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AccueilJurisprudence administrativeN° TA21-2201831

Tribunal Administratif de Dijon — Décision N° TA21-2201831

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Dijon
SectionTribunal Administratif de Dijon
N° DossierTA21-2201831
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantGRAS-COMTET GÉRALDINE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 juillet 2022 et des mémoires enregistrés le

8 novembre 2022, et le 2 juin 2023, Mme H C et M. A C représentés par Me Lacroix, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable délivré par le maire de Bussières le 4 mars 2022 à M. F G, ensemble le rejet du recours gracieux en date du

18 mai 2022 ;

2°) de mettre à la charge in solidum de la commune de Bussières et M. F G la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le projet devait faire l'objet d'un permis de construire en application de l'article

R. 421-14 du code de l'urbanisme ;

- la terrasse portant l'emprise au sol de la construction à plus de 150 m², le recours à un architecte était obligatoire ;

- le dossier de déclaration préalable était incomplet en ce qu'il ne mentionnait pas l'emprise au sol et la surface de plancher de la construction initiale ;

- le projet est contraire à l'article UP.2.1.3 du plan local d'urbanisme (PLU) relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il ne respecte pas les dispositions relatives à la qualité urbaine, architecturale, environnementale et paysagère fixées à l'article UP 2.1.4 et UP.2.2.1 du PLU.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 septembre 2022, 16 décembre 2022, et le

16 juin 2023, M. F G, Mme B D et la commune de Bussières représentés par Me Gras-Comtet concluent au rejet de la requête et demandent au tribunal de mettre à la charge des époux C la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- les requérants ne justifient pas de leur intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Ach, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C sont propriétaires d'une maison mitoyenne dans la commune de Bussières. Leurs voisins, M. G et Mme D ont entrepris d'édifier une terrasse de 24 m², en décembre 2021 dans un premier temps sans autorisation. Ils ont ensuite déposé un dossier de déclaration préalable en janvier 2022. Le 4 mars 2022, le maire de Bussières leur a délivré un arrêté de non-opposition à déclaration préalable. Le recours gracieux formé par M. et Mme C à l'encontre de cet arrêté a été rejeté le 18 mai 2022. Par la présente requête ils demandent l'annulation de ces deux décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R.421-13 du code de l'urbanisme : " Les travaux exécutés sur des constructions existantes sont dispensés de toute formalité au titre du code de l'urbanisme à l'exception : a) Des travaux mentionnés aux articles R. 421-14 à R. 421-16, qui sont soumis à permis de construire ; b) Des travaux mentionnés à l'article R. 421-17, qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable. () ". Aux termes de l'article R.421-14 du même code : " Sont soumis à permis de construire les travaux suivants, exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires :a) Les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à vingt mètres carrés ;b) Dans les zones urbaines d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, les travaux ayant pour effet la création d'une surface de plancher ou d'une emprise au sol supérieure à quarante mètres carrés ; toutefois, demeurent soumis à permis de construire les travaux ayant pour effet la création de plus de vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol, lorsque leur réalisation aurait pour effet de porter la surface ou l'emprise totale de la construction au-delà de l'un des seuils fixés à l'article R. 431-2 ; (). ". Aux termes de l'article R. 421-17 du code de l'urbanisme : " Doivent être précédés d'une déclaration préalable lorsqu'ils ne sont pas soumis à permis de construire en application des articles R*421-14 à *R. 421-16 les travaux exécutés sur des constructions existantes, à l'exception des travaux d'entretien ou de réparations ordinaires, et les changements de destination des constructions existantes suivants : () f) Les travaux qui ont pour effet la création soit d'une emprise au sol, soit d'une surface de plancher supérieure à cinq mètres carrés et qui répondent aux critères cumulatifs suivants :- une emprise au sol créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés ;- une surface de plancher créée inférieure ou égale à vingt mètres carrés. Ces seuils sont portés à quarante mètres carrés pour les projets situés en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu, à l'exclusion de ceux impliquant la création d'au moins vingt mètres carrés et d'au plus quarante mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol lorsque cette création conduit au dépassement de l'un des seuils fixés à l'article R*431-2 du présent code. (). " Aux termes de l'article R. 431-2 du même code : " Pour l'application de l'article 4 de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, ne sont toutefois pas tenues de recourir à un architecte les personnes physiques, les exploitations agricoles ou les coopératives d'utilisation de matériel agricole agréées au titre de l'article L. 525-1 du code rural et de la pêche maritime qui déclarent vouloir édifier ou modifier pour elles-mêmes : Une construction à usage autre qu'agricole dont la surface de plancher n'excède pas cent cinquante mètres carrés ; Une construction à usage agricole ou les constructions nécessaires au stockage et à l'entretien de matériel agricole par les coopératives d'utilisation de matériel agricole dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas huit cents mètres carrés ; c) Des serres de production dont le pied-droit a une hauteur inférieure à quatre mètres et dont à la fois la surface de plancher et l'emprise au sol au sens de l'article R. 420-1 n'excèdent pas deux mille mètres carrés () ".

3. En l'espèce, la terrasse fait 24 m², et la construction existante a une emprise au sol d'environ 130 m². Mais la terrasse n'est ni close ni couverte et ne crée pas de surface de plancher supplémentaire au sens de l'article R. 111-22 du code, qui définit la surface de plancher comme la somme des surfaces de plancher de chaque niveau clos et couverts. Elle ne peut donc avoir pour effet de porter la surface totale de plancher de la construction au-delà de 150 m².

4.Il résulte de ce qui précède, que contrairement à ce que soutiennent les requérants, la construction en litige, à usage autre qu'agricole, située en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme, d'une emprise au sol inférieure à 40 m² et n'augmentant pas la surface de plancher de la construction existante n'était pas soumise à permis de construire, et ne relevait pas davantage des cas dans lesquels le recours à un architecte était obligatoire. Pour les mêmes motifs, l'absence de mention au dossier de l'emprise au sol et de la surface de plancher de la construction initiale était sans incidence sur l'instruction de la déclaration préalable.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article UP.2.1.3 du règlement du plan local d'urbanisme : " A moins que le bâtiment à construire ne jouxte la limite séparative, la distance comptée horizontalement de tout point de ce bâtiment au point de la limite séparative qui en est le plus rapproché doit être au moins égale à la moitié de la différence d'altitude entre ces deux points, sans pouvoir être inférieure à trois mètres (distance = hauteur divisée par deux) ".

6. A supposer ces dispositions applicables à la terrasse en litige, qui n'est pas un bâtiment, il ressort des plans de masse produits le 17 février 2022 par les pétitionnaires à l'appui de leur demande que la terrasse est implantée en limite séparative. La circonstance que le poteau soutenant la terrasse ait initialement été implanté en très léger retrait est à cet égard sans incidence, dès lors que l'autorisation donnée est conforme au règlement du document d'urbanisme.

7. En dernier lieu, selon l'article UP 2.1.4 du règlement du plan local d'urbanisme : " Par leur aspect extérieur, les constructions ne doivent pas porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels ou urbains. () ". Et selon l'article UP 2.2.1 du même règlement : " Les extensions devront prendre en compte les matériaux et la mise en œuvre des constructions traditionnelles sur lesquelles elles s'appuient ou auxquelles elles sont reliées. L'aspect des murs et des enduits de l'extension devra être compatible avec l'aspect de ceux de la construction traditionnelle et fera usage des palettes de coloris du nuancier-conseil présenté à l'Annexe 08. Le bois, la brique, le verre et le métal pourront être utilisés à condition d'être intégrés à l'architecture et de répondre aux mêmes exigences que celles relatives aux constructions à caractère patrimonial. [] Dispositions générales : De façon générale, une homogénéité d'aspect devra être recherchée dans la composition des façades de l'extension avec celles du bâti existant. [] ".

8. M. et Mme C se prévalent du caractère ancien et traditionnel de leur maison et de l'implantation de la construction en litige en zone UP du plan local d'urbanisme, qui correspond aux zones urbaines patrimoniales du Grand et du Petit Bussières, dans un secteur repéré comme une zone de bâti intéressant d'un point de vue architectural. Toutefois la maison des requérants n'est pas au nombre des éléments à préserver, identifiés dans le règlement graphique du plan local d'urbanisme Par ailleurs, la terrasse en litige s'appuie non sur leur maison, mais sur la maison mitoyenne, qui a d'ores et déjà été rénovée dans un esprit plus contemporain. Si son aspect diffère de celui des murs en pierre traditionnelle des maisons avoisinantes, cette terrasse est très en retrait de la voie publique, de laquelle elle est peu visible ; elle n'apparait pas ainsi susceptible de porter atteinte aux lieux avoisinants une atteinte significative.

9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté de non-opposition à déclaration préalable délivré par le maire de Bussières le 4 mars 2022 et de la décision du 18 mai 2022 rejetant leur recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bussières et de M. F G , qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement à M. et Mme C d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. et Mme C la somme que demandent les parties défenderesses au titre des mêmes dispositions.

DÉCIDE :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. G, Mme D et la commune de Bussières au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, désigné représentant unique en application de l'article R. 411-5 du code de justice administrative, à M. F G, à Mme B D et à la commune de Bussières.

Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Olivier Rousset, président,

Mme Marie-Eve Laurent, première conseillère,

Mme Océane Viotti, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

La rapporteure,

M-E E

Le président,

O. Rousset

La greffière,

C. Chapiron

La République mande et ordonne au préfet de Saône-et-Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition,

La greffière,

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