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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201312

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201312

jeudi 8 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201312
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationCH 3 JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en production de pièces, enregistrés les 20 mai 2022 et 16 août 2022, Mme A C soumet au tribunal un litige qui l'oppose au département de la Nièvre concernant un paiement indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 2 419,91 euros.

Mme C soutient que le département de la Nièvre a commis une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le département de la Nièvre conclut au rejet de la requête.

Le département de la Nièvre soutient que le moyen invoqué par la requérante n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Desseix, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement avisées du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, après l'appel de l'affaire, les parties n'étant ni présentes, ni représentées, le rapport de Mme Desseix a été entendu et la clôture de l'instruction a été prononcée en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. En vertu des dispositions combinées des articles L. 262-1, L. 262-13, L. 262-16, L. 262-25 et L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, le revenu de solidarité active, qui a pour objet d'assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d'existence, de lutter contre la pauvreté et de favoriser l'insertion sociale et professionnelle, est attribué par le président du conseil départemental ou, par délégation, par les caisses d'allocations familiales et par les caisses de mutualité sociale agricole, lesquelles en assurent également le service et le contrôle dans des conditions fixées par voie de convention.

2. Lorsque l'un des organismes mentionnés au point 1 décide de récupérer un paiement indu de revenu de solidarité active et que le bénéficiaire concerné, sans contester le principe ou la quotité de l'indu mis à sa charge, présente une demande de remise gracieuse de sa dette, le président du conseil départemental peut décider d'accorder une remise totale ou de réduire le montant de la créance qu'il détient dans le cas où le débiteur est de bonne foi et que la précarité de sa situation le justifie. Lorsque l'allocataire a fait de fausses déclarations, lesquelles doivent s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives, ou s'est livré à des manœuvres frauduleuses, aucune remise de dette ne peut en revanche lui être accordée. Statuant sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une telle demande, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

3. Le 12 janvier 2022, la caisse d'allocations familiales (CAF) de la Nièvre a notifié à Mme C un indu de RSA d'un montant de 2 419,91 euros après avoir procédé à un recalcul de ses droits, ayant constaté qu'elle avait retenu, à tort, que l'intéressée avait deux enfants à charge alors que son foyer était uniquement composé d'elle-même et de son fils. Le 14 janvier 2022, la requérante a demandé une remise gracieuse de sa dette. Par une décision implicite du 22 mars 2022, née du silence gardé par l'administration, le département de la Nièvre a refusé de lui accorder une remise gracieuse. Mme C doit être regardée comme demandant au juge de lui accorder le bénéfice d'une remise totale de sa dette de RSA au regard de son office défini au point 2.

4. Il résulte de l'instruction et en particulier des termes du courrier de notification de l'indu du 12 janvier 2022 que l'indu en litige trouve son origine dans une erreur imputable à la CAF de la Nièvre. Compte tenu de cet élément, la bonne foi de la requérante n'est pas remise en cause.

5. Mme C, qui fait état de difficultés financières, doit être regardée comme se prévalant d'un état de précarité. S'il résulte des justificatifs produits par l'intéressée que ses charges mensuelles pouvaient être évaluées à une moyenne de 530 euros à l'époque du dépôt de sa requête, il ne résulte pas de l'instruction, notamment en l'absence de justificatifs suffisants concernant ses revenus, que la requérante se trouverait actuellement dans un état de précarité tel qu'il justifierait que lui soit accordée une remise totale de dette. Par suite, l'intéressée n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée.

DECIDE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au département de la Nièvre.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 février 2024.

La magistrate désignée,

M. DesseixLa greffière,

M. B

La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

N°220131

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