jeudi 29 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Dijon |
| Section | Tribunal Administratif de Dijon |
| N° Dossier | TA21-2201434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | NOURANI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er juin 2022, M. A C représenté par Me Nourani demande au tribunal :
1°) de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 mai 2022 par lequel le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office ;
3°) d'annuler la décision du 30 mai 2022 par laquelle le préfet de la Nièvre l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
4°) d'enjoindre au préfet de la Nièvre de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de procéder à un nouvel examen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, avec astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ou à lui-même si l'aide juridictionnelle ne lui était pas accordée.
Il soutient que :
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- la décision est motivée de façon stéréotypée ;
- le préfet de la Nièvre n'a pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
- des considérations exceptionnelles et humanitaires justifient une dérogation à la
réglementation en vigueur ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet de la Nièvre pas procédé à un examen approfondi de sa situation personnelle ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle ;
- des considérations exceptionnelles et humanitaires justifient une dérogation à la
réglementation en vigueur ;
- la mesure d'éloignement méconnaît son droit à mener une vie privée normale prévu par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
- cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- le préfet aurait dû, en application de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des dispositions de l'article 24 de la loi du 12 avril 2000, le mettre à même de présenter ses observations avant de refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- il ne présente aucun risque de fuite dans la mesure où il demeure depuis plus de quatre ans en France, est accompagné par l'aide sociale à l'enfance et bénéficie d'une promesse d'embauche ;
- le préfet de la Nièvre n'a pas procédé à un examen personnalisé de sa situation avant de prendre cette décision ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- cette décision est insuffisamment motivée ;
-cette décision est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- cette décision méconnaît son droit à mener une vie privée normale prévu par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme dès lors qu'il serait isolé en cas de retour dans son pays d'origine ;
S'agissant de l'assignation à résidence :
- l'assignation à résidence n'est pas justifiée ;
- le placement en assignation à résidence étant fondé sur une décision de refus de
séjour assortie d'une obligation de quitter le territoire français sans délai qui est illégale, elle
est de ce fait dépourvue de base légale.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 juin 2022, le préfet de la Nièvre conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par décision du 23 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B.
La rapporteure publique a été dispensée de prononcer des conclusions à l'audience, sur sa proposition.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 2 juin 2001, déclare être entré en France le 31 décembre 2017. Il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département de la Nièvre le 30 janvier 2018. Il a fait l'objet d'un refus de titre de séjour, d'une mesure d'éloignement du territoire français assortie d'une interdiction de retour d'une durée de deux ans par un arrêté du préfet de la Nièvre du 29 août 2019, puis d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français le 17 février 2021. Par courrier en date du 1er avril 2022, il a sollicité la délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 30 mai 2022, le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office. Par une décision du même jour, le préfet de la Nièvre l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par jugement du 8 juin 2022, les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination, et la décision portant assignation à résidence, ainsi que les conclusions accessoires dont elles sont assorties, ont été rejetées par le magistrat désigné par le président du tribunal. Ne demeurent dès lors en litige que les seules conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, la décision portant refus de séjour vise les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et mentionne l'article L. 435-3 sur le fondement duquel a été déposée la demande de titre de séjour. Elle retrace les conditions d'entrée et de séjour en France du requérant, indique que l'intéressé n'est pas en mesure de justifier de son identité, compte tenu du caractère frauduleux des documents d'état civil produits, et mentionne qu'il ne justifie pas suivre une formation destinée à lui apporter une qualification professionnelle, au sens de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Cette décision satisfait ainsi à l'exigence de motivation fixée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
3. En deuxième lieu, il ne ressort pas de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Nièvre aurait négligé de procéder à un examen particulier de la situation personnelle de M. C.
4. En troisième lieu, M. C fait valoir qu'il réside sur le territoire depuis près de quatre ans, qu'il a fui son pays d'origine alors qu'il était mineur, qu'il a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance, et qu'il bénéficie d'une promesse d'embauche. S'il ressort des pièces du dossier que le requérant a été pris en charge par le service de l'aide sociale à l'enfance, sa demande de titre de séjour présentée sur le fondement de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été rejetée au motif qu'il ne justifiait pas suivre une formation depuis au moins six mois et qu'il n'était pas en mesure de justifier de son identité. Par ailleurs, l'intéressé ne justifie pas d'une insertion dans la société française, notamment par le travail, ni qu'il y disposerait d'attaches privées et familiales. Enfin, il est célibataire et sans enfant, et n'établit pas qu'il serait isolé dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences qu'elle aurait sur la situation personnelle du requérant ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, il n'est pas établi, compte tenu de ce qui a été exposé précédemment, que la situation de M. C relèverait de considérations exceptionnelles et humanitaires justifiant une dérogation à la règlementation en vigueur. Ce moyen doit, en tout état de cause, être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 30 mai 2022 par laquelle le préfet de la Nièvre a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale en cours d'instance. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
8. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement à l'avocat de M. C de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. C tendant à ce qu'il soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. C est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au préfet de la Nièvre et à Me Nourani.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 8 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Olivier Rousset, président,
Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,
Mme Océane Viotti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2022.
La rapporteure,
M-E B
Le président,
O. ROUSSET
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de la Nièvre en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026