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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201231

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201231

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201231
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDEFOSSE - BRAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 12 mai 2022 et le 21 décembre 2022, Mme A E, représentée par la SELARL Defosse, Braye, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 mars 2022 par laquelle l'inspecteur du travail par intérim de la 13ème section d'inspection de l'unité de contrôle n° 2 de la direction départementale de la Côte-d'Or a autorisé son licenciement ;

2°) de lui allouer la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il n'est pas établi que l'enquête de l'inspecteur du travail a été conduite de façon contradictoire ; aucune démarche n'a été entreprise par l'inspecteur du travail pour vérifier les horaires de travail ; elle n'a pas été convoquée lors de la reconstitution ; l'inspecteur du travail a tenu pour acquises les affirmations de Mme D et n'a pas relevé leurs contradictions ; l'inspecteur du travail n'a pas pris en compte le dernier témoignage adressé le 10 mars 2022 et n'a pas organisé de confrontation ; aucune enquête contradictoire n'a été menée concernant le lien entre la demande de licenciement et le mandat ;

- l'inspecteur du travail aurait dû relever que le comité économique et social n'avait été consulté sur un troisième grief et rejeter la demande d'autorisation ; le procès-verbal établi à la suite de la consultation du CSE n'a pas été approuvé contrairement à ce que prévoit l'article 3.8 du règlement intérieur du CSE ;

- les faits reprochés ne sont pas établis ; s'agissant des pressions, Mme B a notamment rédigé une troisième attestation dénonçant les pressions exercées par la direction ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ; les demandes d'attestation formulées auprès de ses collègues n'étaient pas fautives ; le dépassement de la durée de pause n'est pas d'une gravité suffisante dans les circonstances de l'espèce ;

- il appartenait à la FEDOSAD de solliciter le médecin du travail au terme de son arrêt de travail et l'inspecteur du travail n'a pas vérifié le respect des dispositions de l'article R. 3122-12 du code du travail ;

- il existe un lien entre le licenciement et le mandat.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2022, le directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bourgogne Franche-Comté conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 octobre 2022 et le 20 janvier 2023, l'association Fédération des Etablissements d'Accueil et Organisations de Services à Domicile (FEDOSAD), représentée par la SCP Llamas et associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 23 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 1er mars 2023 à 12 heures.

Une lettre et des pièces produites pour la FEDOSAD en réponse à une demande du tribunal, enregistrées le 28 mai 2024, n'ont pas été communiquées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pauline Hascoët,

- les conclusions de M. Thierry Bataillard rapporteur public,

- et les observations de Me Defosse, représentant Mme E, et de Me Flahaut, représentant les liquidateurs judiciaires de la FEDOSAD.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A E a été recrutée par la FEDOSAD en qualité d'aide-soignante de nuit le 1er novembre 2015. Elle exerçait ses fonctions en dernier lieu au sein de l'EHPAD Val Sully situé à Saint Apollinaire. Elle a par ailleurs été élue le 15 octobre 2019 membre suppléante du comité social et économique (CSE). Son employeur a sollicité l'autorisation de la licencier pour motif disciplinaire le 28 janvier 2022. Par une décision du 16 mars 2022, dont Mme E demande l'annulation, l'inspecteur du travail a autorisé ce licenciement.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, le caractère contradictoire de l'enquête menée conformément aux articles R. 2421-4 et R. 2421-11 du code du travail impose à l'autorité administrative, saisie d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé, quel que soit le motif de la demande, de mettre à même le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des pièces produites par l'employeur à l'appui de sa demande, dans des conditions et des délais lui permettant de présenter utilement des observations, sans que la circonstance que le salarié est susceptible de connaître le contenu de certaines de ces pièces puisse exonérer l'inspecteur du travail de cette obligation qui constitue une garantie pour le salarié. Il lui impose également de mettre à même l'employeur et le salarié de prendre connaissance de l'ensemble des éléments déterminants que l'inspecteur du travail a pu recueillir. Il n'impose pas à l'administration toutefois de communiquer, de sa propre initiative ou dans tous les cas, l'ensemble de ces pièces et éléments à l'employeur et au salarié. Il impose enfin également le droit pour le salarié dont le licenciement est envisagé d'être entendu personnellement et individuellement par l'inspecteur du travail.

3. Il est constant que Mme E a reçu la copie de la demande d'autorisation de licenciement ainsi que de l'ensemble des pièces produites par la FEDOSAD au soutien de sa demande, par courrier électronique, à la suite du retour du courrier recommandé daté du 1er février 2022, présenté mais non retiré par l'intéressée. Elle a été personnellement et individuellement entendue le 9 février 2022 dans les bureaux de l'inspection du travail. Si l'inspecteur du travail a par ailleurs entendu le 15 février 2022 trois autres salariés témoins dans les locaux de l'EHPAD et mené une " reconstitution " tendant seulement à établir le temps nécessaire à l'un des témoins pour se rendre de son véhicule au lieu où Mme E avait été vue endormie, il ressort des pièces du dossier que Mme E a été informée le 16 février 2022 des éléments recueillis lors des entretiens menés à l'EHPAD le 15 février 2022 et a présenté ses observations sur ces éléments le 24 février 2022. Elle a par ailleurs également présenté des observations les 10 et 11 mars 2022, après avoir reçu les autres pièces produites par son employeur. Il ne ressort pas des pièces du dossier que l'inspecteur du travail n'aurait pas mené une enquête objective ni n'aurait suffisamment approfondi son enquête compte tenu des pièces et témoignages dont il disposait. Ni la circonstance que l'inspecteur du travail n'a pas considéré comme un élément déterminant la troisième attestation de Mme B datée du 10 mars 2022, contradictoire avec les deux précédentes, ni l'absence de confrontation entre Mme E et les témoins lors des auditions et de la " reconstitution " organisées le 15 février 2022 ne sont de nature à établir l'absence d'objectivité de l'enquête ou son caractère non contradictoire. Enfin, alors que l'inspecteur du travail a indiqué dans sa décision que l'enquête contradictoire n'avait pas révélé de lien entre la demande de licenciement et le mandat, aucune pièce du dossier ne permet de retenir que l'enquête contradictoire menée par l'inspecteur du travail n'a pas porté sur cette question alors que les observations de Mme E portaient notamment sur ce point. Le moyen tiré du caractère non contradictoire et du défaut d'objectivité de l'enquête doit être écarté.

4. En deuxième lieu, saisie par l'employeur d'une demande d'autorisation de licenciement d'un salarié protégé auquel s'applique l'article L. 2421-3 du code du travail, il appartient à l'administration de s'assurer que la procédure de consultation du comité d'entreprise a été régulière. Elle ne peut légalement accorder l'autorisation demandée que si le comité d'entreprise a été mis à même d'émettre son avis en toute connaissance de cause, dans des conditions qui ne sont pas susceptibles d'avoir faussé sa consultation.

5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la note d'information à l'intention des membres du CSE transmise le 12 janvier 2022, que l'employeur a informé les membres du comité de l'ensemble des motifs qui le conduisaient à engager une procédure de licenciement, et notamment celui tenant aux circonstances dans lesquelles Mme E avait transmis un arrêt de travail considéré non valable, concernant son absence à compter du 17 décembre 2021, avant de transmettre le 24 décembre 2021 l'arrêt de travail considéré régulier. Ces motifs ont du reste été repris de la même manière dans la lettre de demande d'autorisation de licenciement adressée à l'inspection du travail. Il ressort en outre du procès-verbal de consultation du CSE que le grief relatif à l'arrêt de travail a été discuté par les membres du comité. Par suite, le comité, qui a, au demeurant, rendu un avis défavorable au licenciement, a disposé des informations lui permettant de se prononcer en toute connaissance de cause.

6. Par ailleurs, la circonstance que ce procès-verbal de la séance du comité social et économique aurait été signé par le président et le secrétaire sans avoir préalablement été approuvé par les membres du CSE, en méconnaissance de l'article 3.8 du règlement intérieur de ce comité, n'est pas de nature à vicier la procédure dès lors qu'elle est sans influence sur l'avis émis et qu'il n'est pas allégué que le procès-verbal ne constitue pas un compte rendu fidèle de la séance.

7. En troisième lieu, en vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt de l'ensemble des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, cadre de santé, s'est rendue de manière inopinée dans plusieurs sites de la FEDOSAD dans la nuit du 14 au 15 décembre 2021 dont l'EHPAD Val Sully où travaille Mme E. Mme D a indiqué dans une note du 16 décembre 2021 qu'elle avait trouvé Mme E endormie allongée dans un fauteuil, à son arrivée à l'EHPAD Val Sully à 2 h 37. Pour étayer l'heure d'arrivée à Val Sully, l'employeur a produit une photographie du site prise de l'extérieur par Mme D avec son smartphone, cliché indiquant qu'il a été pris à 2 h 37, ainsi que des courriers électroniques adressés par Mme D à 2 h 49, 2 h 52 et 3 h 07 pendant qu'elle se trouvait au sein de l'EHPAD Val Sully. Mme D a également adressé deux courriers électroniques à 3 h 17 et 3 h 30 indiquant que Mme E dormait jusqu'à 3 h 17 puis qu'elle s'était levée à 3 h 21. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a adressé un courrier électronique à Mme D cette même nuit à 4 h 47 indiquant qu'elle et ses deux collègues étaient formels sur l'heure d'arrivée de la cadre de santé qu'ils situaient à 3 heures de sorte que sa sieste n'aurait duré que quinze minutes, comme elle l'avait prévu. Mme E a alors adressé deux attestations manuscrites des deux collègues présents cette nuit-là indiquant dans les mêmes termes que la cadre de santé était arrivée à 3 heures et repartie à 3 h 30. Toutefois, le lendemain, les deux salariés concernés sont revenus sur leurs déclarations et ont indiqué par écrit qu'ils ne pouvaient préciser l'heure d'arrivée de la cadre de santé. M. C a ajouté qu'il avait établi la première attestation sous pression. Il ressort encore des pièces du dossier que les deux salariés entendus par l'inspecteur du travail ont indiqué ne pas connaître l'heure d'arrivée de la cadre de santé et que M. C a de nouveau indiqué qu'il avait subi des pressions pour établir son premier témoignage dans la nuit du 15 décembre 2021. Comme l'a relevé l'inspecteur du travail, les différents éléments concordants produits par l'employeur accréditent l'arrivée de la cadre de santé à Val Sully à 2 h 37, quand bien même elle n'a pas badgé, et le réveil de Mme E à 3 h 17 soit au terme d'une sieste d'au moins 38 minutes, en tenant compte d'une durée de trajet de deux minutes entre l'extérieur et l'intérieur de l'EHPAD. Cette sieste a ainsi été plus longue que la durée de pause de vingt minutes. Mme E ne conteste pas sérieusement ces faits qui sont fautifs.

9. Par ailleurs, si Mme E produit une troisième attestation de Mme B, datée du 10 mars 2022, indiquant qu'elle et M. C n'avaient subi aucune pression de l'intéressée pour rédiger leurs premières attestations et que l'employeur avait au contraire fait pression pour qu'ils modifient leur témoignage, la sincérité et le caractère probant de cette attestation sont remises en cause par les faits tels qu'ils ont été rappelés au point précédent, et notamment les courriers électroniques et la photographie produits par l'employeur et attestant de l'heure d'arrivée de Mme D. Aucune pièce du dossier n'accrédite l'hypothèse d'une arrivée de la cadre de santé à 3 heures à l'EHPAD Val Sully et Mme B ne donne dans sa troisième attestation aucun élément probant à cet égard. Par suite, alors que M. C atteste avoir subi des pressions de Mme E pour rédiger la première attestation qui apparaît grossièrement mensongère et n'avait pour objet que de dédouaner Mme E, la matérialité du deuxième grief tenant à l'exercice de pressions sur la personne de M. C est établie. Ces faits sont également fautifs dès lors qu'ils constituent un agissement déloyal de Mme E.

10. L'inspecteur du travail n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant que ces deux griefs, pris ensemble, étaient suffisamment graves pour justifier le licenciement de Mme E alors que, d'une part, Mme E, aide-soignante de nuit, a délibérément décidé de faire une sieste de plus de vingt minutes alors qu'elle était chargée de veiller sur des personnes âgées dépendantes et que son indisponibilité prolongée pouvait avoir des conséquences pour les résidents et, par suite, pour son employeur, d'autre part, que, prise sur le fait, elle a délibérément fait pression sur son collègue pour qu'il produise un faux témoignage pour servir ses intérêts personnels. Si Mme E se trouvait en arrêt de travail jusqu'au 12 décembre 2021 en raison d'une infection par la Covid-19 et a de nouveau été arrêtée à compter du 17 décembre 2021 pour plusieurs mois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la sieste prolongée de Mme E dans la nuit du 14 au 15 décembre 2021 a en l'espèce été causée par la maladie alors que Mme E, qui avait au préalable été signalée auprès de sa hiérarchie par une autre salariée au motif qu'elle effectuait, comme d'autres salariés, des siestes pendant son temps de travail, avait volontairement repris le travail à l'issue de son arrêt de travail et effectuait sa sieste allongée dans un fauteuil devant la télévision.

11. En quatrième lieu, aucune méconnaissance des dispositions des articles L. 3122-11 du code du travail et L. 4624-1 du même code n'est en tout état de cause établie par les pièces du dossier. La seule circonstance que l'employeur n'aurait pas informé le médecin du travail de l'arrêt de travail dont a bénéficié Mme E jusqu'au 12 décembre 2021, en raison d'une infection par la covid-19, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 3122-12 du code du travail, est sans incidence dans les circonstances de l'espèce sur la légalité de la décision de l'inspecteur du travail.

12. En cinquième lieu, Mme E fait valoir que le licenciement est en lien avec son mandat. Toutefois, si elle se prévaut d'un courrier électronique qu'elle a adressé à l'inspection du travail pour évoquer un harcèlement subi par le personnel de nuit par l'employeur qui aurait pour objectif de réduire le personnel en raison d'un regroupement de structures, ce courrier électronique a été adressé le 23 décembre 2021 alors qu'elle avait déjà fait elle-même l'objet d'un contrôle dans la nuit du 14 au 15 décembre 2021 et que son employeur lui avait déjà adressé une lettre de convocation à un entretien préalable au licenciement. Elle se prévaut également de courriers électroniques qu'elle a adressés à l'inspection du travail le 18 octobre 2021 et le 28 octobre 2021 qui n'ont toutefois eu aucune suite pour l'employeur. Si Mme E soutient être harcelée par son employeur depuis son élection en raison de ses interventions en tant qu'élue, les seules attestations produites rédigées par des salariées de la FEDOSAD sont insuffisamment probantes. Elle allègue des difficultés à obtenir le paiement de ses heures de délégations et des anomalies sur ses bulletins de paie mais les courriers qu'elle produit à ce sujet font état de différentes régularisations opérées par l'employeur en décembre 2018, janvier 2019 et septembre 2020. Aucune pièce du dossier ne fait état de difficultés ultérieures. Il est constant que les contrôles, jugés trop présents, subis par le personnel de nuit ont concerné différents salariés et différents sites. Il n'est d'ailleurs pas contesté qu'une autre salariée de la FEDOSAD, qui n'était pas salariée protégée, a été licenciée en décembre 2021 pour des faits similaires de sieste prolongée pendant le travail de nuit. Dans les circonstances de l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande d'autorisation de licenciement soit en lien avec l'exercice du mandat de Mme E.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision autorisant le licenciement doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat ou de la FEDOSAD, qui n'ont pas la qualité de parties perdantes dans la présente instance, au titre des frais exposés par Mme E et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de Mme E au titre des frais exposés par la FEDOSAD et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la FEDOSAD sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à la SELARL ASTEREN prise en la personne de Me Poinsard et à la SELARL MJ Associés, prise en la personne de Me Thiebaut, en qualité de liquidateurs judiciaires de l'association fédération des établissements d'accueil et organisations de soins à domicile, et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.

Copie en sera adressée au directeur régional de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités.

Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Philippe Nicolet, président,

Mme Pauline Hascoët, première conseillère,

M. Hamza Cherief, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

P. Hascoët

Le président,

P. Nicolet

La greffière,

L. Curot

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,

lc

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