passage sur la parcelle cadastrée ZD 134 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Tart le versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête relève de la compétence de la juridiction administrative dans la mesure où la commune refuse d'engager avec elle une relation contractuelle ayant pour objet la constitution d'une servitude de passage sur son domaine privé ;
- cette décision est entachée d'erreur de droit dans l'application de l'article 682 du code civil, dès lors que la servitude de passage sollicitée est indispensable à l'exercice de son activité et à l'exploitation normale de son fonds ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation puisque le chemin existant n'est pas suffisamment large pour ses véhicules.
Par des mémoires en défense enregistrés les 23 juin 2022 et 17 août 2022, la commune de Tart, représentée par Me Gourinat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la société Dupoux la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- à titre principal, la juridiction administrative est incompétente pour connaître du litige, dès lors que la société requérante veut se voir reconnaître un droit réel et non un droit de nature contractuelle ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Par une ordonnance du 21 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 septembre 2023.
Une lettre a été enregistrée le 6 février 2024 pour la société Dupoux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viotti, conseillère,
- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.
Une note en délibéré a été enregistrée le 4 mars 2024 pour la société Dupoux.
Considérant ce qui suit :
1. La société Dupoux exploite une activité de travaux de rénovation et construction d'intérieurs sur la parcelle cadastrée ZD 133 située sur le territoire de la commune de Tart. Afin d'accéder à son fonds, lequel ne dispose pas d'un accès direct à la voie publique, la société Dupoux bénéficie d'un droit de passage sur la parcelle ZD 134, propriété de la commune. Par courrier du 14 janvier 2022, reçu le lendemain, la société a demandé à la commune de Tart l'octroi, sur le fondement de l'article 682 du code civil, d'une servitude de passage à un endroit différent de la parcelle ZD 134, afin de lui permettre d'y faire circuler des véhicules dont le gabarit est devenu incompatible avec le chemin existant. Par la présente requête, la société Dupoux demande au tribunal d'annuler la décision implicite, née le 15 mars 2022, par laquelle la commune de Tart a refusé de faire droit à sa demande.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 2211-1 de ce code : " Font partie du domaine privé les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L. 1, qui ne relèvent pas du domaine public par application des dispositions du titre Ier du livre Ier ".
3. En l'espèce, il est constant que la parcelle cadastrée ZD 134, qui constitue une bande de terrain le long de la voie départementale, appartient au domaine privé de la commune de Tart.
4. Aux termes de l'article 682 du code civil : " Le propriétaire dont les fonds sont enclavés et qui n'a sur la voie publique aucune issue, ou qu'une issue insuffisante, soit pour l'exploitation agricole, industrielle ou commerciale de sa propriété, soit pour la réalisation d'opérations de construction ou de lotissement, est fondé à réclamer sur les fonds de ses voisins un passage suffisant pour assurer la desserte complète de ses fonds, à charge d'une indemnité proportionnée au dommage qu'il peut occasionner ".
5. Ainsi qu'il a été dit, il ressort expressément du courrier qu'elle a adressé le 14 janvier 2022 à la commune de Tart que la société Dupoux a demandé, sur le fondement de l'article 682 précité du code civil, une servitude de passage sur l'extrémité nord-ouest de la parcelle cadastrée ZD 134, alors qu'elle dispose déjà d'un droit de passage sur ladite parcelle depuis le sud-est. Un tel litige, qui porte exclusivement sur les conditions d'exercice de la servitude légale prévue par l'article 682 du code civil et notamment sur son assiette, s'inscrit dans un rapport de voisinage et n'est pas détachable de la gestion du domaine privé. Il relève, dès lors, de la seule compétence du juge judiciaire, de sorte que l'exception d'incompétence soulevée par la commune de Tart doit être accueillie.
6. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Dupoux doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Tart, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, verse quelque somme que ce soit à la société Dupoux au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur le même fondement par la commune de Tart.
D É C I D E :
Article 1er : Les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite née le 15 mars 2022 par laquelle la commune de Tart a refusé de modifier l'assiette de la servitude de passage s'exerçant sur la parcelle cadastrée ZD 134 au profit de la parcelle ZD 133 sont rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Tart sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Dupoux et à la commune de Tart.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 mars 2024.
La rapporteure,
O. ViottiLe président,
O. Rousset
La greffière,
C. Chapiron
La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2201106
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026