mardi 31 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BARDET LHOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 mai 2022, la société par actions simplifiée (SAS) La Romana Esca, se présentant sous ses anciennes forme sociale et dénomination, société à responsabilité limitée (SARL) Vignobles Beaujolais, représentée par la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Bardet, Lhomme, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 mars 2022, par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a retiré les décisions d'indemnisation d'activité partielle au titre des mois de janvier à septembre 2021 et l'a informée de l'émission à venir d'un ordre de reversement et d'un titre de perception ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le préfet ne justifie pas que le directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire, d'une part, et Mme C, signataire de la décision litigieuse, d'autre part, disposaient d'une délégation régulière et publiée ;
- il a commis une erreur manifeste d'appréciation, en considérant qu'une fraude aux allocations d'activité partielle était établie, dès lors que sa demande d'allocations n'était pas singulière, eu égard à sa très forte activité de vente sur les salons et foires, que la baisse d'activité de M. E est inhérente à l'épidémie de covid-19 et aux aléas climatiques, que les congés allégués de M. E ont été pris en week-end et non pendant des périodes d'activité partielle, et que la gérance de fait de M. E n'est pas établie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 juillet 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées par une lettre du 11 juillet 2022 que cette affaire était susceptible, à compter du 12 septembre 2022, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
La clôture de l'instruction a été fixée au 14 septembre 2022 par ordonnance du même jour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Irénée Hugez,
- et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société à responsabilité limitée (SARL) Vignobles Beaujolais, devenue avant l'introduction de l'instance la société par actions simplifiée (SAS) La Romana Esca, et dont la liquidation judiciaire immédiate a été prononcée en cours d'instance, qui avait pour activité la culture de la vigne, avait formé au cours de l'année 2021 quatre demandes préalables d'autorisation d'activité partielle auprès des services de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire, chacune pour le même salarié, M. E, à raison de 130 heures par mois, pour chacun des mois de janvier à novembre 2021. Le silence de l'administration a fait naître quatre autorisations tacites. La société a présenté, au titre de chacun des mois de janvier à novembre 2021, une demande d'indemnisation au titre de l'activité partielle pour ce salarié, à raison de 130 heures par mois. Chacune de ces demandes, pour les mois de janvier à septembre 2021 a été acceptée par l'administration et a donné lieu au versement d'allocations d'activité partielle. À l'issue d'une enquête contradictoire, les services de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire ont considéré que ces demandes revêtaient un caractère frauduleux. Par une décision, en date du 4 mars 2022, le préfet de Saône-et-Loire a retiré les neuf décisions, par lesquelles les demandes d'indemnisation présentées par la société ont été initialement acceptées, et a informé cette société de l'émission à venir d'un ordre de reversement et d'un titre de perception. Par sa requête, la SAS La Romana Esca demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 31 mars 2021, référencé 71-2021-03-31-00003, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2011-043 de la préfecture de Saône-et-Loire, le préfet de Saône-et-Loire a donné délégation à M. B F, directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire, à l'effet de signer, dans le cadre de ses attributions et compétences, tous actes et décisions à l'exception d'une liste limitative de décisions, au nombre desquelles ne figure pas celle en litige. Par un arrêté du 5 juillet 2021, référencé 71-2021-07-05-00007, régulièrement publié le 9 juillet 2021 au recueil des actes administratifs spécial n° 71-2021-111 de la préfecture de Saône-et-Loire, M. F a donné délégation à Mme A C, inspectrice du travail, à l'effet de signer tous actes et décisions relatifs à l'activité partielle et à l'activité partielle de longue durée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision en litige, qui manque en fait, doit être, pour ce motif, écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 5122-1 du code du travail : " Les salariés sont placés en position d'activité partielle, après autorisation expresse ou implicite de l'autorité administrative, s'ils subissent une perte de rémunération imputable : / -soit à la fermeture temporaire de leur établissement ou partie d'établissement ; / -soit à la réduction de l'horaire de travail pratiqué dans l'établissement ou partie d'établissement en deçà de la durée légale de travail. / En cas de réduction collective de l'horaire de travail, les salariés peuvent être placés en position d'activité partielle individuellement et alternativement. / II. - Les salariés reçoivent une indemnité horaire, versée par leur employeur, correspondant à une part de leur rémunération antérieure dont le pourcentage est fixé par décret en Conseil d'Etat. L'employeur perçoit une allocation financée conjointement par l'Etat et l'organisme gestionnaire du régime d'assurance chômage. Une convention conclue entre l'Etat et cet organisme détermine les modalités de financement de cette allocation. () ". Aux termes de l'article R. 5122-1 du même code : " L'employeur peut placer ses salariés en position d'activité partielle lorsque l'entreprise est contrainte de réduire ou de suspendre temporairement son activité pour l'un des motifs suivants : / 1° La conjoncture économique ; / 2° Des difficultés d'approvisionnement en matières premières ou en énergie ; / 3° Un sinistre ou des intempéries de caractère exceptionnel ; / 4° La transformation, restructuration ou modernisation de l'entreprise ; / 5° Toute autre circonstance de caractère exceptionnel. ". En vertu du premier alinéa de l'article R. 5122-2 du ce code : " L'employeur adresse au préfet du département où est implanté l'établissement concerné une demande préalable d'autorisation d'activité partielle. () ". Selon le troisième alinéa de l'article R. 5122-4 de ce même code : " L'absence de décision dans un délai de quinze jours vaut acceptation implicite de la demande. ". Aux termes de l'article R. 5122-5 dudit code : " En cas de décision d'autorisation expresse ou tacite prévue à l'article R. 5122-4, l'employeur peut adresser à l'Agence de services et de paiement une demande d'indemnisation au titre de l'allocation d'activité partielle prévue à l'article L. 5122-1. / () Après vérification, l'Agence de services et de paiement liquide l'allocation d'activité partielle selon les modalités fixées aux articles R. 5122-14 à R. 5122-17. ".
4. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 5122-10 du code du travail : " L'autorité administrative demande à l'employeur le remboursement à l'Agence de service et de paiement, dans un délai ne pouvant être inférieur à trente jours, des sommes versées au titre de l'allocation d'activité partielle en cas de trop perçu, notamment lorsque les conditions mises à leur octroi n'ont pas été respectées, ou en cas de non-respect par l'entreprise, sans motif légitime, des engagements mentionnés au II de l'article R. 5122-9. ". Aux termes de l'article R. 5122-11 du même code : " Les heures non travaillées au titre de l'activité partielle font l'objet du versement de l'allocation dans la limite de la durée légale ou, lorsqu'elle est inférieure, la durée collective du travail ou la durée stipulée au contrat sur la période considérée. ". Aux termes de l'article R. 5122-19 de ce code : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 5122-3, le nombre d'heures pouvant justifier de l'attribution de l'allocation d'activité partielle correspond à la différence entre la durée légale du travail sur la période considérée ou, lorsqu'elle est inférieure, la durée collective du travail ou la durée stipulée au contrat, et le nombre d'heures travaillées sur ladite période. ".
5. D'autre part, aux termes de l'article R. 713-35 du code rural et de la pêche maritime : " En vue du contrôle de l'application des dispositions légales et conventionnelles relatives à la durée et à l'aménagement du temps de travail, tout employeur mentionné à l'article L. 713-1 enregistre ou consigne toutes les heures effectuées ou à effectuer par les salariés dans les conditions prévues soit à l'article R. 713-36, soit à l'article R. 713-37. () ". Aux termes de l'article R. 713-36 du même code : " L'employeur enregistre, chaque jour, sur un document prévu à cet effet, le nombre d'heures de travail effectuées par chaque salarié, ou groupe de salariés, ou les heures de début et de fin de chacune de leurs périodes de travail. / () L'employeur peut, toutefois, sous sa responsabilité, confier à chaque salarié le soin de procéder à l'enregistrement mentionné ci-dessus s'il met à sa disposition des moyens de pointage ou d'autres moyens qui permettent à l'intéressé de contrôler la réalité des indications qu'il enregistre. ". Aux termes de l'article R. 713-37 de ce code : " A défaut de mettre en œuvre les modalités prévues à l'article R. 713-36, l'employeur affiche, pour chaque jour de la semaine, les heures auxquelles commence et finit chaque période de travail. / Cet horaire est affiché dans chacun des lieux de travail auxquels il s'applique, aux emplacements réservés aux communications destinées au personnel ou, à défaut, dans un local qui lui est accessible. / () Sauf preuve contraire de l'employeur, les salariés sont présumés avoir accompli l'horaire affiché ; ils ne peuvent être employés en dehors de cet horaire. / Aux lieu et place de l'affichage, l'employeur peut remettre au salarié concerné, contre décharge, un document sur lequel est porté son horaire, établi dans les conditions et avec les effets énoncés aux alinéas 1 à 5. () ".
6. La décision attaquée est fondée sur un faisceau d'indices tirés de ce que l'entreprise ne démontre ni ne justifie l'ampleur de la baisse d'activité alléguée, incohérente avec le niveau d'activité constaté dans le même secteur d'activité et dans le même département, elle a par le passé déclaré à l'autorité judiciaire que M. E était indispensable à l'activité, eu égard à sa fonction de chef de culture et de vendeur tant pour le suivi des vignes et des travaux saisonniers que pour les livraisons et ventes sur foires et salons les week-ends, la société a eu recours sur la période considérée à des embauches de saisonniers, la société n'a pas déclaré de congés payés pendant la période considérée alors même que l'intéressé est parti en congés, M. E rend compte régulièrement de son travail sur les réseaux sociaux, la société n'a fourni aucun justificatif du temps de travail réel accompli par l'intéressé, et enfin M. E constituerait le gérant de fait de la SARL.
7. Pour établir ce faisceau d'indices, l'administration a notamment relevé que la demande d'activité partielle de la société pour son chef de culture a été formée pour un nombre d'heures identique chaque mois, incompatible avec la saisonnalité de l'activité et la qualification de l'intéressé, qui ne saurait être absent lors des traitements phytosanitaires, des vendanges et de la vinification, que la SARL Vignobles Beaujolais est la seule exploitation viticole du département à avoir formé des demandes d'activité partielle à compter du mois de juin 2021 pour les motifs tirés du 1° et du 5° de l'article R. 5122-1 du code du travail, et la seule pour la période antérieure à hauteur d'un tel quantum de durée du travail, et que la gérante a justifié auprès de l'autorité judiciaire en 2019 du caractère indispensable de l'activité à temps plein de M. E, dans le cadre de l'aménagement de peine dont celui-ci a bénéficié à la suite de sa condamnation en 2017 pour des faits de travail dissimulé, tant pour l'encadrement des saisonniers, la réalisation de la vinification, la taille des vignes, le suivi des vins, le maintien en état des parcelles, l'élaboration du calendrier de traitement, la réalisation des traitements, les livraisons et les ventes sur foires et salons les week-ends. Les agents de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire ont encore relevé que le recours à des embauches de saisonniers dans une entreprise soutenant connaître une forte baisse d'activité n'était pas cohérent, que l'encadrement de tels saisonniers relève par nature du chef de culture, que celui-ci se prévaut sur les réseaux sociaux de journées de travail chargées, que la société n'a pas déclaré, au vu de la régularité du nombre d'heures dont l'indemnisation était sollicitée chaque mois, de congés payés pour le salarié concerné, que celui-ci se prévaut pourtant de congés sur les réseaux sociaux, qu'il a également posté de nombreux messages sur les réseaux sociaux faisant état de son activité tout au long de l'année 2021, que la société n'a produit, lors de la procédure contradictoire, aucun relevé ou décompte de temps de travail en méconnaissance des dispositions précitées du code rural et de la pêche maritime, que le numéro de téléphone portable mentionné sur la page personnelle de M. E sur un réseau social est identique à celui mentionné pour les demandes d'activité partielle et pour son activité professionnelle de culture de fruits rouges, qu'il se présente en son nom propre sur les photographies qu'il poste des stands de la société dans les foires et salons, que la société procède à une confusion dans sa communication entre son nom commercial et celui de l'ancienne société radiée de M. E et enfin que toute la communication de la société et de M. E est construite comme celle d'un artisan vigneron.
8. Pour démontrer que l'administration aurait fait une inexacte application des dispositions précitées du code du travail, la SAS La Romana Esca soutient à son tour que d'autres entreprises viticoles auraient fait des demandes identiques sur la même période, qu'elle a une activité de ventes sur les salons et foires plus importante que d'autres exploitations viticoles qui pratiquent la vente directe, que de nombreux salons ont été annulés en 2021, que la baisse d'activité de M. E s'explique par la crise sanitaire et les aléas climatiques, que les extraits de messages postés sur les réseaux sociaux, produits par l'administration correspondent à des week-ends, que la communication du fils de la gérante sur l'exploitation ne constitue qu'une modalité de participation de l'intéressé à la promotion commerciale de la société familiale et qu'enfin, l'administration n'établit pas la gestion de fait.
9. Il ressort néanmoins des pièces du dossier que, si l'administration a rassemblé un faisceau d'indices qu'elle a justifiés par la production de différentes pièces, au nombre desquelles la liste des demandes d'indemnisation de l'activité partielle d'entreprises ayant une activité de culture de la vigne dans le département de Saône-et-Loire, de nombreux messages postés par M. E sur les réseaux sociaux, tant relatifs à ses congés qu'à son activité professionnelle ou à celle de la société, et divers documents relatifs à la procédure judiciaire ayant donné lieu à l'aménagement de la peine prononcée à l'encontre de M. E, la société requérante se borne dans sa requête à juxtaposer de brèves observations, imprécises, non étayées, pour la plupart, non assorties de justifications et, ce faisant, insusceptibles de contredire les constats précis de l'administration. Il ressort en outre des pièces du dossier, comme le soutient à juste titre l'administration, que les différents messages publiés sur les réseaux sociaux permettent d'établir, au minimum, la prise, outre de plusieurs week-ends, d'une semaine de congés payés au mois d'août 2021, dont la société n'allègue pas même la déclaration à l'administration, la présence de M. E sur de très nombreux salons, au moins au cours du deuxième semestre de l'année 2021, que le stand de la société sur lequel il est photographié mentionne systématiquement son seul nom, assorti de la mention " artisan vigneron ", qu'il présente également les vignes de la société dans l'un des messages produits à l'instance comme " ses vignes ", qu'il est présenté en photo faisant déguster des vins dans un article de presse du Berry républicain du mois de juin 2021, à l'occasion d'un salon, sur lequel il indique avoir été présent trois jours durant, qu'il est fait référence dans l'un des messages à l'enchaînement de livraisons successives dans six régions françaises puis à la reprise du travail " sur le tracteur ", avant un nouveau salon, et qu'il est fait référence, dans un autre message, à des horaires de travail quotidiens, incompatibles avec la situation d'activité partielle alléguée. Plus généralement, ces éléments témoignent de la " mise en scène " de M. E tout au long de l'année, comme ayant une activité chargée se partageant entre culture de la vigne et livraisons au premier semestre de l'année 2021, puis culture de la vigne, livraisons et tenue de salons au cours du second semestre de l'année, incompatible par son ampleur avec un travail correspondant à 20 % environ de la quotité hebdomadaire ou mensuelle. Enfin, la SAS La Romana Esca n'a produit, ni devant l'administration, malgré les demandes en ce sens de la direction départementale de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire, ni devant le juge de l'excès de pouvoir, les documents de décompte du temps de travail, conformes, selon la méthode retenue à l'un des articles précités R. 713-36 ou R. 713-37 du code rural et de la pêche maritime. A supposer même que l'on puisse considérer la gestion de fait sur laquelle s'est notamment fondée l'administration comme non établie, il ressort des pièces du dossier que l'administration n'aurait pas pris une décision différente en ne se fondant pas sur ce motif. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a considéré que la situation de fraude aux allocations d'activité partielle était établie et qu'elle a procédé au retrait des décisions de versement de ces allocations pour la période de janvier à septembre 2021. Par suite, le moyen soulevé doit être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS La Romana Esca n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 4 mars 2022, par laquelle le préfet de Saône-et-Loire a retiré les décisions d'indemnisation d'activité partielle au titre des mois de janvier à septembre 2021 et l'a informée de l'émission à venir d'un ordre de reversement et d'un titre de perception.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la SAS La Romana Esca demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société par actions simplifiée La Romana Esca est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée La Romana Esca, au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion, et à Me Clément Thierry (société civile professionnelle BTSG).
Copie en sera adressée au préfet de Saône-et-Loire et au directeur départemental de l'emploi, du travail et des solidarités de Saône-et-Loire.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Nicolet, président,
M. Hugez, premier conseiller,
M. Cherief, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2023.
Le rapporteur,
I. Hugez
Le président,
Ph. Nicolet
La greffière,
L. Curot
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein-emploi et de l'insertion, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026