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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201284

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201284

jeudi 23 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201284
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBEN HADJ YOUNES SANA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I /Par une requête enregistrée le 18 mai 2022 sous le n° 2201284, M. C A, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision, intervenue implicitement le 13 mai 2022, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour portant la mention

" passeport talent chercheur " ;

2°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de lui délivrer un récépissé de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification du jugement sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision attaquée méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son dossier de demande de titre de séjour est complet ;

- elle porte atteinte à son droit de résider en France et le prive de son droit d'exercer une activité professionnelle, dès lors que, en vertu de l'article R. 431-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le récépissé auquel il a droit permet de travailler.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 janvier 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête est irrecevable, le dossier présenté par le requérant étant incomplet faute de visa de long séjour, et ayant en outre été déposé par courrier, et non par téléprocédure, cela après le délai de deux mois prescrit par l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 août 2022.

II /Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022 sous le n° 2202543, M. C A, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision, intervenue implicitement le 22 septembre 2022, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour ;

2°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de renouveler son récépissé de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de dix jours à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 400 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'un vice d'incompétence ;

-elle méconnaît l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au non-lieu à statuer.

Il soutient que :

-la requête est devenue sans objet dès lors que la demande de titre de séjour a été rejetée par un arrêté du 29 septembre 2022 ;

-il se trouvait en situation de compétence liée pour refuser la délivrance du titre de séjour demandé.

III /Par une requête enregistrée le 3 novembre 2022 sous le n° 2202889, M. C A, représenté par Me Ben Hadj Younes, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 septembre 2022 par lequel le préfet de la Côte-d'Or lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent-chercheur ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;

2°) de faire injonction au préfet de la Côte-d'Or de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de séjour

- la décision est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit, le préfet s'étant cru à tort en situation de compétence liée ;

- elle procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est illégale dès lors que la décision de refus de séjour est illégale.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 janvier 2023, le préfet de la Côte-d'Or conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. A la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 janvier 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.

Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les observations de Me Djermoune représentant M. A et de M. D représentant le préfet de la Côte-d'Or.

Considérant ce qui suit :

1. M. C A, né en 1988 et de nationalité marocaine, a déposé une demande de titre de séjour portant la mention " passeport talent chercheur " le 27 décembre 2021 complétée le 26 janvier 2022. Par courriels en date des 05 avril, 28 avril 2022 et 12 mai 2022, son conseil a, en vain, sollicité auprès de la préfecture de la Côte-d'Or la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour. Par ordonnance n° 2201383 du 2 juin 2022, le juge des référés a suspendu la décision du préfet de la Côte-d'Or du 13 mai 2022 refusant d'enregistrer la demande de titre de séjour de

M. A et fait injonction à cette autorité, dans le délai de huit jours, d'une part, de procéder à cet enregistrement, d'autre part, de délivrer à l'intéressé un récépissé valant autorisation provisoire de séjour. A la suite de cette ordonnance, le requérant s'est vu remettre un premier récépissé de demande de titre de séjour portant la mention " autorise son titulaire à travailler ", régulièrement renouvelé jusqu'au 22 septembre 2022. Par arrêté du 29 septembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent-chercheur ", l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.

2. Par les trois requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre pour qu'il soit statué par un jugement unique, M. A demande l'annulation des décisions implicites des 13 mai et 22 septembre 2022 lui refusant respectivement la délivrance puis le renouvellement d'un récépissé et de l'arrêté du 29 septembre 2022 rejetant sa demande de titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 29 septembre 2022 :

3. Aux termes de l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sous réserve des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1 ". Les dispositions des articles L. 421-7 à L. 421-15 régissant le titre de séjour " passeport talent " ne dérogent pas à cette condition de visa.

4. Lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est loisible au préfet d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation sur le fondement d'une autre disposition de ce code. Il peut, en outre, exercer le pouvoir discrétionnaire qui lui appartient, dès lors qu'aucune disposition expresse ne le lui interdit, de régulariser la situation d'un étranger en lui délivrant le titre qu'il demande ou un autre titre, compte tenu de l'ensemble des éléments de sa situation personnelle, dont il justifierait. Ainsi, dans l'hypothèse où un étranger sollicite la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " passeport talent ", il est loisible au préfet, après avoir constaté que l'intéressé ne remplit pas les conditions posées par l'article L. 421-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soit de lui délivrer un titre sur le fondement d'une autre disposition du code, s'il remplit les conditions qu'elle prévoit, soit, dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, de lui délivrer, compte tenu de l'ensemble de sa situation personnelle, le titre qu'il demande ou un autre titre. Le préfet a notamment la faculté, dans l'exercice de ce pouvoir d'appréciation, de tenir compte de circonstances particulières pouvant justifier la délivrance d'un tel titre de séjour à un étranger entré en France sans être muni d'un visa de long séjour.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France le 17 octobre 2021 muni d'un visa de court séjour délivré par l'Espagne, pays où il venait de participer à une conférence scientifique et s'était vu proposer par des chercheurs français une charge d'enseignement et de recherche au sein de l'Ecole spéciale des travaux publics de Dijon. Il a signé ce contrat le 16 novembre 2021 et déposé, le 27 décembre suivant, sur le fondement de l'article L. 421-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de titre de séjour " passeport talent " mention " chercheur ". En réponse au courrier l'invitant à compléter son dossier, il a, par lettre du 26 janvier 2022, produit la totalité des justificatifs réclamés, à l'exception du visa de long séjour, et expliqué, concernant ce dernier, les conditions de son entrée en France et l'impossibilité dans laquelle il se trouvait, les frontières du Maroc étant fermées en raison de la pandémie de covid 19, de retourner dans ce pays pour y solliciter un visa de long séjour. A cette occasion, il a expressément demandé à l'autorité préfectorale de faire usage de son pouvoir discrétionnaire.

6. Ainsi que cela a été exposé au point 4., le préfet de la Côte-d'Or qui était saisi d'une demande de délivrance exceptionnelle d'un titre de séjour " passeport-talent " par dérogation à la condition de possession d'un visa de long séjour, ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour refuser de délivrer un titre de séjour à M. A. Or, ainsi que cela ressort des termes de l'arrêté attaqué et comme le soutient expressément l'administration dans ses écritures en défense, le préfet s'est estimé en situation de compétence liée.

7. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés,

M. A est fondé à demander l'annulation de la décision de refus de séjour qui lui a été opposée le 29 septembre 2022, ainsi que, par voie de conséquence, des décisions l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

En ce qui concerne la légalité de la décision implicite du 13 mai 2022 refusant la délivrance d'un récépissé :

S'agissant de la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Côte-d'Or :

8. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En revanche, le refus d'enregistrer une telle demande au soutien de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue une décision susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir que si le requérant apporte la preuve du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.

9. Ainsi qu'il a été dit aux points 5. et 6., la demande de M. A portait sur la délivrance exceptionnelle d'un titre de séjour " passeport-talent " par dérogation à la condition de possession d'un visa de long séjour.

10. Dans les circonstances très particulières de l'espèce, compte tenu des termes et conditions dans lesquels la demande de titre de séjour a été déposée, en sollicitant de l'autorité préfectorale une dérogation à la condition du visa de long séjour, cela au titre de son pouvoir général de régularisation, le dossier de cette demande doit être regardé comme complet. Ainsi, le refus d'enregistrement opposé à M. A a le caractère d'une décision susceptible d'être déférée à la censure du juge de l'excès de pouvoir. Ne sauraient faire obstacle à cette qualification, par ailleurs, la circonstance que M. A a déposé sa demande de titre de séjour plus de deux mois après son arrivée en France, contrairement à l'exigence fixée par l'article R. 431-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'autre part, le fait que cette demande a été transmise par voie postale et non sous forme dématérialisée, ce à quoi l'intéressé avait d'ailleurs été dûment invité par les services préfectoraux eux-mêmes. Ainsi, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de la Côte-d'Or aux conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision implicite du 13 mai 2022 lui refusant à la délivrance d'un récépissé doit être écartée.

S'agissant du moyen tiré de l'erreur de droit :

11. Selon l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise ". Il résulte de ce qui a été dit au point 10. que le préfet de la Côte-d'Or était tenu de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à M. A, dès lors que le dossier de l'intéressé devait être regardé comme complet.

12. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 13 mai 2022.

En ce qui concerne la légalité de la décision implicite du 22 septembre 2022 portant refus de renouvellement d'un récépissé :

13. Il ressort des pièces du dossier que le récépissé remis à M. A l'a été en exécution de l'ordonnance n° 2201383 du 2 juin 2022, qui a suspendu la décision du 13 mai 2022 de refus d'enregistrement, et enjoint au préfet de la Côte-d'Or de procéder à l'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A et de lui délivrer un récépissé valable ou renouvelé jusqu'à ce que le tribunal se prononce sur la requête au fond, s'il n'est, avant cela, statué par le préfet lui-même sur la demande de titre de séjour. Dès lors que, par le présent jugement, le tribunal s'est prononcé sur la requête au fond tendant à l'annulation de la décision du 13 mai 2022 et a annulé la décision du 29 septembre 2022 statuant sur la demande de titre de séjour, les conclusions en annulation de la décision du 22 septembre 2022 refusant le renouvellement du récépissé délivré à titre provisoire sont devenues sans objet et il n'y par suite plus lieu de statuer sur la requête.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

14. L'exécution des décisions d'annulation prononcées aux points 7 et 12 du présent jugement implique que, dans un délai de deux mois suivant sa notification, le préfet de la Côte-d'Or procède à un nouvel examen de la situation de M. A et lui délivre, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.

Sur les frais liés au litige

15. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale au titre des requêtes n° 2201284 et 2202889. Il n'y a dès lors lieu d'admettre M. C A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, que pour la seule requête n° 2202543, les autres demandes à ce titre étant devenues sans objet.

16. Toutefois, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions des parties au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

DÉCIDE :

Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire au titre de la requête n°2202543.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur le surplus des conclusions de la requête n° 2202543.

Article 3 : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle présentée dans les requêtes n° 2201284 et 2202889.

Article 4 : La décision, intervenue implicitement le 13 mai 2022, par laquelle le préfet de la Côte-d'Or a refusé de délivrer un récépissé de demande de titre de séjour à M. A est annulée.

Article 5 : L'arrêté du 29 septembre 2022 du préfet de la Côte-d'Or est annulé.

Article 6 : Il est enjoint au préfet de la Côte-d'Or de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, et de lui délivrer, durant ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.

Article 7 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au préfet de la Côte-d'Or et à Me Ben Hadj Younes.

Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et des outre-mer, au bureau d'aide juridictionnelle et au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Dijon.

.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mars 2023.

La rapporteure,

M-E B

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de la Côte-d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

2, N° 2202543, N°2202889

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