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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201292

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201292

jeudi 5 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201292
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCABINET CLEMANG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 mai, 2 juin, 30 août, 14 octobre 2022, 9 et 15 novembre 2022, Mme B E épouse D, représentée par la SCP Clemang, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ".

Elle soutient que :

- la décision, qui vise les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est dépourvue de base légale dès lors que le préfet n'a pas pris de décision de refus de titre de séjour à son encontre ;

- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle ne pourra avoir accès à un traitement médical dans son pays d'origine ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet n'a pas tenu compte de la circonstance qu'elle justifie d'un suivi psychiatrique spécialisé depuis 2018 ;

- l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et le rapport médical au vu duquel il a été rendu sont anciens par rapport à la date à laquelle l'arrêté attaqué a été pris ;

- contrairement à ce que retient l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration sa situation psychiatrique n'est pas stabilisée ;

- l'Office aurait dû l'interroger sur le traitement qu'elle suit actuellement ;

- l'avis du collège des médecins n'a pas été rendu de manière collégiale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 juin 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

L'Office français de l'immigration et de l'intégration a présenté des observations enregistrées le 2 novembre 2022.

Par ordonnance du 2 novembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 17 novembre 2022.

Mme E a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 août 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Dijon.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de présenter des conclusions à l'audience sur cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu au cours de l'audience publique le rapport de Mme Zeudmi Sahraoui.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E, ressortissante arménienne, est entrée en France le 23 novembre 2017, accompagnée de son fils. Elle a présenté une demande d'asile et, par un arrêté du 26 mars 2018, le préfet de Saône-et-Loire a prononcé son transfert aux autorités italiennes. La France est finalement devenue responsable de sa demande d'asile qui a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA. Le 19 avril 2021, Mme E a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade et s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour renouvelée jusqu'au 19 avril 2022. Par un arrêté du 21 avril 2022 dont Mme E demande l'annulation, le préfet de Saône-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur légalité de l'arrêté attaqué :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. / () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. Le médecin de l'office peut solliciter, le cas échéant, le médecin qui suit habituellement le demandeur ou le médecin praticien hospitalier. Il en informe le demandeur. Il peut également convoquer le demandeur pour l'examiner et faire procéder aux examens estimés nécessaires. () Il transmet son rapport médical au collège de médecins. / () ".

3. D'une part, Mme E soutient que l'arrêté attaqué a été pris au vu d'un avis qui a été émis le 16 juin 2021 à la suite d'un rapport médical établi le 12 mai 2021, soit plus d'un an avant cet arrêté. Toutefois, la requérante n'établit pas, par les certificats médicaux versés au dossier, que son état de santé se serait aggravé ou que sa situation médicale aurait évolué entre la date à laquelle le collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rendu son avis et la date à laquelle le préfet a pris l'arrêté litigieux.

4. D'autre part, Mme E soutient que l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas été rendu de manière collégiale dès lors que les médecins composant ce collège sont respectivement " issus de Strasbourg, Metz et du Pas-de-Calais ". Toutefois, la circonstance que les médecins composant le collège mentionné aux dispositions précitées exerceraient leur activité professionnelle dans des villes différentes n'est pas de nature à établir que l'avis rendu le 16 juin 2021 ne l'aurait pas été de manière collégiale alors qu'il ressort des pièces du dossier que cet avis a été signé par ces trois médecins et porte la mention " après en avoir délibéré ". Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'avis du collège des médecins de l'OFII n'aurait pas été émis de manière collégiale.

5. Enfin, la requérante soutient que le collège de médecins n'avait pas connaissance du traitement qu'elle suit actuellement et qu'elle n'a pas été interrogée sur ce point. Il ressort cependant des pièces du dossier que le médecin ayant établi le rapport médical du 12 mai 2021, à la suite d'une visite médicale de l'intéressée réalisée la veille, disposait des documents fournis par l'intéressée et du certificat médical confidentiel établi, le 27 avril 2021, par le médecin traitant de Mme E, lequel mentionnait les traitements en cours ou prévisibles en lien avec le carcinome thyroïdien et se référait, s'agissant du traitement médical en lien avec les troubles psychiques présentés par la requérante, à un certificat médical dont il n'est pas contesté qu'il était joint à ce compte rendu. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le rapport médical a également été établi au vu des documents médicaux produits, notamment d'une ordonnance datée du 1er mars 2021 établie par le médecin traitant de Mme E prescrivant un traitement médicamenteux en raison du carcinome thyroïdien et d'une ordonnance établie par un médecin psychiatre prescrivant à l'intéressée un traitement de troubles psychiatriques. La requérante n'établit ni même n'allègue qu'elle bénéficiait d'un traitement qui n'aurait pas été porté à la connaissance du collège de médecins de l'OFII. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, Mme E soutient que le préfet de Saône-et-Loire n'a pas tenu compte de la circonstance qu'elle présente des troubles psychiques sévères qui nécessitent un traitement médicamenteux et un suivi spécialisé continu qui ne doivent pas être suspendus. Il ressort cependant du dossier médical de la requérante que le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rendu son avis au regard notamment des troubles anxieux et dépressifs présentés par l'intéressée.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ". La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et d'établir l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi.

8. Par son avis du 16 juin 2021, le collège de médecins de l'OFII a estimé que l'état de santé de Mme E nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et que l'intéressée pouvait bénéficier d'un traitement en Arménie.

9. D'une part, Mme E soutient qu'elle est prise en charge en France pour un cancer de la thyroïde nécessitant un traitement adapté et spécialisé ne pouvant être dispensé en Arménie et qu'elle n'a jamais bénéficié d'un tel traitement dans son pays d'origine. Il ressort cependant des pièces du dossier, notamment du compte rendu établi par un médecin radiologue arménien, le 23 juillet 2015, et du compte rendu établi, le 31 juillet 2020, par le Dr C, endocrinologue, que Mme E a été prise en charge en Arménie en 2015 pour la réalisation d'une thyroïdectomie. En complément de cette chirurgie, a été administrée à Mme E une dose d'iode en Géorgie. Le collège de médecins de l'OFII a estimé que les traitements dont bénéficie la requérante, par Thyroxin et UN Alpha 0.5, étaient disponibles en Arménie. Par ailleurs, l'Office français de l'immigration et de l'intégration indique dans ses observations que le traitement par iode radioactif, administré en complément de la chirurgie en 2015, ne doit, en principe, pas être renouvelé en particulier chez cette patiente dont les bilans sont rassurants et n'indiquent pas de récidive de son cancer. L'Office confirme également, dans ses observations, qu'il résulte de la base de données MedCOI que le suivi dans le cadre d'antécédents de cancer de la thyroïde est possible en Arménie et que les traitements nécessaires sont disponibles. Le certificat médical établi par le médecin traitant de la requérante, qui se borne à indiquer que son état de santé nécessite un traitement adapté et un suivi spécialisé minutieux ne pouvant être fait dans son pays d'origine, n'est pas suffisant pour contredire l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. La requérante verse également au dossier un certificat établi le 17 août 2015 par un médecin arménien à la suite de la chirurgie pratiquée le 15 juin 2015 indiquant que la thérapie radio-iodure de sodium n'est pas réalisée en Arménie. Toutefois, tel qu'il a été dit précédemment, il apparaît que le traitement par iode, qui a été administré une première fois en 2015 en Géorgie, ne doit pas être réitéré.

10. D'autre part, Mme E soutient qu'elle souffre de troubles psychiques pour lesquels elle est suivie, depuis 2018, en France et que son traitement médicamenteux et son suivi ne doivent pas être suspendus. S'il ressort en effet des pièces du dossier que la requérante est suivi par un médecin psychiatre au centre hospitalier spécialisé de Chalon-sur-Saône, les pièces versées au dossier ne sont pas suffisantes pour établir qu'elle ne pourrait bénéficier d'une prise en charge équivalente en Arménie ni qu'elle ne pourrait y bénéficier d'un traitement médicamenteux identique à celui dont elle bénéficie en France, composé d'antidépresseurs et d'un anxiolytique. En outre l'Office français de l'immigration et de l'intégration confirme, dans le cadre de la présente instance, qu'un suivi psychiatrique est accessible en Arménie et qu'un traitement médicamenteux est disponible. Si la requérante verse au dossier un certificat médical, daté du 24 mai 2022, indiquant que les troubles qu'elle rencontre résultent d'un traumatisme majeur et qu'un retour contraint dans le pays d'origine entraînerait une aggravation significative de la symptomatologie, ni le refus de titre de séjour attaqué ni la décision obligeant Mme E à quitter le territoire français n'ont pour effet de contraindre la requérante à se rendre en Arménie. Par ailleurs, ce seul certificat médical n'est pas de nature à établir qu'une prise en charge de Mme E en Arménie ne serait pas de nature à lui éviter cette aggravation supposée de la symptomatologie. Dès lors, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté attaqué aurait été pris en méconnaissance des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

12. Mme E soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français ne pouvait être prise sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle n'a fait l'objet d'aucun refus de titre de séjour. Toutefois, le 19 avril 2021, l'intéressée a présenté une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade et s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour renouvelée jusqu'au 19 avril 2022. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de Saône-et-Loire a sollicité l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a rendu un avis le 16 juin 2021. Par l'arrêté attaqué du 21 avril 2022, le préfet a statué sur la demande de titre de séjour de la requérante en indiquant, après avoir rappelé les mentions de l'avis du collège de médecins, que l'intéressée ne peut prétendre à la délivrance du titre de séjour sollicité en application de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le préfet de Saône-et-Loire a pu prendre, à l'encontre de Mme E, une décision portant obligation de quitter le territoire français sur le fondement des dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

14. Mme E soutient qu'elle réside en France depuis le 23 novembre 2017 ainsi que ses deux fils et que ses parents et l'intégralité de sa fratrie résident également en France. Toutefois, à la date de l'arrêté attaqué, le séjour sur le territoire français de l'intéressée présentait un caractère récent. Son fils aîné fait également l'objet d'une mesure d'éloignement édictée par un arrêté du 21 avril 2022. La requérante ne justifie pas d'une insertion particulière dans la société française et la seule présence en France de ses parents et frères et sœurs n'est pas suffisante pour établir que le centre de ses intérêts privés et familiaux se trouverait désormais en France alors qu'elle a vécu en Arménie jusqu'à l'âge de trente-huit ans et où résident son concubin et sa fille. Si elle produit un certificat de scolarité attestant que son fils A est scolarisé en classe de 4ème, il n'est ni établi ni même allégué que celui-ci ne pourrait poursuivre sa scolarité en Arménie. Par ailleurs, ainsi qu'il a été dit précédemment, il n'est pas établi que Mme E ne pourrait bénéficier d'un traitement adapté en Arménie. Dès lors, compte tenu de ces circonstances, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 21 avril 2022 du préfet de Saône-et-Loire.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent dès lors être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E épouse D et au préfet de Saône-et-Loire.

Délibéré après l'audience du 6 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Nicolet, président,

Mme Zeudmi Sahraoui, première conseillère,

M. Hugez, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.

La rapporteure,

N. Zeudmi Sahraoui

Le président,

Ph. NICOLET La greffière,

L. CUROT

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

La greffière,lc

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