lundi 19 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201420 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | ZUPAN David |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 mai 2022, Mme C B, représentée par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision dite " 48 SI ", en date du 6 mai 2022, par laquelle le ministre de l'intérieur a opéré le retrait de trois points de son permis de conduire en raison d'une infraction commise le 22 octobre 2021 et a invalidé celui-ci en raison d'un solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions antérieures de retraits de points consécutives à des infractions commises les 28 mars 2017, 15 juin 2019, 25 février 2020 et 29 février 2020 ;
3°) d'ordonner la restitution des points illégalement retirés, dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle n'a pas reçu, à l'occasion des infractions relevées, les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été seulement entendu, au cours de l'audience publique, le rapport de M. A, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B conteste la décision dite " 48 SI ", en date du 6 mai 2022, par laquelle le ministre de l'intérieur a opéré le retrait de trois points de son permis de conduire en conséquence d'une infraction commise le 22 octobre 2021, a prononcé l'invalidation de ce permis pour solde de points nul et en a ordonné la restitution. Elle demande également l'annulation des retraits de points antérieurs, tels qu'ils sont retracés dans cette décision " 48 SI ".
Sur les conclusions tendant à l'annulation des retraits de points consécutifs aux infractions commises les 28 mars 2017, 15 juin 2019, 25 février 2020 et 29 février 2020 :
2. Selon l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ".
3. Mme B a indiqué, dans son mémoire introductif d'instance, n'avoir reçu notification d'aucun des retraits de points de son permis de conduire récapitulés par le courrier référencé " 48 SI ". Pour autant, invitée par lettre du greffe du tribunal du 1er juin 2022 à produire ces décisions ou, à tout le moins, à justifier de l'impossibilité de les verser aux débats, la requérante n'a fait état d'aucune démarche effectuée auprès des services du ministère de l'intérieur à l'effet de s'en voir délivrer des copies. Ainsi, il n'a pas été satisfait aux exigences de l'article R. 412-1 du code de justice administrative. Les conclusions tendant à l'annulation de ces décisions sont donc irrecevables, sans préjudice de la possibilité, pour Mme B, d'exciper en revanche de leur illégalité à l'appui de ses conclusions dirigées contre la mesure d'invalidation de son permis de conduire.
Sur la légalité de la décision " 48 SI " en tant qu'elle retire trois points du permis de conduire de Mme B à la suite de l'infraction relevée le 22 octobre 2021 :
4. En application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lors de la constatation d'une infraction entraînant un retrait de points, l'auteur de celle-ci est notamment informé qu'il encourt un tel retrait, si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant.
5. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
6. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressée et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En outre, en vertu de l'article A. 37-15 du même code, lorsque le procès-verbal de constatation de l'infraction est dressé avec un appareil électronique sécurisé permettant de dresser un procès-verbal dématérialisé, sont adressés par voie postale au domicile du contrevenant un avis de contravention, une notice de paiement et un formulaire de requête en exonération. L'avis de contravention adressé par voie postale au contrevenant comporte, en vertu de l'article A. 37-9, les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Le ministre de l'intérieur a versé aux débats la retranscription du procès-verbal électronique afférent à l'infraction commise le 22 octobre 2021, revêtu de la signature de Mme B. Ce document comportant les enseignements légalement requis, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté concernant le retrait de points consécutif à cette infraction.
Sur les conclusions dirigées contre la décision " 48 SI " en tant qu'elle invalide le permis de conduire de Mme B :
8. L'administration ne justifiant pas de la notification des retraits de points correspondant aux infractions des 28 mars 2017, 15 juin 2019, 25 février 2020 et 29 février 2020, Mme B est recevable à exciper de leur illégalité au soutien des conclusions tendant à l'annulation de la mesure d'invalidation de son permis de conduire, et à invoquer à cet effet le manquement à l'obligation d'information rappelée aux points 4 et 5 ci-dessus.
9. En premier lieu, le ministre l'intérieur a versé aux débats la retranscription des procès-verbaux électroniques afférents aux infractions commises les 25 et 29 février 2020, que Mme B a signés. Ainsi, et compte tenu de ce qui a été énoncé au point 6, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être écarté concernant les retraits de points consécutifs à ces infractions.
10. En deuxième lieu, il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées aux articles A. 37-8 et A. 38-13, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
11. Il résulte en l'espèce de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de Mme B, que cette dernière a payé les amendes forfaitaires relatives aux infractions des 28 mars 2017 et 15 juin 2019, relevées par radar automatique. Il découle de cette seule constatation qu'elle a nécessairement reçu les avis de contravention y afférents, lesquels sont établis à partir d'un document normalisé pourvu de l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. L'administration doit être regardée, alors que l'intéressée n'établit pas, à défaut de produire ces avis, qu'ils seraient inexacts ou incomplets, comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable.
12. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du ministre de l'intérieur dite " 48 SI " du 6 mai 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
13. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'exécution. Les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, supporte le paiement de quelque somme que ce soit en remboursement des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au ministre de l'intérieur.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2022.
Le président,
D. ALa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026