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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201605

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201605

jeudi 5 janvier 2023

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201605
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème chambre
Avocat requérantCABINET CLEMANG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 juin 2022, 30 août 2022 et 7 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Clémang, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 3 juin 2022 par lequel le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande d'admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office à l'issue de ce délai ;

2°) d'enjoindre au préfet de Saône-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros hors taxes en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. A soutient que :

* en ce qui concerne le refus de séjour :

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure en l'absence de preuve de l'existence de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) du 26 novembre 2020 et dès lors que l'ancienneté de la consultation équivaut à une absence totale de consultation du collège des médecins de l'OFII ;

- l'avis de l'OFII est irrégulier dès lors qu'il n'est pas établi que le médecin ayant établi le rapport médical n'a pas ensuite siégé au sein du collège ; le caractère collégial de l'avis devra être établi alors que, notamment, la signature de l'un des médecins n'apparaît pas sur l'avis produit ; l'avis du collège de médecins n'est pas suffisamment motivé, notamment au regard du dossier médical produit par l'OFII ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle se fonde uniquement sur la disponibilité éventuelle du traitement en Albanie sans se prononcer sur la possibilité d'une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité ;

- la décision attaquée est entachée d'une " erreur manifeste d'appréciation " et méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

* en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

* en ce qui concerne le pays de destination :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2022, le préfet de Saône-et-Loire conclut au rejet de la requête.

Le préfet soutient que les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 31 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 17 novembre 2022 à 12 heures.

Des observations présentées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) ont été enregistrées le 6 décembre 2022.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 30 août 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Clémang, représentant M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant de nationalité albanaise né le 9 janvier 1987, déclare être entré en France le 20 juillet 2017, accompagné de son épouse et de leurs deux enfants mineurs. Sa demande d'asile ayant été rejetée, il a fait l'objet, le 18 juin 2018, d'un arrêté du préfet de Saône-et-Loire portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été déclarée irrecevable par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 23 avril 2019, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 21 août 2019. Le 24 septembre 2019, l'intéressé s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au titre de son état de santé, dont la validité expirait le 23 septembre 2020. Le 11 août 2020, M. A a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 3 juin 2022, le préfet de Saône-et-Loire a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de refus de séjour :

2. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Sous réserve de l'accord de l'étranger et dans le respect des règles de déontologie médicale, les médecins de l'office peuvent demander aux professionnels de santé qui en disposent les informations médicales nécessaires à l'accomplissement de cette mission. Les médecins de l'office accomplissent cette mission dans le respect des orientations générales fixées par le ministre chargé de la santé. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée () ".

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre () ". Aux termes de l'article R. 425-13 de ce code : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".

4. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été prise après l'avis qui a été émis, le 26 novembre 2020, par un collège de trois médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) réuni pour évaluer l'état de santé de l'intéressé. Ce collège a lui-même statué au vu du rapport médical du 23 octobre 2020, établi par un médecin de l'OFII, qui n'a ensuite pas siégé au sein de ce collège. Il ressort également des pièces produites que, contrairement à ce que soutient le requérant en produisant une copie de mauvaise qualité, l'avis du 26 novembre 2020 est signé par les trois médecins qui ont statué collégialement sur sa situation. Par ailleurs, cet avis est suffisamment motivé au regard des exigences des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées ci-dessus et des éléments médicaux contenus dans le rapport médical à partir duquel le collège de médecins s'est prononcé. Enfin, si M. A fait état de l'ancienneté de l'avis du collège de médecins de l'OFII au regard de la date à laquelle le préfet de Saône-et-Loire a refusé de l'admettre au séjour, il ne ressort pas des pièces produites que son état de santé se serait dégradé depuis la date à laquelle le collège de médecins s'est prononcé ni que l'intéressé en aurait informé le préfet préalablement à l'édiction de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, le vice de procédure allégué doit être écarté dans toutes ses branches.

5. En deuxième lieu, il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le préfet de Saône-et-Loire, qui s'est approprié l'avis du collège de médecins de l'OFII, a estimé que si l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et son état de santé lui permet de voyager sans risque vers l'Albanie. Ainsi, en estimant que l'intéressé peut bénéficier en Albanie d'un traitement approprié à son état de santé, le préfet s'est prononcé sur la possibilité de sa prise en charge médicale dans ce pays. Par suite, l'erreur de droit alléguée doit être écartée.

6. En troisième lieu, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège de médecins de l'OFII qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

7. Pour estimer que M. A ne remplissait pas les conditions prévues par l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de Saône-et-Loire, qui ne conteste pas la gravité de l'état de santé de l'intéressé ni la nécessité d'une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, a toutefois estimé que l'intéressé pouvait bénéficier de la prise en charge médicale qu'implique son état de santé dans son pays d'origine vers lequel il peut voyager sans risque.

8. Il ressort des pièces du dossier que M. A, qui a levé le secret relatif aux informations médicales qui le concernent, souffre d'une pathologie psychiatrique nécessitant un suivi spécialisé et un traitement médicamenteux régulier comprenant un neuroleptique, un anxiolytique, un antidépresseur et un antiépileptique. Les certificats médicaux produits par M. A, établis par un médecin psychiatre, qui décrivent sa pathologie et la nature de sa prise en charge en France, ainsi que la nécessité d'une continuité thérapeutique, ne comportent toutefois aucun élément relatif à l'impossibilité de poursuivre cette prise en charge de l'intéressé en Albanie. Par ailleurs, M. A fait valoir qu'il a précédemment bénéficié d'une carte de séjour temporaire d'un an pour la même pathologie, sur avis favorable du collège de médecins de l'OFII, valable du 24 septembre 2019 au 23 septembre 2020. Toutefois, la délivrance d'un titre de séjour pour raison de santé ne donne pas un droit au séjour illimité à son bénéficiaire si son état de santé évolue favorablement. Or il ressort des pièces du dossier, notamment du certificat du 18 septembre 2020 établi par un médecin psychiatre, que si des symptômes persistent, les troubles de l'intéressé sont " significativement améliorés par la prise en charge en cours ", dont il n'est pas établi, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, qu'elle ne pourrait pas avoir lieu en Albanie. Enfin, si M. A fait valoir que sa pathologie trouve sa source dans son pays d'origine dans lequel il craint pour sa sécurité, cette circonstance, à la supposer avérée, n'est pas incompatible avec une prise en charge thérapeutique dans ce pays. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Saône-et-Loire, en refusant de lui délivrer un titre de séjour pour raison de santé, aurait fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. A fait valoir qu'il est présent en France avec sa femme et leurs enfants depuis presque cinq années à la date de la décision attaquée et que les enfants mineurs du couple sont scolarisés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son épouse, qui est repartie en Albanie au mois de mars 2019 à la suite de l'obligation de quitter le territoire français dont le couple avait fait l'objet le 18 juin 2018, se trouve dans la même situation administrative dès lors qu'elle fait l'objet d'une nouvelle obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 3 juin 2022. Dans ces conditions, rien ne fait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue en Albanie où les enfants mineurs pourront poursuivre leur scolarité. En outre, si le requérant a bénéficié d'un titre de séjour d'un an sur le fondement du 11° de l'article L. 313-11, alors en vigueur, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que son état de santé ne justifie plus son admission au séjour en France et qu'il peut bénéficier d'un traitement adapté dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé, qui ne démontre aucune insertion sociale en France en dépit de la durée de présence dont il se prévaut, serait isolé en Albanie où il a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans. Ainsi, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour en France du requérant, la décision de refus de séjour ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que le requérant n'est pas fondé à invoquer, par la voie de l'exception, l'illégalité de la décision de refus de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, ce moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

12. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

13. M. A fait valoir que sa vie et son intégrité physique sont menacées en cas de retour en Albanie où il est exposé à la " loi du Kanun ". Toutefois, à supposer même que les attestations des 20 novembre 2017 et 18 juin 2018 produites par le requérant puissent être regardées comme probantes, il ne ressort pas de ces documents que l'intéressé encourrait des risques actuels le visant personnellement en cas de retour en Albanie ni que les autorités de son pays d'origine ne seraient pas en mesure d'assurer sa protection. Par suite, M. A, dont la demande d'asile a, au demeurant, été rejetée par l'OFPRA qui a estimé que son récit n'était pas convaincant, n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

14. Il résulte de l'ensemble de ce qui a été dit ci-dessus que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions à fin d'annulation doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

15. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A, n'implique, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

16. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de Saône-et-Loire et à Me Clémang.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 7 décembre 2022 à laquelle siégeaient :

- M. Boissy, président,

- M. Blacher, premier conseiller,

- Mme Hunault, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 janvier 2023.

Le rapporteur,

S. CLe président,

L. Boissy

La greffière,

E. Herique

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier

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