mardi 5 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201259 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CHICHET-HENRY-PAILLES- GARIDOU-RENAUDIN |
Vu la procédure suivante : Par une requête et deux mémoires enregistrés les 16 mai, 26 juillet 2022 et 28 août 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Centre départemental de télésurveillance sécurité, représentée par la société civile professionnelle d'avocats Chichet, Henry, Pailles, Garidou, Renaudin, demande au tribunal : 1°) d'annuler le titre de recette n° 448 du 26 avril 2022, d'un montant de 139 euros, émis à son encontre par le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne, à raison d'une intervention du 19 mars 2021 ; 2°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer cette somme ; 3°) de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle soutient que : - M. A, demeurant à Jouy, n'est ni son client, ni celui de l'un de ses installateurs ; elle n'identifie dans son système de suivi des télé-appels aucun appel au service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne le 13 mars 2021 ; - le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne a commis une erreur de droit dès lors qu'il a agi le 19 mars 2021, lors de l'intervention en litige, au titre de sa mission de service public de secours aux personnes au sens de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales ; la circonstance selon laquelle l'intervention s'est finalement révélée inutile ne permet pas de requalifier a posteriori sa nature comme étant extérieure aux missions de service public dévolues à ce service ; elle ne peut être regardée comme le bénéficiaire de l'intervention du service départemental d'incendie et de secours, qui n'est réalisée qu'au profit de la personne physique secourue ; - le titre de recette litigieux ne mentionne pas la qualité de l'ordonnateur, en méconnaissance de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ; - il appartient à l'administration de justifier que le titre de recette original comporte la signature de son auteur ; - ce titre de recettes ne mentionne pas les bases de liquidation de la créance, en méconnaissance de l'article 81 du décret n° 62-1587 du 29 décembre 1962, dès lors qu'il n'est pas fait état de la base légale instituant les tarifs des interventions facturées. Par un mémoire en défense enregistré le 22 juillet 2022, le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés. Les parties ont été informées par une lettre du 18 septembre 2023 que l'affaire était susceptible, à compter du 10 octobre 2023, de faire l'objet d'une clôture d'instruction à effet immédiat en application des dispositions de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative. La clôture de l'instruction a été fixée au 20 octobre 2023 par ordonnance du même jour. Vu les autres pièces du dossier. Vu : - le code général des collectivités territoriales ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ; - le code de justice administrative. Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Irénée Hugez, - et les conclusions de M. Thierry Bataillard, rapporteur public. Considérant ce qui suit : 1. Le service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de l'Yonne a émis, le 26 avril 2022, à l'encontre de la société par actions simplifiée (SAS) Centre départemental de télésurveillance sécurité, spécialisée dans les activités de téléassistance, un avis de sommes à payer valant titre exécutoire, d'un montant de 139 euros, au titre des frais d'une intervention effectuée le 19 mars 2021 au domicile d'une personne âgée ayant souscrit un contrat de téléassistance avec cette société et qui avait par inadvertance déclenché son alarme de téléassistance. La SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité demande au tribunal d'annuler ce titre de recette et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme en procédant. Sur les conclusions aux fins d'annulation et de décharge : 2. En premier lieu, aux termes du 4° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application des articles L. 111-2 et L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation. ". 3. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif adressé au redevable doit mentionner les nom, prénom et qualité de la personne qui l'a émis, au sens de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, de même par voie de conséquence que l'ampliation adressée au redevable et, d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier en cas de contestation que le bordereau de titre de recettes comporte la signature de l'émetteur. 4. Le titre exécutoire adressé à la société requérante est revêtu de la mention des nom et prénom de l'ordonnateur, M. C B. Toutefois, d'une part, ce titre ne mentionne pas la qualité de M. B et il ne résulte pas de l'instruction que son destinataire aurait pu identifier sans ambiguïté cette qualité par un autre document joint en annexe ou qui lui aurait été antérieurement transmis. D'autre part, si le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne produit à l'appui de son mémoire en défense le bordereau de titre de recettes, mentionnant les nom, prénom et, cette fois, qualité de M. B, ce bordereau n'est revêtu ni de sa signature manuscrite ni de la mention de sa signature électronique et n'est pas davantage accompagné de la preuve de cette signature électronique. Par suite, la SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité est fondée à soutenir que les dispositions précitées ont été méconnues et à demander, pour ce motif, l'annulation du titre en litige. 5. En deuxième lieu, aux termes du deuxième alinéa de l'article 24 du décret du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation. () ". 6. Tout titre exécutoire doit indiquer les bases de la liquidation de la créance pour le recouvrement de laquelle il est émis. Son auteur doit indiquer, soit dans le titre lui-même, soit par référence précise à un document joint à l'état exécutoire ou précédemment adressé au débiteur les bases et les éléments de calcul sur lesquels il se fonde pour mettre les sommes en cause à la charge des redevables. 7. En l'espèce, le titre exécutoire en litige se borne à indiquer dans la rubrique " descriptif ", la mention " Déclenchement de téléassistance / Le 19 03 21 " et à indiquer la somme due de 139 euros sans toutefois préciser les bases et éléments de calcul de ladite somme. Toutefois, il est constant que cet avis des somme à payer était accompagné d'un " état des sommes dues au service départemental d'incendie et de secours ", mentionnant l'objet du titre en litige, une intervention pour déclenchement intempestif de télé assistance le 19 mars 2021, le lieu de l'intervention et le nom de la victime, la circonstance selon laquelle l'intervention ne se rattache pas directement aux missions d'urgence définies à l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales et la délibération du 6 novembre 2019 du conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours ayant défini le tarif d'une telle intervention. Par suite, le moyen tiré de l'absence d'indication suffisante des bases de liquidation de la créance litigieuse, qui manque en fait, doit être écarté. 8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, dans sa rédaction applicable au litige : " Les services d'incendie et de secours sont chargés de la prévention, de la protection et de la lutte contre les incendies. / Ils concourent, avec les autres services et professionnels concernés, à la protection et à la lutte contre les autres accidents, sinistres et catastrophes, à l'évaluation et à la prévention des risques technologiques ou naturels ainsi qu'aux secours d'urgence. / Dans le cadre de leurs compétences, ils exercent les missions suivantes : / 1° La prévention et l'évaluation des risques de sécurité civile ; / 2° La préparation des mesures de sauvegarde et l'organisation des moyens de secours ; / 3° La protection des personnes, des biens et de l'environnement ; / 4° Les secours d'urgence aux personnes victimes d'accidents, de sinistres ou de catastrophes ainsi que leur évacuation. " Aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 1424-42 du même code, dans leur rédaction applicable au litige : " Le service départemental d'incendie et de secours n'est tenu de procéder qu'aux seules interventions qui se rattachent directement à ses missions de service public définies à l'article L. 1424-2. / S'il a procédé à des interventions ne se rattachant pas directement à l'exercice de ses missions, il peut demander aux personnes bénéficiaires une participation aux frais, dans les conditions déterminées par délibération du conseil d'administration. ". 9. Il résulte des dispositions combinées citées au point 8 que les services d'incendie et de secours ne doivent supporter la charge que des interventions qui se rattachent directement aux missions de service public définies à l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales, au nombre desquelles figurent les secours d'urgence aux personnes victimes d'accidents, qui ne sauraient être facturées à ces dernières. Les interventions ne relevant pas directement de l'exercice de leurs missions de service public peuvent en revanche donner lieu à une participation aux frais des personnes qui en sont bénéficiaires, dans les conditions déterminées par le conseil d'administration du service départemental d'incendie et de secours. 10. Dans l'hypothèse où une société de téléassistance ayant conclu avec une personne privée un contrat de téléassistance a sollicité l'intervention du service départemental d'incendie et de secours après avoir accompli les diligences qui lui incombent pour éviter une intervention inutile, d'une part, ce service, au moment de lancer son intervention, est réputé agir au titre de la mission de service public de secours aux personnes, au sens de l'article L. 1424-2 du code général des collectivités territoriales et, d'autre part, la circonstance que cette intervention s'est finalement révélée inutile ne permet pas de la regarder, a posteriori, comme ne relevant pas de cette mission et comme étant, par suite, facturable à la personne secourue. 11. En revanche, dans l'hypothèse où la société de téléassistance a sollicité l'intervention du service départemental d'incendie et de secours sans avoir accompli les diligences qui lui incombent pour éviter une intervention inutile, cette intervention doit être regardée comme ayant été sollicitée par cette société à son profit. 12. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le contrat souscrit par M. A consiste en une prestation de services de téléassistance fixe et que l'alarme a été déclenchée par inadvertance à l'occasion des soins prodigués par une aide-soignante. D'une part, si la société requérante soutient que la prise de contact par le transmetteur n'a pas permis d'établir de dialogue avec l'intéressé et qu'elle a tenté d'entrer en relation avec celui-ci par téléphone, puis avec les aidants désignés dans son contrat, elle ne l'établit pas dans la présente instance malgré la demande en ce sens du tribunal. D'autre part, si cette société soutient désormais qu'elle ne compte pas M. A parmi ses clients ni parmi les clients de ses installateurs et qu'aucun déclenchement n'a été enregistré le 13 mars 2021, elle ne l'établit pas davantage, par exemple par la production de la liste des déclenchements d'alarme intervenus à la date litigieuse, alors que le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne verse pour sa part aux débats l'historique informatisé d'intervention mentionnant, outre l'identité de la personne âgée, le nom et le numéro de téléphone de la société appelante, correspondant tous deux à la société requérante, et le compte rendu de sortie de secours. Au demeurant, le déclenchement qui a donné lieu à l'émission du titre de recette attaqué s'est produit le 19 et non le 13 mars 2021 comme l'indique la société requérante. Dès lors, celle-ci n'établit ni que le titre n'aurait pas été émis au nom du débiteur effectif, ni qu'elle a accompli les diligences qui lui incombaient pour éviter une intervention inutile du service départemental d'incendie et de secours. Par suite, les moyens relatifs au bien-fondé du titre de recette en litige doivent être écartés. 13. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité est seulement fondée à demander l'annulation du titre exécutoire n° 448 du 26 avril 2022 d'un montant de 139 euros, émis à son encontre par le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne, à raison d'une intervention du 19 mars 2021, et que ses conclusions à fin de décharge doivent en revanche être rejetées. Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : 14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font, en tout état de cause, obstacle à ce que soit mise à la charge de la SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces mêmes dispositions et de mettre à la charge du service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne la somme demandée au même titre par la SAS Centre départemental de télésurveillance sécurité.D E C I D E : Article 1er : Le titre exécutoire n° 448 du 26 avril 2022 d'un montant de 139 euros, émis à l'encontre de la société par actions simplifiée Centre départemental de télésurveillance sécurité par le service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne, à raison d'une intervention du 19 mars 2021, est annulé. Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société par actions simplifiée Centre départemental de télésurveillance sécurité est rejeté. Article 3 : Les conclusions du service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées. Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Centre départemental de télésurveillance sécurité et au service départemental d'incendie et de secours de l'Yonne. Délibéré après l'audience du 14 novembre 2023, à laquelle siégeaient : M. Zupan, président, M. Hugez, premier conseiller, M. Cherief, conseiller. Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2023. Le rapporteur,I. HugezLe président,D. ZupanLa greffière,L. Curot La République mande et ordonne au préfet de l'Yonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision. Pour expédition, La greffière,2N° 2201259lc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026